Depuis plusieurs mois, l'hébergeur de notre blog nous pollue avec des publicités. Il existe des solutions individuelles pour s'en débarasser, que l'on vous propose ici, en attendant de trouver une solution plus globale.

Dimanche 15 mars 2015 7 15 /03 /Mars /2015 14:06

 

   Alors qu'il acte méthodiquement dans son exercice du pouvoir la feuille de route du MEDEF sur le démantèlement du droit du travail, le PS a jadis tout autant joué son rôle d'aile gauche du capital.


   Pour preuve, ce tract paru en 2OO8, vestige d'une velléité de rébellion quant aux projets de son pendant de droite sur le travail dominical, et d'en découdre au côté des inflexibles pour la défense du dimanche pour soi, debout contre le tout- marchand  !

Impostures d'hier et postures d'aujourd'hui ne surprendront personne...

 

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  Pour y voir un peu plus clair sur la loi Macron et comprendre les conséquences anti-sociales de ces mesures, des textes et des émissions radios sont disponibles ici

Par La Mouette Enragée - Publié dans : Economie politique
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Jeudi 15 janvier 2015 4 15 /01 /Jan /2015 20:44

     Voici, en partie, l’état de notre réflexion à propos de la résistance qu’opposent des combattants de différentes nationalités aux islamistes de Daesh au nord de la Syrie, dans la ville assiégée de Kobane. A la suite, nous vous conseillons l’écoute de l’émission de radio, “Vive la sociale” sur Fréquence Paris Plurielle qui revient sur le parcours et les thèses politiques de Murray Bookchin, penseur libertaire qui, nous dit-on, aurait conduit à la métamorphose politique du PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan. Enfin nous proposons à la lecture un texte de l’Organisation Communiste Libertaire critique à l’égard des thèses de Bookchin en particulier de son fameux “Municipalisme Libertaire”. Pour faciliter la lecture et la diffusion du texte, il est téléchargeable en pdf ici

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     A la faveur des événements en Syrie et en Irak, les textes et la figure de Murray Bookchin reviennent sous les feux d’une certaine actualité militante. Avant d’en venir à l’émission de radio consacrée à la pensée de cet écrivain, nous tenons à préciser que les interrogations qui travaillent actuellement le milieu libertaire à propos de la mutation idéologique des appareils politico-militaires kurdes, PKK en tête, ne constituent pas pour nous le coeur de la question. Si en apparence le PKK et ses satellites semblent avoir changé, du moins de discours, cela s’explique d’abord à nos yeux par la contrainte qui s’impose à eux en matière de rapport de force tant international que régional et à la redistribution des cartes sur fond de rivalités inter-impérialistes. Nous n’entrerons pas ici dans le détail des choses mais le portrait dressé depuis peu d’un “Öcalan nouveau” qui aurait troqué les oeuvres de Lénine contre un nouvel horizon démocratique réécrit sous les augures de Murray bookchin relève pour nous de la fable. Le PKK fut et demeure avant tout une organisation verticale aujourd’hui conduite de réviser à la baisse ses ambitions premières. A une autre époque déjà, le recyclage idéologique de peu ou prou la même génération de léninistes en “indigénistes-altermondialistes” dans les montagnes du sud-est mexicain avait mis en émoi toute une partie de la gauche occidentale (1). Constatons que deux décennies plus tard, le soutien au “zapatisme kurde” relève d’un phénomène assez comparable. Déjà certains s’enflamment et affirment que le “nouveau” PKK aurait déclenché rien de moins qu’une “révolution sociale” au Kurdistan et qu’il serait nécessaire à cette heure de remettre la critique à plus tard au moment où la solidarité concrète et matérielle l’exige avant toute autre chose (2). Les quelques témoignages qui nous parviennent pour l’instant de la Rojava évoquent davantage un mouvement régional et progressiste de démocratisation inter-culturelle que le pouvoir des travailleurs abolissant l’économie ... ce qui pour tout dire, nous semblerait plutôt logique compte tenu du contexte économique, social et de l’histoire de la région (3). 


 


Notre solidarité avec Kobanê


 

    Pour autant, nous nous affirmons totalement solidaires de la résistance armée que mènent ensemble les femmes et les hommes de différentes nationalités contre les islamistes de Daesh. Pour le moment, l’urgence militaire conditionne, au delà même de ce qui se déroule dans le Rojava, les perspectives qui s’offriront ou non à l’ensemble des prolétaires du Moyen Orient, quand bien même cette lutte n’ait pas encore trouvé d’expression en terme de classe et sans doute n’en trouvera-t-elle pas dans l’immédiat. On parle beaucoup à son sujet de la place qu’y occupent les femmes. L’ importante propagande médiatique déployée à cet effet ne saurait nous faire oublier que dans le cadre particulier de ces luttes de libération nationale, les femmes ont souvent occupé un rôle important qu’on leur a dénié par la suite. L’exemple algérien n’est qu’un parmi d’autres (4). Que ce soit en Asie ou en Amérique latine, dans les zones rurales en particulier, les groupes de lutte armée ont parfois constitué l’un des recours qui s’offrait aux femmes afin d’échapper à une vie d’oppression au sein des structures sociales traditionnelles. Il en va toujours de même aujourd’hui et en particulier au sein de la société kurde. Une fois encore, avec toute les réserves qu’imposent l’insuffisante information dont nous disposons, il nous apparaît que la place que tente de s’octroyer la femme dans ces sociétés constitue un, si ce n’est, le point nodal de ce qui se déroule là-bas actuellement (5). Bien davantage peut-être que la réalisation d’une énième mouture d’un “socialisme régional” que feignent d’y déceler certains (6)... Car comme le notait à l’époque J.F.Lyotard dans un numéro de la revue “Socialisme ou barbarie” : “Quand un peuple colonisé abandonne les armes de la critique pour la critique des armes, il ne se contente pas de changer de stratégie. Il détruit, lui même et immédiatement, la société dans laquelle il vivait en ce sens que sa rébellion anéantit les rapports sociaux constitutifs de cette société (...) S’agissant d’une famille très patriarcale, le fait et déjà remarquable. Mais il l’est plus encore quand ce sont les filles qui échappent à la tutelle de la famille. ” (7).

 

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 A propos de Murray Bookchin et de l’émission de radio qui lui a été consacrée.


 

    Cette émission de radio “Vive la Sociale” (8), nous offre l’opportunité de souligner une fois encore ce qui nous sépare précisément de la pensée de Murray Bookchin, à savoir que contrairement à lui, nous ne sommes pas des “déçus de la classe ouvrière”, bien au contraire (9). Nous aussi il nous arrive de nous pencher avec curiosité sur les expérimentations locales qu’il affectionnait et d’y trouver parfois un certain intérêt. Sans verser dans un ouvriérisme étroit et en admettant que la théorie du prolétariat ne fut jusqu’à aujourd’hui qu’une hypothèse, elle demeure la seule réponse concrète et internationale-(iste) à la hauteur des enjeux qui se dressent devant nous aujourd’hui. Nous ne braderons pas ce que nous enseignent bientôt deux siècles d’expériences faites d’échecs et de victoires du prolétariat révolutionnaire pour l’ombre des alternatives gradualistes et localistes aussi “conviviales” soient-elles ... (10)

 

    Nous reproduisons à la suite quelques passages de l’émission qui reprennent justement les critiques que nous adressons à Bookchin :

 

   Nicole souligne à propos de Bookchin qu’ il y a dans ses écrits : “une critique qui se dit anticapitaliste (...) mais d’une part j’ai le sentiment que l’idée du fonctionnement du capitalisme concret se perd, que l’on est plutôt dans le discours dénonciateur que dans la compréhension même (...) et que l’idée de ré-appropriation n’est pas du tout perçue comme phénomène révolutionnaire à mettre en oeuvre pour pouvoir effectivement se ré-approprier notamment les moyens de production et redéfinir la façon dont on produit. Il s’agit plus d’une “expérimentation locale qui, quelque part, a perdu de vue l’idée que l’on peut changer les règles qui régissent cette société.

 

   Toujours à propos de ces expérimentations locales, Nicole poursuit : “ de fait c’est un monde qui ne se pose pas et peut difficilement se poser la question du rapport dans le travail et en particulier dans les lieux de production, dans les usines. Diffuser ce genre d’expérimentation ne va jamais affronter ce genre de problème parce que de toute manière c’est d’un autre registre. Et c’est dommage car la question du renversement du capitalisme ne peut pas se poser indépendamment de la question de la destruction des moyens de production, de repenser d’autre moyens de produire, de repenser le travail, etc ...

 

   Daniel à son tour : “autant le projet de société libérée tel que le définit Bookchin peut être convaincant par toutes les réponses qu’il apporte aux problèmes des rapports entre les êtres humains, qu’entre les humains et la nature, autant son projet de “municipalisme libertaire” comme mode de transformation de la société actuelle, de lutte, de militantisme, est assez problématique (...) quand il dit “il faut dans les villes, partout, créer des assemblées, avec ce programme de “petit à petit, on va noyauter ... on va même participer aux élections municipales ... là, si on veut parler de réformisme ...” Pour Bookchin, il ne faut surtout pas vivre dans le mythe du grand jour, du changement révolutionnaire soudain et total ...”


 

L’illusion d’un “Municipalisme Libertaire”

 

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   Ce sont ces limites que pointe l’Organisation Communiste Libertaire dans une critique des thèses de Bookchin notamment en regard de sa “démarche menant à une société nouvelle faite de petits pas (très formels d’ailleurs) se déroule sans affrontements avec les tenants du régime parlementaire, comme si tout pouvait se passer en douceur, sans révolution (mot que BOOKCHIN a banni de son répertoire). Ce n’est pas très sérieux, on nage en plein idyllisme, un peu à la mode Proudhon.”(11)

 

Pour la solidarité financière :


Sur le site : http://rojavasolidarite.noblogs.org/souscription/

- Par virement à : Société d’entraide libertaire

IBAN : FR76 1027 8085 9000 0205 7210 175 BIC : CMCIFR2A

Par chèque : à l’ordre de SEL, mention “Kurdistan” au dos, à expédier à :

CESL, BP 121, 25014 Besançon Cedex

 

 

 

Groupe Communiste Anarchiste de Boulogne-sur-mer.

 

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(1): “Au delà des passe-montagne du sud-Est mexicain”. Sylvie Deneuve, Marc Geoffroy, Charles Reeve. Editions Ab irato, 1996. Epuisé, le lire sur le net : https://sites.google.com/site/comuneiro/home/ezln/reeve;

 

(2): “The new PKK: unleashing a social revolution in Kurdistan”: http://roarmag.org/2014/08/pkk-kurdish-struggle-autonomy/. Dans sa version en langue française : “Le nouveau PKK a déclenché une révolution sociale au Kurdistan” : http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1574

 

(3): Interview du ministre de l’économie du canton d’Efrin : News from the Revolution in Rojava and Wider Kurdistan (https://rojavareport.wordpress.com/2014/12/22/efrin-economy-minister-rojava-challenging-norms-of-class-gender-and-power/). Il expose un plan d’économie mixte où la propriété privée des moyens de production n’est nullement remis en cause. Nous pouvons fournir une version du texte en langue française sur demande.

 

(4) Un texte de Maxine Molyneux sur la place des femmes dans les dynamiques révolutionnaires au travers du cas particulier de la lutte au Nicaragua : “Mobilisation sans émancipation ? Participation des femmes, Etat et révolution au Nicaragua“. Il est consultable sur le net : http://graduateinstitute.ch/files/live/sites/iheid/files/sites/genre/shared/Genre_docs/2341_CahiersGenreEtDéveloppement/CGD1_Molyneux.pdf

 

(5): Emission de radio “Vive la Sociale”, consacrée aux “Femmes au Kurdistan”. Deux membres du groupe féministe “Solidarité femmes Kobané” (https://www.facebook.com/pages/Solidarité-Femmes-Kobanê/871721932861622) qui se sont rendues en novembre dans le Kurdistan turc témoignent : http://vivelasociale.org/images/emission-radio-vive-la-sociale/2014/14-12-04-vls-feminstes-kurdistan-2.mp3

 

(6): “(le kurdistan syrien) a compris la nécessité de construire une nouvelle société socialiste, féministe et écologiste. La Révolution au Rojava et le concept de « Confédération Démocratique au Moyen-Orient » d’Öcalan, inspiré par les les pensées communistes libertaires, sont une solution pour le Moyen-Orient.”

Extrait du texte “Révolution au Rojava”, à lire sur le site “Rebellyon.info” : http://rebellyon.info/Revolution-au-Rojava.html

 

(7): “Le contenu social de la lutte algérienne”. J.F. Lyotard. in Socialisme ou Barbarie.p 246. Ed. Acratie. 2007.

 

(8): Emission de radio “Vive la Sociale” consacrée à Murray Bookchin : http://vivelasociale.org/images/emission-radio-vive-la-sociale/2014/14-11-20-vls-bookchin-2.mp3

 

(9): Déjà dans le livre “Fortune de mer...” nous avions consacré le chapitre VII à la critique des “alternatives” . A la page 85 du livre nous avions rapidement évoqué ce qui nous distinguait de M.Bookchin et de sa “déception” à l’égard du prolétariat.

 

(10) Sachant qu’ ”alternative” et “révolution” ne s’excluent pas de fait, que les éléments s’articulent parfois dans le temps et l’espace de manière complexe.

 

(11): “L’illusion d’un municipalisme libertaire” : http://kropot.free.fr/OCL-Municipalisme.htm

 

 

 

 

Encadré : La solidarité lilloise aux Kurdes de Kobané et d'ailleurs

 

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   Face à l'urgence de la situation courant octobre dans la Rojava, des mobilisations et des discussions ont eu lieu à Lille en particulier à l'Insoumise, bouquinerie occupée qui offre un espace politique autonome et libertaire. Le samedi 11 octobre, Nicolas Dessaux, animateur de Solidarité Irak (1) est venu présenter les résistances populaires contre l'Etat Islamique en Irak mais aussi en Syrie. Il a insisté sur le projet pan-islamique de l'EI dans la région mais aussi sur les dangers que présentent cet état aux définitions encore floues pour les mouvements sociaux et surtout les mouvements féministes du Moyen-Orient qui se battent contre un patriarcat qu'on veut leur imposer. Suite à cette discussion, une action de solidarité a été menée sur la Grand'Place de Lille, le mardi 14 octobre pour appeler à la solidarité révolutionnaire avec Kobané tout en dénonçant l'attitude de la Turquie (soutenue par les occidentaux et notamment la France) qui fermait la frontière pour empêcher la venue des renforts. Un tractage a eu lieu et une quarantaine de personnes se sont réunies. Des propositions pour former un collectif de soutien à la lutte des Kurdes dans la Rojava ont été faîtes mais cela n'a pas abouti du fait de certaines réticences pour un soutien aveugle à ce qui se passe là-bas mais aussi par manque de temps et de volonté. Enfin, l'Insoumise s'est associée à la tournée française de Muayad Ahmed, secrétaire général du Comité Central du Parti Communiste-ouvrier d’Irak, et Yanar Mohammed, membre du PCO d’Irak et présidente de l’OLFI (Organisation pour la Liberté des Femmes en Irak) qui sont venus le 8 novembre pour débattre de la situation et présenter les différentes perspectives politiques qui peuvent s'offrir au Kurdistan. ll est regrettable d'observer que depuis ce dernier événement aucune apparition publique et politique n'est à signaler. Pourquoi donc, alors que ce sujet reste toujours d'actualité?

 

(1) http://www.solidariteirak.org: site d'informations sur ce qui se passe en Irak et en particulier au Kurdistan animé par des membres d'ICO (Initiative Communiste Ouvrière) et du parti communiste-ouvrier du Kurdistan. Nicolas Dessaux est aussi l'auteur d'un livre sur le même sujet : «Résistances irakiennes : contre l'occupation, l'islamisme et le capitalisme». Cette tournée française a été organisée par : Initiative Communiste-Ouvrière, Réseau Communiste Antigestionnaire, Solidarité Irak, Table Rase, Union Pour le Communisme ainsi que des individus. Voir aussi une vidéo de cette tournée : https://www.youtube.com/watch?v=nExMdihF9VQ

Par La Mouette Enragée - Publié dans : Solidarité internationale
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Mercredi 24 décembre 2014 3 24 /12 /Déc /2014 14:42

 

    Le mouvement ouvrier belge est à la croisée des chemins car il doit faire face à un plan d'austérité massif et sans précédent mené par le gouvernement libéral de Charles Michel. De nombreux reculs sociaux sont prévus notamment le recul de l'âge de la retraite et le gel des salaires. Les syndicats très puissants, qui syndiquent environ deux tiers1des salariés, se mobilisent et se sont unis dans un front commun d'action. Lundi 15 décembre, le pays était complétement paralysé par une grève générale. Alors que la trêve des confiseurs semble être décrétée jusque début janvier, la base militante veut rester active et interpelle les syndicats qui veulent temporiser: « Attention, vous ouvrez le four, le gâteau va retomber, on est chaud nous ! ». Article aussi disponible en pdf, ici

 

 

Une mobilisation massive

 

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    La Belgique est un train de vivre un mouvement social de grande ampleur, mené avec autant d'enthousiasme du côté flamand et du côté francophone. Le 6 novembre entre 110 000 et 120 000 personnes ont manifesté à Bruxelles (en proportion, la population française étant environ 6 fois plus nombreuse qu'en Belgique, c'est comme une manifestation de 700 000 personnes à Paris). Et encore, beaucoup de personnes n'ont tout simplement pas pu se rendre à cette manifestation car elles n'ont pas pu monter dans les trains, tant ils étaient bondés. Dans les semaines qui ont suivi, 3 grèves tournantes ont porté chacune sur un tiers du pays à la fois, chacun de ces tiers comprenant une partie flamande et une partie francophone. Ces grèves tournantes ont été très suivies et accompagnées de très nombreux blocages et piquets de grève – toutes les zones industrielles de la région de Bruxelles, par exemple, ont été bloquées toute la journée. Enfin, le 15 décembre a été une journée de grève générale dans tout le pays, bloquant entièrement l'économie (zones industrielles et commerciales), les transports (aucun train, aucun avion) et l'administration. L'ampleur de ce mouvement s'explique par l'ampleur de l'attaque sociale menée par le gouvernement fédéral.

 

 

Combattre l'austérité et les gouvernements libéraux


 

     Les travailleurs belges sont face au rouleau-compresseur libéral-européen qui a déjà écrasé les droits sociaux en Grèce, Espagne, France, etc. Tandis que la commission européenne somme le gouvernement belge « d'équilibrer son budget »,le gouvernement Michel, en place depuis le 11 octobre 2014, en profite pour annoncer un plan d'économies de 11 milliards d'euros en 5 ans avec deux mesures « phares »: le recul de l'age légal de la retraite (qui passerait de 65 à 67 ans) et l'arrêt de l'indexation des salaires sur l'inflation ce qui correspond à un gel des salaires. Ce plan d'économies prévoit aussi des réformes dans le système d'allocations chômage qui seront revues à la baisse ainsi qu'une dérégulation des contrats de travail qui va accentuer la précarité notamment chez les « jobistes » étudiants qui seront sous contrat horaire et non plus journalier2.

 

    Ce plan d'attaque massif est rendu possible par la nature même du gouvernement fédéral Michel3 qui regroupe en son sein les libéraux francophones (le Mouvement Réformateur) et trois partis flamands : le CD&V, parti démocrate chrétien flamand ; l'Open VLD, parti libéral flamand mais surtout le parti nationaliste flamand NV-A (la nouvelle alliance flamande) grand vainqueur des élections législatives de mai 2014 et qui possède les ministères de l'intérieur, des finances, de la défense et de la migration. Mais des militants syndicaux rencontrés précisent bien que les mesures de ce plan d'austérité ont été amorcées par le précédent gouvernement, celui du socialiste Di Rupo qui regroupait les 3 partis traditionnellement au pouvoir depuis des dizaines d'années : les socialistes francophones et flamands, les démocrates chrétiens et les libéraux flamands et francophones4. C'est donc toute la classe politique en place qui est montrée du doigt et fait rare dans l'histoire belge, des syndicats prennent leur distance avec les partis politiques notamment le PS francophone comme c'est le cas à Charleroi où la FGTB locale a officiellement rompu ses rapports avec le PS et les écolos pour s'orienter vers la constitution d'une sorte de Front de gauche à la belge (voir suite).

 

 

Le Front commun syndical, une tradition de concertation mais...


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    La Belgique est l'un des pays européens avec le plus fort taux de syndicalisation puisque près de 70% de la population active est syndiquée dans les deux grands syndicats belges : la FGTB (fédération générale du travail en Belgique) reconnaissable à sa couleur rouge dans les manifs et les piquets de grève était jusque là liée au parti socialiste ; la CSC (confédération des syndicats chrétiens de Belgique) en vert est plus proche des partis démocrates-chrétiens. Volontairement, nous écartons les bleus de la CGSLB qui est la centrale des syndicats libéraux, on s'en doute, les moins combattifs et qui ont d'ailleurs le moins d'adhérents.

 

     Cette puissance syndicale s'explique par l'histoire sociale et politique belge où le patronat, face aux insurrections ouvrières d'après guerre et à la menace communiste, a décidé de s'appuyer sur un syndicalisme puissant, capable de cadrer la force de travail et avec qui, il pouvait se concerter dans un certain compromis social. Ainsi, si on est syndiqué, c'est le syndicat qui verse l'allocation chômage (il existe aussi un Pôle emploi gérée par l'Etat qu'on appelle la CAPAC, mais le suivi est moins bien assuré). Les syndicats sont aussi très présents dans les mutuelles et les conseils d'administration publique et privée ce qui génère une certaine forme de clientélisme. Enfin, lors des grèves, les syndicats via une caisse payent les grévistes (à hauteur d'une trentaine d'euros). Le syndicalisme belge est donc une formidable machine à cogestion mais aussi à mobilisation qu'on peut rapprocher du modèle anglo-saxon et des syndicats allemands ou anglais.

 

   Fidèle à cet héritage, le mouvement actuel est totalement encadré par les 3 syndicats (FGTB, CSC et CGSLB) qui ont constitué un front commun et un plan d'action très précis en trois étapes (voir plus haut). Tout d'abord, la manifestation monstre du 6 novembre à Bruxelles puis les grèves tournantes chaque lundi du 24 novembre au 1er décembre et enfin la grève générale du lundi 15 décembre. Ce plan d'action a été un succès,certains parlent d'une mobilisation sans précédent en Belgique et à Charleroi chaque syndicat s'est congratulé de cette réussite politique. De politique, il en est justement question quand la FGTB Charleroi-Sud Hainaut annonce prendre ses distances avec les partis notamment socialistes. Ayant enteriné la fin du compromis social et le tournant libéral du PS, un nouveau courant syndical semble se développer. Depuis le 1er mai 2012, la FGTB Charleroi-Sud Hainaut appelle à la constitution d'une « nouvelle force politique à gauche digne ce nom5» en prenant l'exemple du Front de gauche français. La main est tendue désormais vers l'extrême gauche belge : le PTB (parti des travailleurs belges),le PC, la LCR (qui se sont rassemblés lors des dernières élections dans le PTB-GO = gauche ouverte) et le PSL (parti socialiste en lutte). Un programme anticapitaliste d'urgence a même été rédigé pour fédérer ces différentes forces.

 

     En face le gouvernement Michel et la FEB (Fédération des entreprises belges = le medef belge) jouent l'enfumage médiatique en opposant le droit de grève au droit du travail et en reprochant aux syndicats cette grève « politique » visant à renverser le gouvernement de droite pour faire revenir les socialistes et les démocrates chrétiens au pouvoir. Pour l'instant, les centrales ont déclaré une trêve jusqu'au 13 janvier et, déjà, suite à la grève du 15 décembre des négociations se sont tenues et ont abouti à un accord, signé par les centrales, portant seulement sur l'âge de départ à la retraite pour les « métiers lourds » (en France, on dirait les métiers à forte pénibilité). Les centrales disent que ceci ne signifie pas la fin du mouvement mais qu'en sera-t-il dans les faits le 13 janvier et après ?


 

A Charleroi comme ailleurs, une base qui pousse

 

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    D'un côté, les chefs syndicaux de la région de Charleroi s'entendent pour temporiser et cadrer le mouvement: « nous entreprenons un marathon pas un sprint (…) il faut inscrire le mouvement dans la durée et donc mesurer nos forces (…) cela prend du temps de construire le paquebot de la mobilisation pour qu'il devienne un navire de guerre, (…) il ne faut pas s'isoler dans la radicalité, etc. ». A partir du 13 janvier, le 2eme plan d'action doit commencer mais reste encore à élaborer prévoyant des mobilisations et des actions jusque février-mars. Politiquement, les syndicats ont posé quatre « balises » sur lesquelles portent leurs revendications.

  • Réinstaurer la concertation sociale en rétablissant l'indexation des salaires sur l'inflation et ainsi conserver le pouvoir d'achat.

  • Défendre et pérenniser la sécurité sociale et le chômage par un plan de refinancement en appliquant le taux d'imposition de base sur les bénéfices des entreprises (33% au lieu de 5-10% actuellement à cause des abattements fiscaux notamment).

  • Lutter contre l'austérité en défendant les emplois et les services publics.

  • L'instauration d'une nouvelle fiscalité sur le capital (la taxshift) qui viserait par exemple le patrimoine, les revenus du capital ou encore les revenus immobiliers .

 

     De l'autre côté, des militants syndicaux dont de nombreux permanents réclament plus de combativité. Tout le monde souligne l'énergie de la base qui veut en découdre et poursuivre les grèves et les actions juste après la trêve de fin d'année. Il ne faut pas refaire tomber la mobilisation et le nouveau plan d'action est jugé trop tardif car pour le moment, rien n'est vraiment prévu pour Janvier. Aussi, il est question de mettre en place de vraies assemblées générales des travailleurs et non plus des assemblées de délégués et de permanents syndicaux comme il est normalement de coutume dans le syndicalisme belge. En creusant un peu plus, on remarque que cette volonté de luttes plus offensives ,qui s'exprime aussi à l'intérieur des syndicats est portée par une nouvelle génération de militants/ délégués syndicaux. Sur les blocages, se trouvaient de nombreux jeunes pour qui c'est le premier mouvement social tandis que les dernières élections sociales ont profondément rajeuni le syndicalisme de terrain. A Charleroi, cette nouvelle radicalité est palpable comme ailleurs en Belgique notamment à Anvers et Gand où les dockers tiennent le haut du pavé face à la police ou à la NV-A (les seuls affrontements avec la police ont eu docker.jpg lieu à Anvers devant le siège de la NV-A car le chef du parti nationaliste flamand Bart De Wever est aussi le maire de la ville). Les mêmes dockers qui, le 6 novembre lors de la manifestation bruxelloise, ont assuré la conflictualité face à la police et dont quelques uns ont été arrêtés et ont subi la répression judiciaire (des TIG ont été prononcés à leur encontre).



 

 

Quelles perspectives ? Syndicalisme de service ou grève illimitée ?


 

     Au premier abord, il semble que les centrales tiennent fermement les rênes du mouvement. Mais, d'une part, le rassemblement syndical (comprenant les employés de la CSC et la FGTB de Charleroi et SUD-Hainaut) pousse pour refuser une concertation dont le contenu serait réduit à pas grand-chose et créer, en amplifiant le mouvement syndical actuel et en l'inscrivant dans la durée après la trêve, une lame de fond qui viendrait à bout du plan d'austérité et forcerait à une autre politique (portée par la formation d'un front de gauche belge ?). Et d'autre part, si on est à l'écoute de ce qui se dit sur le terrain, c'est beaucoup moins évident que les centrales syndicales pourront contrôler longtemps la situation. Sur les piquets de grève, ici et là, on parle « d'aller au finish » (c'est à dire de grève illimitée). Des délégués, en réunion à Charleroi, disent que leur base n'acceptera que fort difficilement la trêve, ou s'insurgent contre le fait qu'on ne demande jamais aux syndiqués de se prononcer sur la fin d'une grève ou sa prolongation : ce sont les responsables syndicaux qui décident encore de la poursuite d'un mouvement

 

    De plus, le rapport de force est d'autant plus tendu que la NV-A, jeune parti aux dents longues est prêt à ne rien lâcher. Si l'épreuve de force tourne en la faveur du patronat et du gouvernement, ceux-ci ont là une occasion d'abattre le syndicalisme pour des années et de le cantonner à un syndicalisme de service. Le patronat a peut-être la possibilité de réduire à néant le mouvement ouvrier belge, d'où l'importance de ce mouvement.

 

     En France, il est important d'apporter notre solidarité. Car au delà de la Belgique et du combat primordial des travailleurs belges contre cette nouvelle attaque du patronat, ce mouvement est au cœur (géographique et stratégique!) du processus d'austérité mis en place dans toute l'Europe par Bruxelles et les gouvernements. C'est aussi mettre en œuvre et en pratique un internationalisme entre prolétaires pour que la base s'organise et gagne cette lutte de classe.

 

Des camarades  lillois solidaires

 

 

Notes :


1Selon les chiffres, le taux de syndicalisation en Belgique se situe entre 60 et 70%. Quasiment 100% des ouvriers sont syndiqués contre 50% des employés et des cadres. Ce différentiel s'explique par la plus forte menace de licenciements chez les ouvriers or les syndicats gèrent en grande partie le système de chômage en Belgique. Pour rappel, en France, la syndicalisation est en dessous de 8%.


2Actuellement, les étudiants peuvent travailler 50 jours par an sous cotisations sociales du patron réduites. L’accord gouvernemental prévoit de le compter désormais en heure. Conséquences : création d’une main d’œuvre flexible et peu « coûteuse » qui sera mise en concurrence avec les autres travailleurs. Cela se rapproche aussi du «  contrat zéro heure » mis en place en Angleterre


3La Belgique possède au total 4 gouvernements et parlements : le gouvernement flamand, le gouvernement wallon, le gouvernement de Bruxelles et enfin le gouvernement fédéral qui garde le pouvoir sur la sécurité sociale, les impôts, la justice, les affaires étrangères et la défense. Le reste est réparti entre les régions flamandes et wallones.


4Ne pas mélanger wallon/flamand et francophone/flamand. Pour ce qui nous intéresse, il faut retenir que chaque parti et syndicat francophone a sa déclinaison côté flamand comme par exemple la FGTB qui s'appelle l’ABVV (Algemeen belgisch vakverbond) en Flandres. Il s'agit sensibement de la même ligne politique.


Par La Mouette Enragée - Publié dans : Solidarité internationale
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Dimanche 23 novembre 2014 7 23 /11 /Nov /2014 19:44

 

  affiche-2. La Mouette enragée a été contactée par l'Union commerciale inquiète de voir ses affiches maculer les devantures livides de boutiques sinistrées, celle de l’ex-enseigne chaPitre en particulier. Une réponse de notre part leur a été adressée.


 

Nous produisons ci-dessous in extenso ce courriel et à sa suite la réflexion que ce message nous a inspiré.


 

Union commerciale de Boulogne-sur-mer.

 

«  Bonjour

Vous êtes certainement une force de communication intéressante et nous vous en félicitons. Néanmoins, nos commerce boulonnais, que vous défendrez certainement ont besoin d’appuis et de soutient. Nous vous remercions de transmettre à vos fidèles adhérents que l’affichage peut être   évité sur des supports de notoriété commerciale du centre ville de Boulogne. Vos affiches sur les panneaux de devanture de l’ancien magasin Chapitre, rue Thiers en est un exemple malheureux. Ces panneaux ne sont en aucun cas de la publicité, mais un support vantant le commerce de proximité de Boulogne. Merci d’en aviser vos colleurs d’affiche, car cela détruit, en plus du support présent, à la fois une image de volonté commerciale locale.

Nous pensons que vous avez des idées et objectifs plus sérieux et respectueux.

Bien à vous.

Boulogne et ses commerçants  »

 

 

   Au-delà du comique de situation, se font jour quelques questions autrement politiques : d’abord celle de l’appropriation de l’espace urbain et de son ordonnancement a des fins exclusivement marchandes, ensuite, celle de la libre circulation de positions critiques à l’encontre des décisions unilatérales des classes dominantes publiques ou privées, adroitement élues ou stratégiquement lucratives (ou l'inverse, on ne sait plus).


 

République et petite bourgeoisie


 

   En France et depuis la IIIeme république, les commerçants, gros ou petits, indépendants ou franchisés sont une cible de choix de la « classe politique » ; aujourd’hui, bien évidemment, pour des raisons et dans des conditions économiques et politiques bien différentes de celles de 1870 (1). Hier la petite bourgeoisie -commerçants, artisans, agriculteurs, professions libérales, travailleurs indépendants- formait l’essentiel du corps politique de cette république. Clientéliste et protectrice jusqu’à l’immobilisme, la Troisième retarda autant qu’elle le put la disparition d’activités qu’un capitalisme en expansion rendait de fait inéluctable. Il suffira pour le plaisir de relire le roman de Zola publié en 1883, Au bonheur des dames, pour s’en faire une idée. Après la deuxième guerre mondiale, le rôle prégnant de l’Etat dans la modernisation de l’économie entraîna un changement dans la composition sociale du personnel politique. En tête d’affiche, le technocrate remplaçait désormais le négociant ou le médecin. Economiquement, ce rattrapage impliquait le passage de la plupart des secteurs d’activités traditionnelles sous la coupe du capital et pour les plus archaïques d’entre eux il signait leur disparition pure et simple. Cette transformation en profondeur ne fut rendue possible qu’avec le concours des corps intermédiaires et notamment de certaines enseignes syndicales telle la Fnsea dans le secteur agricole. Sous l’impulsion et le contrôle de l’Etat, le déclassement et l’élimination des couches subalternes de cette petite bourgeoisie conféra en retour à ses strates supérieures une position hégémonique et par conséquent un statut d’interlocuteur privilégié auprès du pouvoir.

 

   C’est ainsi que dans le secteur du commerce, le nombre d’indépendants, autrement dit de « petits commerçants » est passé de 1 253 000 en 1954 à moins de 500 000 aujourd’hui ne comptant plus que pour 25 % de l'emploi dans le commerce de détail alors qu’il en représentait 60 % au milieu des années 60.

 

   Tout au long du XXeme siècle, la marginalisation croissante de ces couches sociales s’accompagna de la crispation de leur expression politique qui schématiquement glissa du radicalisme vers le gaullisme voire l’extrême-droite. A l’époque où les médias s’intéressaient encore à lui, le dirigeant du Cidunati conspuait autant le “capitalisme” que représentait à ses yeux la concurrence de la grande distribution que le “socialisme” incarné par l’Etat Pompidolien d’alors (2). Blousés par ceux là mêmes qui disaient défendre leurs intérêts, leur inscription dans le cours de la lutte des classes se fit le plus souvent de manière sporadique, déchaînée et sans lendemain (3). Sous certains de ses aspects, l’épisode des « Bonnets Rouges » de l’hiver 2013 en fut une résurgence.


 

Petits” ou “gros” mais toujours contre les prolétaires !


petits-coms.jpg

 

    Les derniers soubresauts de cette bataille à l’interne entre les “petits” et les “gros” ne saurait nous faire oublier la lutte acharnée que mènent depuis toujours les uns et les autres contre les ouvriers et les ouvrières qui les font vivre(4). En de nombreux points du globe, nombres d'enseignes du prêt-à-porter ou de la grande distribution contribuent à l'exploitation de quasi-esclaves qui meurent par milliers, à la destruction systématique de sites naturels comme de cultures vivrières et participent de fait à la course au profit immédiat des groupes capitalistes auxquels elles sont inféodées. Les employé-e-s de ces commerces ne portent aucune responsabilité dans ces affaires, ils en sont eux aussi et dans des conditions parfois très semblables les instruments ; le salariat du vieux continent demeure une variable au maintien du taux de profit et ne cherche qu'à « gagner sa vie ». Emmanuel Macron, ministre de l’économie de l’actuel gouvernement socialiste vient d’ailleurs de répondre favorablement aux pressions du patronat en annonçant la généralisation du travail le dimanche dans les magasins non alimentaires. Enfin, que le business soit délocalisable ou “dématérialisable” et c'est pour la travailleuse ou le travailleur la porte et le chômage. C'est précisément ce qui s'est produit chez l’enseigne chaPitre(5)dont les actionnaires ont choisi de supprimer l'existence physique des points de vente.


 

"L’affichage d’opinion"


 

    Voyons maintenant l'aspect esthétique du malentendu : nos affiches seraient apposées sur des supports non appropriés ? Fumeux ! Quel espace d’expression collectif reste-t-il dans les centres urbains, dès lors que l'affichage sauvage (comprendre libre) est répréhensible, que les vitrines des magasins hantés restent des éléments intégraux de la vivacité du centre ville, que les panneaux dit « d’expression libre » (6)cèdent la place aux caméras de surveillance et à la démesure propagandiste des écrans publicitaires accrochés ça et là sur les boulevards ? Rien ! Inutile de se demander pourquoi. La réponse serait quelque-part dans la question. L'expression de positions politiques qui échappent, entre en dysharmonie avec le ronronnement de l'entre-soi des partis ou des “partenaires sociaux”, avec l'image positive d'une ville où l'élite et le partenariat public/privé s'occupent de tout et contrôlent chacun-e... Dès lors, en dehors ou durant les périodes de campagnes électorales, tout ce qui ne s’insère pas dans les éléments de langage de la doxa politicienne doit être le moins visible possible et nettoyé à la première heure ...

D'où l'absence organisée de toute possibilité d'expression fondamentalement antagoniste à l'imposture de la démocratie clientéliste, de la parole politique confisquée. Et l'affichage de La Mouette d'être tant importun, qu'inopportun ...

Un peu comme la seule vision de ces gens assis dans les rues du centre-ville insupporte à ce point qu'elle nuirait au commerce et à l'économie, à l'esthétisme et à la tranquillité ...

 

    Que l’on ne se méprenne pas, il ne s’agit pas de quémander, à qui d’ailleurs ? des espaces d’expression policés mais simplement de se ré-approprier les moyens de diffuser une parole libre qui travaille patiemment à la constitution d’un pôle de classe en rupture avec le capitalisme et l’ensemble de ses représentations, ici et maintenant.

 

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(1) Lire sur cette thématique le texte de Jean-Pierre Duteuil : “De la petite bourgeoisie aux classes moyennes” paru dans le n° 35 du journal Offensive Sociale et Libertaire de septembre 2012. Nous pouvons vous faire parvenir une copie sur demande.

(2) A la suite de l’Udca de Poujade dans les années 50, le Cidunati : Confédération intersyndicale de défense et d'union nationale des travailleurs indépendants, rassemble vingt ans plus tard des commerçants, des artisans, des “petits patrons” ...

(3) On compte de nombreuses lois édictées depuis cette période et censées protéger l’exercice du petit commerce depuis la loi d'orientation du commerce et de l'artisanat de 1973 en pleine agitation du Cidunati, à celle du 5 juillet 1996 qui vise à limiter la prolifération des grandes surfaces jusqu’à la dernière en date, la loi Pinel qui réforme les baux commerciaux.

(4) Existe-t-il des "petits coms" qui ne s'identifient pas à leur fonction dans les rapports sociaux capitalistes, qui ont une conscience de classe héritée d' expériences antérieures ou alors liée à ce que vit le conjoint ou la famille en général, dans le salariat, bref, qui sont politiquement en rupture avec leur milieu social, celui de la petite bourgeoisie ? On en croise parfois, on en connaît quelques-uns, mais ils sont l'exception, il faut bien le reconnaître ...

(5) “Chapitre ferme à Boulogne-sur-mer : émoi, émoi, émoi ...” in : lamouetteenragee.over-blog.com/article-chapitre-ferme-a-boulogne-sur-mer- emoi-emoi-emoi-117221821.html

(6) Dans un document intitulé “Règlement zone de publicité restreinte de Boulogne-sur-mer” en date de 2012, nous apprenons à l’article 8 ZPR2 intitulé “affichage d’opinion” que “...plusieurs emplacements destinés à l’affichage d’opinion ainsi qu’à la publicité relative aux associations sans but lucratif sont aménagés par la ville de Boulognes-sur-mer avec un minimum de 4 m2 par zone et un minimum de 22 m2 pour l’ensemble de la commune”. Cela donne une idée assez précise de l’importance que se font les politiciens de profession de “l’affichage d’opinion. Le nombre de ces panneaux n’a d’ailleurs cessé de diminuer au fil des années ils ont même totalement disparu de certains quartiers de la ville ...



Par La Mouette Enragée
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Vendredi 21 novembre 2014 5 21 /11 /Nov /2014 17:13

  

    Un numéro spécial consacré aux différents plans et projets d'aménagements urbains envisagés dans l'agglomération boulonnaise. Vous trouverez ci-dessous les différents points de vente du journal.

 

    Si vous n'habitez pas le boulonnais, vous pouvez nous contacter pour que l'on vous envoie le numéro dans les plus brefs délais.

 

    Bonne lecture et n'hésitez pas à nous faire part de vos critiques (bonnes ou mauvaises)



promo-mouette.jpg

 

En cliquant sur les images, vous pouvez télécharger le fichier .pdf

pour lecture ou diffusion

 


ou-trouver-la-mouette.jpg

Par La Mouette Enragée
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La Mouette Enragée

  • La Mouette Enragée
  • : Ce blog est issu d'un groupe de militants originaires de Boulogne sur mer (62) qui se réclament du communisme libertaire. A l'origine, la Mouette Enragée est un journal local qui relaye les luttes politiques mais aussi propose des analyses sur des luttes sociales ou des problématiques locales. Avec ce blog, nous proposons de partager nos réflexions passées et présentes pour ainsi mieux envisager les perspectives de lutte efficace et organisée par la base, c'est à dire les travailleurs eux-mêmes

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Clich- 2010-06-10 22-02-51

           Disponible, en vente

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Qui sommes nous ?

 

Nous nous définissons comme Communistes-Anarchistes parce que:

 

- Nous rejetons tous les systèmes économiques, toutes les institutions politiques, étatiques ou privées qui se fondent sur l'exploitation de l'homme par l'homme, sur l'autorité et la hiérarchie.

- Nous avons toujours lutté, à la fois contre toutes les formes de Capitalisme d’État qui se dissimulaient ou se dissimulent encore sous les noms de Marxisme-Léninisme, Bolchevisme, Stalinisme, Etats-ouviers, etc... , et contre les Capitalismes Libéraux avec leur cortège de gaspillage et de consommation effrénés. Il s'agit pour nous, des deux faces de la même médaille.

- Nous considérons que, partout dans le monde, les inégalités sociales, la loi du profit et du plus fort conduisent à une société de plus en plus déséquilibrée, polluée, inhumaine et sont directement responsables du racisme, du crétinisme passif, de la corruption financière et politique.

- Nous sommes pour l'auto-organisation sur une base de classe , des travailleurs, des habitants, des consommateurs dans les formes qu'il leur convient de se donner, pourvu qu'elles ne reproduisent pas, comme les mafias politiques de Droite comme de Gauche ou les bureaucraties syndicales, les tares que nous dénonçons plus haut.

- Nous sommes pour une Démocratie Directe qui correspondrait aux besoins authentiques des individus sans distinction de sexe ou de nationalité, et non plus au profit des marchands et des publicitaires, des bureaucrates et des notables.

- Nous pensons que le capitalisme ne s’ effondrera pas de lui même et qu’une révolution sociale et mondiale demeure la condition indispensable de son dépassement.

- Nous pensons que c’est au cœur même des luttes et des mouvements sociaux que s’élaborent les formes nouvelles de rapports sociaux et donc que c’est au sein de ces mouvements qu’il faut lutter.

- Nous n'appelons donc personne à nous "suivre'' aveuglément, et ne recherchons aucun pouvoir pour nous mêmes, mais souhaitons œuvrer avec tous ceux et toutes celles qui veulent changer radicalement cette société en prenant dès aujourd'hui leur destinée en main.

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