La Mouette Enragée, c'est aussi et surtout un journal ! Le numéro 30 vient de paraître et il est toujours disponible. Pour plus d'informations, voir ici.
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Suite de notre brève sur la longue grève dans l'usine Draka à Calais (à lire ici), nous avons appris la levée des piquets de grève, le lundi 7 mai alors qu'ils duraient depuis le jeudi 12 avril. Voici un court entretien avec un des ouvriers de la boîte sur les conditions dans lesquelles s'est opérée la reprise du travail.
" Après plus de trois semaines de grève on a décidé de reprendre le travail parce que financièrement c’est difficile pour les familles ; maintenant chacun essaie de re-négocier les remboursements de prêts avec les banques, etc... On n’a rien obtenu mais on n’est vraiment pas déçu de ce que l’on a fait (...) La solidarité des usines des alentours a été forte car une grève longue comme la notre on n’en a pas vu sur Calais depuis longtemps. Les familles ont aussi joué un rôle important, elles passaient et participaient au piquet de grève (...) On connaît la situation sociale de la ville et on sait qu’une grève comme la notre semble difficile à comprendre pour certains, mais ce sont tous les reculs que nous vivons au travail qu’on ne peut plus admettre (...)
On est resté uni pendant toute la grève, c’est bien la preuve que le mécontentement est profond (...) Le jour de la reprise, on a retenu l'huissier un bon moment en faisant une farandole autour de lui (...) On sent qu’il ne faudrait pas grand chose pour que ça reparte. Il y en a certains qui aujourd’hui dans l’usine rasent les murs; le patron est resté planqué dans son bureau (...) On n’a rien obtenu mais ce n’est pas peut être pas fini, on peut mener des actions au sein de l’usine elle-même (...) Maintenant l’enjeu est d’obtenir l’étalement des jours de grève (...) "
A suivre ...
Boulogne-sur-mer . 14/05/2012
Suite aux arrestations du 29 mars dernier (pour plus de détails, voir ici), les 6 militants concernés sont convoqués en justice pour outrage et/ou rébellion contre la PAF ou les CRS le 30 mai à 8h30 au TGI de Boulogne-sur-Mer.
Ce nouvel épisode d’intimidation policière et judiciaire ne fait que dévoiler, une fois de plus, les processus répressifs mis en œuvre. Ne soyons plus étonnés, ces violences organisées sont pensées politiquement pour détruire toute solidarité et lutte.
Il est temps de construire une réflexion et des actes pour se rassembler et enrayer la machine à procès et à isoler.
C’est pourquoi il importe d’être massivement présents le 30 mai 2012 au TGI de Boulogne-sur-Mer à 8h30 pour soutenir nos camarades !
Depuis trois semaines, la grève à l’ usine Draka de Calais touche un secteur dit “de pointe” et en expansion(1), celui de la fabrication des câbles de fibre optique. Cette lutte se caractérise autant par sa durée : plus de trois semaines de grève, que par la volonté et l’unité affirmée de la base qui a poussé les représentations syndicales à passer à la vitesse supérieure. Nous avons rencontré quelques travailleurs du site, deux syndiqués à la CGT et à la CFDT et un ouvrier non syndiqué avec lesquels, une heure durant, nous avons discuté des raisons et des modalités de leur grève.
“Au départ, on a lancé les débrayages dans le cadre des NAO(2), mais ce sont les gars qui nous ont poussé à enclencher la grève que l’on reconduit chaque jour depuis le 12 avril (...) ici tout le monde en a marre ...” La grève chez Draka est partie de la base et se reconduit collectivement sur le piquet où la rotation des équipes correspond à celle des postes de travail. Les grilles de l’usine sont bloquées, la production à l’arrêt et rien ne sort ni ne rentre du site depuis trois semaines. La direction a saisi le tribunal de Boulogne-sur-mer qui a demandé la levée du blocage. Pour le moment, les ouvriers n’ont pas accepté. On nous explique qu’auparavant l’entreprise assurait elle même la livraison de la marchandise mais que ce n’est plus le cas aujourd’hui; les patrons ont externalisé le transport et demeurent ainsi gagnant sur ce segment de la masse salariale aussi bien en temps normal que dans le cadre d’une lutte ...
Les raisons de la grève
L’usine de Calais auparavant propriété d’Alcatel est désormais passée sous le contrôle du groupe italien Prysmian (3). Cent seize personnes y fabriquent de la fibre optique terrestre. La production regroupe les deux tiers des effectifs, le tiers restant se compose de l’encadrement qui ne soutient pas le mouvement. “ C’est à nous, la production, que l’on demande systématiquement de faire des efforts. On n‘a pas touché de participation aux bénéfices depuis des années par contre les cadres reçoivent des bonus en plus de leurs 2 % d’augmentation annuelle “(...)
“Pourtant les patrons font des bénéfices; ils ont gagné 15 millions d’euros l’année dernière, on a donc réclamé 3 % d’augmentation et 1000 euros de prime.Ils nous ont proposé 1,6 % et une prime de 0,6 % pour certains d’entre nous seulement... Mais ce n’est pas tout, ils nous reprennent 4 jours de RTT dans l’année et veulent réorganiser les postes. La direction souhaite passer certains d’entre nous en 3x8 et d’autres en 5x8; les effets sur notre santé sont importants d’autant que la moyenne d’âge dans la boîte tourne autour de 45 ans. Il n’y a pas eu d’embauche depuis plus de 10 ans et les départs en retraite ne sont pas remplacés. Ils réorganisent la production pour nous faire supporter la charge de travail supplémentaire... »
Quelles sont les réelles intentions de la direction ?
Depuis le début de la grève, les patrons n’ont pas remis les pieds à l’usine : “ ...Ils ont peur qu’on les séquestre...” plaisante un ouvrier. Pourtant, l’arrêt de la production devrait peser dans le rapport de force et le manque à gagner inciter la direction à relancer les machines. Le passage des cadres sur les piquets faisant porter la responsabilité de la situation aux ouvriers est classique mais les insinuations sur la “fermeture de l’usine” laisse planer le doute sur les réelles intentions de la direction. “Oui, ils perdent du fric mais ils ne bougent pas pour autant; on ne voit personne et ils ne répondent pas. On ne peut s’empêcher de penser à une fermeture d’autant qu’ils évoquent toujours le site de production en Espagne où les coûts sont moins chers...”
“On se sent isolés, on lutte seuls ...”
“Au départ c’est le site de Douvrin qui est parti en grève trois jours consécutifs, c’est une usine importante qui compte plus de trois cents personnes. Malheureusement au moment où l’on a arrêté le travail, ils ont repris... Si les deux sites étaient à l’arrêt en même temps on aurait plus de force... Ici on se sent isolé, on lutte seuls et on ne voit personne. Les boîtes d’à côté : ASN, Eurotunnel, Brampton, Nexans, P &O sont venues nous soutenir et ont organisé une collecte... On s’est adressé à la Mairie(4)qui n’a pas répondu. De son côté Philippe Blet(5)nous a fait savoir qu’il n’avait pas d’argent... Pourtant, pour financer le projet “Calais Nord” et les J.O(6)ça ils en ont du fric ! On n’a pas vu non plus les Unions Locales se bouger beaucoup, deux ou trois personnes sont passées et c’est tout ...
De toute manière on ne rentrera pas comme ça, on a perdu un mois de salaire et pour l’ambiance à venir dans la boîte ce n’est pas possible...
Boulogne-sur-mer le 05/05/2012.
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(1)Daniel Percheron, président socialiste du Conseil Régional annonçait dernièrement la programmation d’un plan de câblage du territoire qui s’achèverait en 2025.
(2)N.A.O : Négociations Annuelles Obligatoires.
(3) Prysmian ex société Pirelli a été constitué en 2005 par le groupe Goldman Sachs
(4)La Mairie de Calais anciennement tenue par le PCF est passée aux mais de l’UMP aux dernières municipales.
(5)Philippe Blet est le premier adjoint membre du PS de la maire UMP de la ville de Calais, il est par ailleurs président de la communauté d’agglomération.
(6) La communauté d’agglomération du Calaisis a investi 300 000 euros dans l’accueil des prochains Jeux Olympiques qui se dérouleront à Londres cet été.
En ces temps de campagne électorale, à la xénophobie galopante s’ajoute la folie sécuritaire liée aux prochains J.O. de Londres.
La nomination de Peter Ricketts, ambassadeur de Grande Bretagne en France officialise le renforcement de la présence des policiers britanniques sur le port de Calais. Ce dernier est venu le 30 mars inspecter le dispositif sécuritaire sur la Cote d’Opale.
Autant dire que la politique de surveillance et de répression des migrants et de ceux qui les soutiennent va s’accentuer.
Pour preuve, probablement par prévention, un premier « nettoyage » a été opéré à Calais le jeudi 29 mars 2012 entre 19h et 20h30.
D’abord une militante No Border est brutalement arrêtée en pleine rue. Ensuite, des occupants (iranien) d’un squat ont été embarqués et le bâtiment évacué. Enfin quatre militants et un demandeur d’asile débouté sont interpellés dans le parc Richelieu pour s’être opposés à l’arrestation de Soudanais. Tous sont naturellement placés en garde à vue au commissariat de Coquelles.
Durant leur détention, des camarades auront beau exprimer leur solidarité, soit en multipliant les appels téléphoniques depuis plusieurs pays d’Europe au commissariat de Coquelles et à l’ambassade britannique à Paris, soit en se regroupant le samedi 31 mars de 16 à 17h devant les grilles du CRA.
Les migrants iraniens sortiront les premiers suivis, après 24h de garde à vue tout de même, de la première interpellée. Ce n’est qu’au bout de 45h que sortiront les cinq autres camarades. Les conditions de détention ont dû être particulièrement dures au regard de leurs états physique et psychologique lors de leur libération.
Les 6 militants sont convoqués en justice pour outrage et/ou rébellion contre la PAF ou les CRS le 30 mai à 8h30 au TGI de Boulogne-sur-Mer.
Ce nouvel épisode d’intimidation policière et judiciaire ne fait que dévoiler, une fois de plus, les processus répressifs mis en œuvre. Ne soyons plus étonnés, ces violences organisées sont pensées politiquement pour détruire toute solidarité et lutte.
Il est temps de construire une réflexion et des actes pour se rassembler et enrayer la machine à procès et à isoler.
C’est pourquoi il importe d’être massivement présents le 30 mai 2012 au TGI de Boulogne-sur-Mer à 8h30 pour soutenir nos camarades !
La Mouette Enragée - BP 403 - 62206 Boulogne sur mer Cedex
ou
lamouette.enragee@wanadoo.fr
Nous nous définissons comme Communistes-Anarchistes parce que:
- Nous rejetons tous les systèmes économiques, toutes les institutions politiques, étatiques ou privées qui se fondent sur l'exploitation de l'homme par l'homme, sur l'autorité et la hiérarchie.
- Nous avons toujours lutté, à la fois contre toutes les formes de Capitalisme d’État qui se dissimulaient ou se dissimulent encore sous les noms de Marxisme-Léninisme, Bolchevisme, Stalinisme, Etats-ouviers, etc... , et contre les Capitalismes Libéraux avec leur cortège de gaspillage et de consommation effrénés. Il s'agit pour nous, des deux faces de la même médaille.
- Nous considérons que, partout dans le monde, les inégalités sociales, la loi du profit et du plus fort conduisent à une société de plus en plus déséquilibrée, polluée, inhumaine et sont directement responsables du racisme, du crétinisme passif, de la corruption financière et politique.
- Nous sommes pour l'auto-organisation sur une base de classe , des travailleurs, des habitants, des consommateurs dans les formes qu'il leur convient de se donner, pourvu qu'elles ne reproduisent pas, comme les mafias politiques de Droite comme de Gauche ou les bureaucraties syndicales, les tares que nous dénonçons plus haut.
- Nous sommes pour une Démocratie Directe qui correspondrait aux besoins authentiques des individus sans distinction de sexe ou de nationalité, et non plus au profit des marchands et des publicitaires, des bureaucrates et des notables.
- Nous pensons que le capitalisme ne s’ effondrera pas de lui même et qu’une révolution sociale et mondiale demeure la condition indispensable de son dépassement.
- Nous pensons que c’est au cœur même des luttes et des mouvements sociaux que s’élaborent les formes nouvelles de rapports sociaux et donc que c’est au sein de ces mouvements qu’il faut lutter.
- Nous n'appelons donc personne à nous "suivre'' aveuglément, et ne recherchons aucun pouvoir pour nous mêmes, mais souhaitons œuvrer avec tous ceux et toutes celles qui veulent changer radicalement cette société en prenant dès aujourd'hui leur destinée en main.