Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 10:38

Depuis les années 2000, les luttes se multiplient dans le secteur de la sous-traitance. Les sociétés privées chargées de la propreté pour les passeurs d’ordres – qu’ils soient privés ou publics – ont des pratiques des plus contestables en termes de respect des conditions de travail. En 2002, la lutte des femmes de ménages travaillant pour le groupe Accor avait fait grand bruit. Un documentaire en avait même été tiré (1) et plus récemment, la lutte à la gare d’Austerlitz. Aujourd’hui ce sont les personnels d’entretien intervenant à la Bibliothèque Nationale de France (BNF) qui nous intéressent. Les années passent, mais les pratiques restent les mêmes.

« Onet malhonnêtes » ! (2)

Comme pour les précédents combats, le problème vient de la sous-traitance en tant que telle. En 2013, le marché du ménage dans la grande bibliothèque est ré-ouvert à la concurrence mais les budgets restent stables alors que les tarifs des entreprises de nettoyage augmentent. Même si les responsables affirment que la note technique attribuée aux concurrents lors de l‘analyse des offres pèse autant que la note financière, nous ne sommes pas dupes. En ces temps de « rigueur budgétaire », c’est le moins disant qui remporte le marché. Et c’est comme ça que l’équipe affectée à la BNF par l’entreprise Onet est passée de 63 personnes à 44; en gardant bien sûr les mêmes surfaces à entretenir. L’expérience d’une employée est édifiante à ce sujet (3): elle travaille sur 12 étages, 6 jours par semaine et ce pendant 5h00 d’affilées. S’ajoutent à cela les remplacements à l’interne. Tout ça pour un salaire de 850€ par mois! On ne s’étonnera pas dans ces conditions de l’augmentation de la fatigue à la fois physique et nerveuse et de la multiplication des accidents du travail ;

Les travailleurs ont alerté leur société depuis bien longtemps, ainsi que la direction de la BNF. Les premiers ne réagissent pas, évidemment. Les seconds ne s’en mêlent pas car ils ne sont pas les employeurs directs. Cette allégation est exacte sur le papier mais ils sont bien responsables de cette situation de par le fait qu’ils ont fait le choix il y a des années de l’externalisation. Les grévistes ne s’y trompent d’ailleurs pas. Au-delà des revendications de base: passage de certaines personnes en CDI, 13ème mois, augmentation des heures supplémentaires pour pouvoir faire leur travail; ils demandent surtout la ré-internalisation du ménage à la BNF. Ils sont en cela soutenu par le syndicat SUD Culture BNF qui, à l’inverse d’autres, ne fait pas de différences entre les salariés travaillant à la BNF – qu’ils soient employés directement par celle-ci ou non, ils ont les mêmes droits.

La grève commencée le 9 avril s’est arrêtée le 21 sur décision des personnels. 42 des 44 employés d’Onet étaient en grève. Afin de cacher au mieux ce mouvement, la direction de l’entreprise a envoyé des cadres nettoyer les halls et les toilettes (!), quant à la BNF elle a demandé à son personnel de recharger en rouleau de PQ les WC (!) (4). L’indifférence par rapport à ce mouvement était d’ailleurs assez générale parmi les publics fréquentant l’établissement. Alors qu’ils croisaient chaque jour les grévistes les étudiants travaillant dans les locaux de la BNF n’avaient cure de la lutte qui se menait à quelques mètres de leur table de travail et de leurs manuels.

Néanmoins cette lutte ne fut pas totalement vaine. Les employés ont réussi à arracher quelques avancées : paiement de 3 jours de grèves (!), embauche de 3 salariés en CDI, attribution de 100h supplémentaires et engagement de la BNF de mettre en place une charte sociale avec son « partenaire » pour maintenir les droits des salariés.

Cette lutte est bien une dénonciation de plus de la sous-traitance qui permet à nombre de donneurs d’ordres de se dédouaner des conditions de travail imposées aux salariés sous prétexte qu’ils ne sont pas les employeurs directs. La ré-internalisation de ces services ne résoudra certes pas tous les problèmes mais permettra peut-être à ces travailleurs exploités de mieux faire entendre leurs revendications.

(1) Remue ménage dans la sous-traitance un film d’Ivora Cusack

(2) Un des slogans des personnels en grève sur le site Tolbiac

(3) Témoignage d’une employée à lire sur le site de Streetpress ici: http://www.streetpress.com/sujet/1429270313-greve-bnf-agents-entretiens-onet

(4) écoutez à ce propos l’émission de sons en lutte ici : http://www.sonsenluttes.net/spip.php?article816

Maltraitance dans la sous-traitance

Partager cet article

Published by La Mouette Enragée - dans Ouvre boîte
commenter cet article
26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 10:16
Une rubrique à consulter régulièrement

A retrouver ici

Partager cet article

Published by La Mouette Enragée
commenter cet article
21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 09:21

En 2000, déjà, un Collectif Anti Impérialiste dénonçait le rendez-vous affligeant de milliers de spectateurs passifs des reconstitutions de batailles napoléoniennes. Assez maladroitement habillées de l'alibi d'une rencontre entre l'Histoire et l'économie (définition locale du tourisme), ces soudardes frasques sont toujours liées à l'idolâtrie pathologique pour les associations et à la rentabilisation du territoire pour les institutions et les marchands. C'est oublier un peu vite que les “grands hommes” sont parfois d'assez petits messieurs et que le prestige des uniformes ne peut masquer des réalités sociales qui résonnent, elles aussi, furieusement aujourd'hui.

Ainsi, outre la tendance bonapartiste révélée par les congrès des partis en besoin de pouvoir , dans une époque aussi trouble que le XIXéme siècle enfanté dans la douleur, l'absence d'une petite comémo de Waterloo se fait cruellement sentir.

Petite piqûre de rappel : a voir ici

PS : pour les royalistes qui ont raté le camp du drap d'or, il y a les 500 ans de Marignan à la rentrée (14 et 15 septembre)

Partager cet article

Published by La Mouette Enragée
commenter cet article
5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 17:05

TGI de Lille, le 2 juin 2015. Procès dit « de la mutuelle des fraudeurs » mise en accusation par Transpole, filiale de Keolis, elle-même filiale de la SNCF, assurant la délégation de service public pour les transports en commun de la métropole lilloise.

Retour sur le procès dit « de la mutuelle des fraudeurs »

Nous assistons d’abord à la condamnation d’un homme originaire de l’est de l’Europe. Il se défend seul pour des actes qu’il a déjà reconnu face à la police : une effraction, suivie de vol de boissons et de barres chocolatés. La puissance judiciaire le réduit aux larmes et au regret. Elle sera sans compassion pour lui. Les parties civiles demandent une indemnisation à hauteur du préjudice, 1045 euros, mais le Procureur de la République, qui a le dernier mot dans le déroulé du procès, requiert dix-huit mois d’incarcération. Il écope de douze mois de prison fermes. Menotté, il demande le droit d’embrasser sa mère. Le juge leur octroie une accolade. L’ambiance est toujours aussi rance dans les tribunaux de France. Nous savons pourquoi nous détestons cette justice.

La salle d’audience est pleine de personnes venues en soutien aux deux personnes inculpées de la mutuelle, qui, une fois n’est pas coutume, ont eu le droit de rester debout au fond. Le juge, qu’on a auparavant aperçu arriver avec Le Figaro sous le bras, détaille les charges qui pèsent sur elles, au nom d’une loi sur la presse datant de... 1881 : l’incitation à la commission d’un délit par voie de presse - numérique ici, en l’occurrence, par le biais d’un blog. On leur reproche une « incitation à la fraude à l’encontre de Transpole ». La fraude n’est évidemment pas un délit, mais elle l’est presque devenue avec la création récente d’un « délit d’habitude » pour les fraudeurs récidivistes. C’est du moins, l’argument de l’avocate de l’entreprise qui accuse donc ces deux membres de la mutuelle d’avoir propager des idées encourageant « le vol régulier » de Transpole.

La première étape du procès, consiste à évaluer la solvabilité des prévenus. L’un gagne 650 euros par mois, l’autre touche presque le SMIC. On sent d’emblée que l’intérêt du tribunal ne va pas le moins du monde aux fonctions qu’occupent les accusés dans leur travail, mais plutôt à la somme éventuelle qu’il pourra leur soutirer par la suite. On interroge ensuite les camarades sur la dite mutuelle des fraudeurs. Le juge tente de savoir si ces deux là sont « les chefs de l’organisation ». Il est toujours difficile pour une institution hiérarchique verticale d’appréhender l’autogestion. Le juge essaie de pointer leur responsabilité individuelle, quand tous les deux se réclament d’une lutte collective, dont l’objet est à la fois d’éviter que des personnes s’endettent auprès de Transpole, mais aussi de militer pour la gratuité des transports et dénoncer l’acharnement tarifaire à l’encontre des pauvres « qui n’ont pas besoin de se déplacer », comme l’a souligné l’avocate de Transpole lors d’une précédente audience. Une entraide, spontanée, politique, attaquée et traitée comme une association de malfaiteurs... Transpole cherche surtout des moyens de résorber son déficit, qui se chiffre en dizaines de millions d’euros, en appliquant des tarifs qui augmentent chaque année et en multipliant les procès à ceux et celles qui ne peuvent pas endurer le prix de des tickets ou des abonnements.

Retour sur le procès dit « de la mutuelle des fraudeurs »

Le juge aimerait que ce procès soit dissuasif pour les accusés qui dénoncent « un procès politique au service de Transpole » et de sa chasse aux pauvres. On sent la pression politique, médiatique et des entreprises de transport sur la justice, quand le juge s’inquiète soudainement pour la SNCF : « Vous n’avez pas les moyens suffisants pour faire ça avec la SNCF tout de même ? » Car la fraude régulière, c’est le nouveau cauchemar pour la filière, plus avare que jamais, et à qui il faut toujours plus de fric. Les tribunaux sont là pour leur permettre d’en obtenir une partie. Rapidement, le procès tourne à la tribune pour nos camarades, qui déploient leurs arguments, mettent en avant la solidarité de leur engagement et la dimension collective des choix, des actions, des textes, des publications, de la mutuelle des fraudeurs. Voyant que leur discours ne va pas plier sous son poids, le juge fait le tour de ses assesseurs.

Les tentatives de questions tournent vite court. Surtout quand on tente d’expliquer aux accusés que leur action semble inutile et déconnectée de la réalité, puisque la reconnaissance « d’un état de grande nécessité » existe dans la justice française, et chez Transpole. Pas de bol, nos camarades ont assistés aux procès qui ont eu lieu à la rentrée pour les premiers « fraudeurs d’habitude » : amendes sévères, prison avec sursis, prison ferme. Voilà ce que leur a valut leur « état de grande nécessité » manifeste pendant leurs procès. Fin de ce débat. Le Procureur intervient alors pour poser une question sur les inscriptions à la mutuelle : « Quels justificatifs demandez-vous ? » Il reste muet quand les accusés répondent « la confiance ». C’est un sentiment qu’un Procureur ne doit pas éprouver souvent envers une autre personne que pour lui-même. « C’est un monde de rêve », croit ironiser le juge pour reprendre la main. « C’est un monde de justice sociale », concluent nos camarades. Fin de la ronde. La parole est donnée à l’avocate de Transpole.

Saisissant l’idée au vol, elle ose, au milieu des soupirs et des souffles estomaqués de la salle, tenter de démontrer que son employeur fait, lui-aussi, dans la justice sociale « avec sa politique tarifaire ». Elle lance, carrément : « Vous n’avez pas le monopole de la justice sociale ». Il fallait le faire. La dernière campagne d’affiche de Transpole est pourtant d’un autre ton. Elle dit : « Fraudeur, tu vas prendre cher ». Et, à ce jour, personne n’a encore pu trouver le « service social » de Transpole... On vous passe son couplet sur les millions d’euros de perte que représenterait la fraude... Keolis n’a réalisé qu’un bénéfice à peine au-dessus de cinq milliards en 2013. Les actionnaires ont déjà dû tout se partager... Ridicule, l’avocate de Transpole plaide également « pour le mécontentement de ceux qui participent ». Ce qui veut dire, « ceux qui paient leurs tickets »... Elle demande finalement 2000 euros de dommages et intérêts et 1500 euros pour ses frais d’avocat. Le Procureur, tout en reconnaissant aux accusés le droit de militer pour les transports gratuits « Pourquoi pas, après tout, pourquoi pas ?! », doit concéder que l’audience ressemble plus à une tribune donnée par Transpole à deux membres de la mutuelle des fraudeurs, qu’à un procès. Mais bien sûr, « c’est inadmissible » d’inciter à commettre « des infractions ». Il ne suit pas l’avocate. Il demande 1000 euros par tête, et qu’une des scellée de la perquisition effectuée à leur domicile au moment des gardes à vue ne leur soit pas rendu : un pot contenant 800 euros, que souhaitent récupérer nos camarades.

Délibéré le 1er juillet !

Partager cet article

Published by La Mouette Enragée
commenter cet article
30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 21:28

Le 17 avril 2014, deux membres de la mutuelle des fraudeurs se font perquisitionnés puis placés en garde à vue prolongée pour délit de presse, on leur reproche de s'occuper du blog de la mutuelle et d'inciter par ce biais à la fraude.

Pour rappel la mutuelle des fraudeurs, c'est un collectif qui existe depuis septembre 2009 à Lille. Elle lutte pour les transports gratuits et permet à ceux qui n'ont pas les moyens de se faire rembourser leurs amendes.

Lors de la perquisition, leurs ordinateurs ainsi que plus de 800 euros en liquide sont saisis. C'est Transpole qui attaque, son nouveau créneau : la chasse aux fraudeurs, la chasse aux pauvres… Transpole en profite le jour même de l'arrestation pour sortir un communiqué de presse sur son nouveau projet de caméra intelligente qui leur permettra de repérer les « flux » de fraudeurs.

Leur procès a lieu ce mardi 2 juin à 14h, un rassemblement est organisé à 13h30 jusqu'à la sortie des camarades.

Soyons nombreux pour faire pression sur la justice et obtenir la relaxe.

 Rassemblement en soutien aux inculpés de la mutuelle des fraudeurs + Presse libre en procès

Ce procès est à mettre en lien avec d'autres affaires en cours, comme celle de ce militant toulousain qui a été arrêté et mis en procès pour avoir publié un article sur un site militant. Voir :

https://iaata.info/Arrete-ton-char-lis-et-ecoute-les-medias-libres-731.html

1 1 74 09 99 192.168.0.1 en procès pour lire et soutenir la presse libre

Je suis 1 74 09 99 192.168.0.1. Je risque 5 ans de prison et 40 000 euros d’amende parce que je suis lecteur et solidaire de la presse libre…

Je suis 1 74 09 99 192.168.0.1. Parce que ce sont des traces numériques que le grand filet de la surveillance a relevées, des traces d’appareils électroniques.

Je suis 1 74 09 99 192.168.0.1. Parce que je suis un parmi d’autre, des femmes et des hommes, qui ont plus à craindre qu’à espérer de l’action de l’Etat.

Je suis celui qui « faisait l’apologie de la violence »[1], qui rédige le « vade-mecum du parfait casseur »[2]. Pour les 755 000 lecteurs et lectrices de la Dépêche je serai toujours « un homme de 40 ans, qui avait incité sur un site internet à commettre davantage de casse… »[3]. Et ce au mépris d’un certain nombre de règles légales, la présomption d’innocence par exemple. Mais combien cela me coûterait-il de porter plainte ? Pour quel résultat au final ? Est-ce que cette justice qui m’attaque est capable de me défendre ? J’en doute.

Je suis 1 74 09 99 192.168.0.1. La police est venue me chercher à 6h30 du matin. J’ai passé 10 heures dans une geôle qui sentait l’urine, ils ont menacé de venir chercher mon fils au lycée, de m’inculper pour apologie de terrorisme… Parce que je lis et que je soutiens la presse libre.

Presse libre parce que libérée des intérêts marchands. Presse libre parce que diverse et déterminée, ancrée localement au plus près des luttes. Une presse qui ne me dit pas quoi penser mais qui me donne à voir, à comprendre, en prenant clairement position.

L’espace médiatique est la grande scène où se situent les scènes principales de la vie collective ; elle les compose et elle les reflète.[4]

Sans ces sites internet, ces radios libres, ces journaux il y a tout un tas de choses que je n’aurais sans doute jamais sues. Quelques exemples : Bilal Nzohabonayo tué par la police et qui a été présenté tout d’abord comme djiadiste, c’est grâce au travail du site le Rotative.info que la version policière sera démentie; les circonstances réelles de la mort de Rémi Fraisse sont révélées dans leur intégralité par Reporterre avant que cela soit admis officiellement ; la grève de Radio France en février qui annonçait la plus longue grève de la radio publique de son histoire a été relayée sur Canal Sud et d’une manière générale, ce sont des medias libres qui relaient les paroles des personnes qui luttent. La richesse et la diversité de cette presse est incommensurable. Si je n’ai plus la presse libre je deviens à moitié aveugle. Mon monde n’est plus exprimé que par des artistes et des journalistes, des économistes et des experts, avec qui j’ai, socialement, peu de chose à voir. Cette presse là, ne me donne pas de prise sur le monde qui m’entoure. Au contraire, cette information me le rend distancié, flou, parce que sans correspondance avec ma vie et mes préoccupations. Comme si ce que je vivais n’avait pas de consistance collective. Le monde semble vivre à mille lieux de mon expérience concrète, du chômage, de la précarité, de l’injustice que je constate autour de moi.

À la façon des lunettes, les journaux fabriquent des non-vu à partir duquel le monde est vu[5].

Ces derniers mois ont eu lieu de nombreuses manifestations à Toulouse. Systématiquement la presse locale et nationale a titré sur les « violences », le verre brisé, les courses poursuites. Ça manquait cruellement de certains détails. J’ai vu 500 policiers pour 300 manifestant.e.s, j’ai vu la violence et le mépris vis à vis de tout ce qui ne portait pas d’uniforme. J’ai vu des hommes cagoulés, armés, bloquer des rues. J’ai vu des citadin.ne.s gazé.e.s sans distinction. J’ai vu les condamnations judiciaires pleuvoir sur des personnes arrêtées au hasard. J’ai vu les entorses à la procédure. J’ai vu la violence du maintien de l’ordre.

Je n’ai rien lu de tout cela dans la presse dominante[6]. Il n’y a que la presse libre qui s’en est fait le relais.. Ce seulement là que j’ai perçu que je n’étais pas seul à être scandalisé et en colère. Au bout de ces mois d’occupation policière et de procès expéditif, comme si cela ne suffisait pas, je me retrouve moi aussi pris dans la machine judiciaire.

Je sais que mon cas n’est pas isolé. Je sais que beaucoup, qui comme moi, luttent pour un monde débarrassé de l’exploitation et des dominations, connaissent la prison, les vexations, les mutilations… Je sais que beaucoup, parcequ’ilelles sont au mauvais endroit au mauvais moment, parce qu’ilelles ont la mauvaise couleur de peau, le mauvais passeport, parce qu’ilelles sont pauvres, connaissent aussi la prison, les vexations, les mutilations…

Je sais que ce système repose sur une part non négligeable de violence légale. Je le sais parce que je le vis, mais aussi parce que je peux connaître des cas semblables, savoir ce que beaucoup vivent. Parce que je lis la presse libre.

Est-il donc absolument impossible d’opposer aux puissances de l’élimination l’organisation des éliminés ?[7]

Ces sites, ces radios, ces journaux sont une organisation concrète des éliminé.e.s, des exploité.e.s, des dominé.e.s, des opprimé.e.s. Et c’est pour ça qu’on les attaque, qu’on veut les faire taire.

Je suis 1 74 09 99 192.168.0.1. Je risque 5 ans de prison et 40 000 euros d’amende pour faire taire la solidarité et la presse libre !

Quelques exemples de presse libre :

Rebellyon, Paris-Luttes.info, Brest-Info, Renverse.ch, la Rotative, Reims médias libres,IAATA ; Rennes Info, le Jura libertaire, « Article 11 », Soyons sauvages, Espoir Chiapas, Collectif Bon pied bon oeil, Atelier médias libres, « Courant Alternatif », Primitivi, « Jef Klak », le Numéro Zéro, La Brique, « La Lettre à Lulu », Révolte numérique, Radio Zinzine, zad.nadir.org, Contre-faits, l’Actu des luttes (FPP), Journal Résister (Nancy), Revue Lutopik, L’Envolée pour en finir avec toutes les prisons, Lundi Matin, Radio Canut, Lignes de force, Demain le Grand Soir, Archyves, Revue « Z », Le Canard sauvage, Indymedia Nantes, Hors Sol Confusionnisme.info, Mille Babords, « La Gazette de Gouzy », « le Monde libertaire », Regarde à Vue, radio Canal Sud, La Horde, radio La Locale (Ariège), le collectif de Infoaut,…

Notes

[1] La dépêche du vendredi 8 mai 2015 page 21

[2] 20 minutess.fr en ligne le 07 mai 2015

[3] La dépêche op.cit.

[4] Georges Balandier, Le pouvoir sur scènes, Paris, Fayard, 2006, p. 163.

[5] Patrick Champagne, Faire l’opinion : le nouveau jeu politique, Paris, les Éd. de Minuit, coll. « Le Sens commun », 1990, p. 244

[6]Avec quelques exceptions notables le plus souvent des tribunes ou des blogs périphériques (le monde, médiapart)… Finalement des points de vue qui ne rentre pas dans la catégorie « information ».

[7] B. Brecht Théorie de la radio 1932 La radio appareil de communication. Discours sur la fonction de la radio

 Rassemblement en soutien aux inculpés de la mutuelle des fraudeurs + Presse libre en procès

Partager cet article

Published by La Mouette Enragée
commenter cet article
18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 23:50

Voilà plus d'un an que la lutte à la Redoute s'est achevée par l'amère trahison de la CFDT qui a signé un plan de licenciements de 1 178 personnes d'ici 2018 alors même que le rapport de force s'était ancré dans l'entreprise grâce à l'action des Redoutables. Un an après, les départs en pré-retraite et les « départs volontaires » ont commencé en attendant les licenciements secs. En parallèle, les conditions de travail se dégradent, on demande de faire tout aussi vite avec moins de personnes tandis que la direction construit un nouveau centre logistique ultra-moderne qui n'a rien a envié aux conditions de travail chez Amazon par exemple.

Brochure disponible sur la lutte à la Redoute

Dans cette brochure, nous vous proposons une compilation des textes écrits pendant et après la lutte des Redoutables. C'est l'occasion de se replonger dans ce combat qui a permis l'expression d'une certaine autonomie et une certaine radicalité chez les ouvrier-es. Cette brochure est là également pour tenter de faire un bilan de ce que sont devenues la plupart des grèves d'entreprises aujourd'hui et d'affirmer que dans cette période de débâcle sociale généralisée, seule la lutte paie !

Pour vous procurer la brochure au format papier, elle est disponible gratuitement : au Kawa, (105 Rue Faidherbe à Boulogne-sur-Mer) ou au Havane (37 grande rue toujours à Boulogne). Sinon, vous pouvez la commander contre frais de port à l’adresse postale de la Mouette Enragée.

Brochure à télécharger ici

Partager cet article

Published by La Mouette Enragée
commenter cet article
21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 18:27
Contre la gauche postmoderne et ses avatars. Pour le communisme, dans le prolétariat, par le combat de classe !

Il n’est pas de notre habitude de discuter “des idées” de manière abstraite, autrement dit, lorsqu’elles ne sont pas l’expression d’une certaine réalité de la lutte de classe et à fortiori si nous n’y sommes pas impliqués d’une façon ou d’une autre. Le jeu de la “critique de la critique”, nous le laissons à d’autres. Pour autant, nous ferons cette fois une entorse à la règle, très brièvement d’ailleurs et en manière d’inventaire. La raison en est simple et relève du constat. Depuis quelques années, sur différents terrains où nous sommes intervenus, lors de débats auxquels nous avons participé, nous avons été frappés de constater le degré de pénétration de la rhétorique postmoderne et de ses avatars dans des milieux qui entendent mettre à bas le capitalisme. Jusqu’ici, ces désagréments s’effaçaient sitôt la reprise de mobilisations sociales d’ampleur. D’abord parce que, comme par hasard, elles ne mobilisent pas les mêmes catégories sociales, les mêmes acteurs, et surtout car elles offrent le privilège de replacer, pour un temps au moins, la question de classe et les rapports d’exploitation au coeur de la lutte, au coeur de la vie tout simplement. Force est de constater qu’en leur absence prolongée, les “questions de société”, le “sociétal” comme on dit dans nos milieux, vampirisent insidieusement les modestes espaces de la contestation qui subsistent encore.

La suite est à lire ici

Partager cet article

Published by La Mouette Enragée
commenter cet article
16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 20:26

 

    Nous dénoncions dans le n°30 de La Mouette Enragée les conditions de travail plus que dangereuses qui existaient alors dans l’entreprise. Notre article avait pour base une rencontre avec des camarades du SLT (Syndicat de Lutte des Travailleurs) qui avait toujours dénoncé les accidents du travail conduisant régulièrement à des morts.

 

    A l’époque le « score » était édifiant : depuis l’ouverture jusqu’en 2010, on a dénombré 210 morts. Ce ne sont pas là évidemment les chiffres des patrons. En effet, ne sont pas considérés comme morts sur leur lieu de travail ceux qui décèdent dans l’ambulance ou ceux qui ne sont pas des salariés de Mittal. Les sous-traitants ne sont pas des salariés comme les autres.

 

Arcelor-dunkerque.-.jpg

   Le décompte macabre n’est malheureusement pas terminé : le 26 décembre dernier un salarié de 36 ans trouvait la mort. Fait qui devient rarissime selon la direction puisqu’il faudrait, selon eux, remonter à 5 ans pour le dernier accident mortel. Ce dimanche 12 avril un intérimaire perdait la vie sur le site de Grande-Synthe (1). Le mépris de la vie des travailleurs est toujours présent à Dunkerque comme ailleurs.


Que fait le groupe Mittal pendant ce temps-là ?

   Dans un communiqué de presse du1er août 2014 (2), la société de M. Lakshmi N. Mittal, se targue que le taux de fréquence des accidents du travail est en baisse au deuxième trimestre 2014 par rapport au deuxième trimestre 2013 ! Certes ces deux accidents mortels n’avaient pas encore eu lieu… Sinon les résultats sont meilleurs : la dette baisse, les bénéfices augmentent.


Et les salariés ?

   Qu’ils ne s’inquiètent pas les syndicats s’occupent d’eux. La CGT revient bien sûr en page d’accueil de son blog sur le drame qui s’est produit (4). Mais qu’on ne s’y trompe pas, la sécurité n’était pas au centre des débats du dernier CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail). En effet, les élus de la centrale se félicitent dans un tract de la réfection des … réfectoires. Même si cela à son importance on est loin des considérations de mise en danger de la vie que représente le travail à Sollac.



    Deux accidents mortels en à peine 4 mois et des bénéfices en hausse. C’est bien une bonne application du capitalisme. Plus de rendement pour plus de bénéfices au mépris de la vie humaine. Cela ne date malheureusement pas d’hier et n’est pas prêt d’arrêter.



Notes :

(1) Information émanant du site de la Voix du Nord : http://france3-regions.francetvinfo.fr/nord-pas-de-calais/2015/04/13/grande-synthe-deces-d-un-interimaire-de-21-ans-sur-le-site-arcelormittal-703359.html

(2) à lire ici : http://corporate.arcelormittal.com/~/media/Files/A/ArcelorMittal/investors/results/previous-results/ER-Q214-FR.pdf

Partager cet article

Published by La Mouette Enragée - dans Ouvre boîte
commenter cet article
10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 16:45

Le numéro d’avril du mensuel de Courant Alternatif a été réalisé à Boulogne-sur-mer par les camarades de la Mouette Enragées, des membres de l’Organisation Communiste Libertaire et des sympathisant-es.

 

Courant Alternatif-Boulogne-sur-mer. (1)

 

Le sommaire ainsi que trois articles extraits de ce numéro sont à consulter librement sur le site de l’O.C.L

 

http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1667

 

Pour en savoir plus sur l’histoire du journal Courant Alternatif, se reporter sur le site de l’OCL à la rubrique : “Il était une fois Courant Courant Alternatif”.

 

http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article10

 

 

Pour en savoir plus sur le fonctionnement du journal Courant Alternatif, consulter sur le site de l’OCL la rubrique : “Les commissions journal”.

 

 

http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article2

Partager cet article

Published by La Mouette Enragée - dans Dans vos agendas
commenter cet article
15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 20:44

     Voici, en partie, l’état de notre réflexion à propos de la résistance qu’opposent des combattants de différentes nationalités aux islamistes de Daesh au nord de la Syrie, dans la ville assiégée de Kobane. A la suite, nous vous conseillons l’écoute de l’émission de radio, “Vive la sociale” sur Fréquence Paris Plurielle qui revient sur le parcours et les thèses politiques de Murray Bookchin, penseur libertaire qui, nous dit-on, aurait conduit à la métamorphose politique du PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan. Enfin nous proposons à la lecture un texte de l’Organisation Communiste Libertaire critique à l’égard des thèses de Bookchin en particulier de son fameux “Municipalisme Libertaire”. Pour faciliter la lecture et la diffusion du texte, il est téléchargeable en pdf ici

  EZLN-_PKK.-.jpg

   

     A la faveur des événements en Syrie et en Irak, les textes et la figure de Murray Bookchin reviennent sous les feux d’une certaine actualité militante. Avant d’en venir à l’émission de radio consacrée à la pensée de cet écrivain, nous tenons à préciser que les interrogations qui travaillent actuellement le milieu libertaire à propos de la mutation idéologique des appareils politico-militaires kurdes, PKK en tête, ne constituent pas pour nous le coeur de la question. Si en apparence le PKK et ses satellites semblent avoir changé, du moins de discours, cela s’explique d’abord à nos yeux par la contrainte qui s’impose à eux en matière de rapport de force tant international que régional et à la redistribution des cartes sur fond de rivalités inter-impérialistes. Nous n’entrerons pas ici dans le détail des choses mais le portrait dressé depuis peu d’un “Öcalan nouveau” qui aurait troqué les oeuvres de Lénine contre un nouvel horizon démocratique réécrit sous les augures de Murray bookchin relève pour nous de la fable. Le PKK fut et demeure avant tout une organisation verticale aujourd’hui conduite de réviser à la baisse ses ambitions premières. A une autre époque déjà, le recyclage idéologique de peu ou prou la même génération de léninistes en “indigénistes-altermondialistes” dans les montagnes du sud-est mexicain avait mis en émoi toute une partie de la gauche occidentale (1). Constatons que deux décennies plus tard, le soutien au “zapatisme kurde” relève d’un phénomène assez comparable. Déjà certains s’enflamment et affirment que le “nouveau” PKK aurait déclenché rien de moins qu’une “révolution sociale” au Kurdistan et qu’il serait nécessaire à cette heure de remettre la critique à plus tard au moment où la solidarité concrète et matérielle l’exige avant toute autre chose (2). Les quelques témoignages qui nous parviennent pour l’instant de la Rojava évoquent davantage un mouvement régional et progressiste de démocratisation inter-culturelle que le pouvoir des travailleurs abolissant l’économie ... ce qui pour tout dire, nous semblerait plutôt logique compte tenu du contexte économique, social et de l’histoire de la région (3). 


 


Notre solidarité avec Kobanê


 

    Pour autant, nous nous affirmons totalement solidaires de la résistance armée que mènent ensemble les femmes et les hommes de différentes nationalités contre les islamistes de Daesh. Pour le moment, l’urgence militaire conditionne, au delà même de ce qui se déroule dans le Rojava, les perspectives qui s’offriront ou non à l’ensemble des prolétaires du Moyen Orient, quand bien même cette lutte n’ait pas encore trouvé d’expression en terme de classe et sans doute n’en trouvera-t-elle pas dans l’immédiat. On parle beaucoup à son sujet de la place qu’y occupent les femmes. L’ importante propagande médiatique déployée à cet effet ne saurait nous faire oublier que dans le cadre particulier de ces luttes de libération nationale, les femmes ont souvent occupé un rôle important qu’on leur a dénié par la suite. L’exemple algérien n’est qu’un parmi d’autres (4). Que ce soit en Asie ou en Amérique latine, dans les zones rurales en particulier, les groupes de lutte armée ont parfois constitué l’un des recours qui s’offrait aux femmes afin d’échapper à une vie d’oppression au sein des structures sociales traditionnelles. Il en va toujours de même aujourd’hui et en particulier au sein de la société kurde. Une fois encore, avec toute les réserves qu’imposent l’insuffisante information dont nous disposons, il nous apparaît que la place que tente de s’octroyer la femme dans ces sociétés constitue un, si ce n’est, le point nodal de ce qui se déroule là-bas actuellement (5). Bien davantage peut-être que la réalisation d’une énième mouture d’un “socialisme régional” que feignent d’y déceler certains (6)... Car comme le notait à l’époque J.F.Lyotard dans un numéro de la revue “Socialisme ou barbarie” : “Quand un peuple colonisé abandonne les armes de la critique pour la critique des armes, il ne se contente pas de changer de stratégie. Il détruit, lui même et immédiatement, la société dans laquelle il vivait en ce sens que sa rébellion anéantit les rapports sociaux constitutifs de cette société (...) S’agissant d’une famille très patriarcale, le fait et déjà remarquable. Mais il l’est plus encore quand ce sont les filles qui échappent à la tutelle de la famille. ” (7).

 

Kobane-3_inside_full_content_pm_v8.jpg

 

 

 A propos de Murray Bookchin et de l’émission de radio qui lui a été consacrée.


 

    Cette émission de radio “Vive la Sociale” (8), nous offre l’opportunité de souligner une fois encore ce qui nous sépare précisément de la pensée de Murray Bookchin, à savoir que contrairement à lui, nous ne sommes pas des “déçus de la classe ouvrière”, bien au contraire (9). Nous aussi il nous arrive de nous pencher avec curiosité sur les expérimentations locales qu’il affectionnait et d’y trouver parfois un certain intérêt. Sans verser dans un ouvriérisme étroit et en admettant que la théorie du prolétariat ne fut jusqu’à aujourd’hui qu’une hypothèse, elle demeure la seule réponse concrète et internationale-(iste) à la hauteur des enjeux qui se dressent devant nous aujourd’hui. Nous ne braderons pas ce que nous enseignent bientôt deux siècles d’expériences faites d’échecs et de victoires du prolétariat révolutionnaire pour l’ombre des alternatives gradualistes et localistes aussi “conviviales” soient-elles ... (10)

 

    Nous reproduisons à la suite quelques passages de l’émission qui reprennent justement les critiques que nous adressons à Bookchin :

 

   Nicole souligne à propos de Bookchin qu’ il y a dans ses écrits : “une critique qui se dit anticapitaliste (...) mais d’une part j’ai le sentiment que l’idée du fonctionnement du capitalisme concret se perd, que l’on est plutôt dans le discours dénonciateur que dans la compréhension même (...) et que l’idée de ré-appropriation n’est pas du tout perçue comme phénomène révolutionnaire à mettre en oeuvre pour pouvoir effectivement se ré-approprier notamment les moyens de production et redéfinir la façon dont on produit. Il s’agit plus d’une “expérimentation locale qui, quelque part, a perdu de vue l’idée que l’on peut changer les règles qui régissent cette société.

 

   Toujours à propos de ces expérimentations locales, Nicole poursuit : “ de fait c’est un monde qui ne se pose pas et peut difficilement se poser la question du rapport dans le travail et en particulier dans les lieux de production, dans les usines. Diffuser ce genre d’expérimentation ne va jamais affronter ce genre de problème parce que de toute manière c’est d’un autre registre. Et c’est dommage car la question du renversement du capitalisme ne peut pas se poser indépendamment de la question de la destruction des moyens de production, de repenser d’autre moyens de produire, de repenser le travail, etc ...

 

   Daniel à son tour : “autant le projet de société libérée tel que le définit Bookchin peut être convaincant par toutes les réponses qu’il apporte aux problèmes des rapports entre les êtres humains, qu’entre les humains et la nature, autant son projet de “municipalisme libertaire” comme mode de transformation de la société actuelle, de lutte, de militantisme, est assez problématique (...) quand il dit “il faut dans les villes, partout, créer des assemblées, avec ce programme de “petit à petit, on va noyauter ... on va même participer aux élections municipales ... là, si on veut parler de réformisme ...” Pour Bookchin, il ne faut surtout pas vivre dans le mythe du grand jour, du changement révolutionnaire soudain et total ...”


 

L’illusion d’un “Municipalisme Libertaire”

 

800px-Proudhon-children.jpg

 

   Ce sont ces limites que pointe l’Organisation Communiste Libertaire dans une critique des thèses de Bookchin notamment en regard de sa “démarche menant à une société nouvelle faite de petits pas (très formels d’ailleurs) se déroule sans affrontements avec les tenants du régime parlementaire, comme si tout pouvait se passer en douceur, sans révolution (mot que BOOKCHIN a banni de son répertoire). Ce n’est pas très sérieux, on nage en plein idyllisme, un peu à la mode Proudhon.”(11)

 

Pour la solidarité financière :


Sur le site : http://rojavasolidarite.noblogs.org/souscription/

- Par virement à : Société d’entraide libertaire

IBAN : FR76 1027 8085 9000 0205 7210 175 BIC : CMCIFR2A

Par chèque : à l’ordre de SEL, mention “Kurdistan” au dos, à expédier à :

CESL, BP 121, 25014 Besançon Cedex

 

 

 

Groupe Communiste Anarchiste de Boulogne-sur-mer.

 

-----------------------------------------

 

(1): “Au delà des passe-montagne du sud-Est mexicain”. Sylvie Deneuve, Marc Geoffroy, Charles Reeve. Editions Ab irato, 1996. Epuisé, le lire sur le net : https://sites.google.com/site/comuneiro/home/ezln/reeve;

 

(2): “The new PKK: unleashing a social revolution in Kurdistan”: http://roarmag.org/2014/08/pkk-kurdish-struggle-autonomy/. Dans sa version en langue française : “Le nouveau PKK a déclenché une révolution sociale au Kurdistan” : http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1574

 

(3): Interview du ministre de l’économie du canton d’Efrin : News from the Revolution in Rojava and Wider Kurdistan (https://rojavareport.wordpress.com/2014/12/22/efrin-economy-minister-rojava-challenging-norms-of-class-gender-and-power/). Il expose un plan d’économie mixte où la propriété privée des moyens de production n’est nullement remis en cause. Nous pouvons fournir une version du texte en langue française sur demande.

 

(4) Un texte de Maxine Molyneux sur la place des femmes dans les dynamiques révolutionnaires au travers du cas particulier de la lutte au Nicaragua : “Mobilisation sans émancipation ? Participation des femmes, Etat et révolution au Nicaragua“. Il est consultable sur le net : http://graduateinstitute.ch/files/live/sites/iheid/files/sites/genre/shared/Genre_docs/2341_CahiersGenreEtDéveloppement/CGD1_Molyneux.pdf

 

(5): Emission de radio “Vive la Sociale”, consacrée aux “Femmes au Kurdistan”. Deux membres du groupe féministe “Solidarité femmes Kobané” (https://www.facebook.com/pages/Solidarité-Femmes-Kobanê/871721932861622) qui se sont rendues en novembre dans le Kurdistan turc témoignent : http://vivelasociale.org/images/emission-radio-vive-la-sociale/2014/14-12-04-vls-feminstes-kurdistan-2.mp3

 

(6): “(le kurdistan syrien) a compris la nécessité de construire une nouvelle société socialiste, féministe et écologiste. La Révolution au Rojava et le concept de « Confédération Démocratique au Moyen-Orient » d’Öcalan, inspiré par les les pensées communistes libertaires, sont une solution pour le Moyen-Orient.”

Extrait du texte “Révolution au Rojava”, à lire sur le site “Rebellyon.info” : http://rebellyon.info/Revolution-au-Rojava.html

 

(7): “Le contenu social de la lutte algérienne”. J.F. Lyotard. in Socialisme ou Barbarie.p 246. Ed. Acratie. 2007.

 

(8): Emission de radio “Vive la Sociale” consacrée à Murray Bookchin : http://vivelasociale.org/images/emission-radio-vive-la-sociale/2014/14-11-20-vls-bookchin-2.mp3

 

(9): Déjà dans le livre “Fortune de mer...” nous avions consacré le chapitre VII à la critique des “alternatives” . A la page 85 du livre nous avions rapidement évoqué ce qui nous distinguait de M.Bookchin et de sa “déception” à l’égard du prolétariat.

 

(10) Sachant qu’ ”alternative” et “révolution” ne s’excluent pas de fait, que les éléments s’articulent parfois dans le temps et l’espace de manière complexe.

 

(11): “L’illusion d’un municipalisme libertaire” : http://kropot.free.fr/OCL-Municipalisme.htm

 

 

 

 

Encadré : La solidarité lilloise aux Kurdes de Kobané et d'ailleurs

 

photo-lille.jpg


 

   Face à l'urgence de la situation courant octobre dans la Rojava, des mobilisations et des discussions ont eu lieu à Lille en particulier à l'Insoumise, bouquinerie occupée qui offre un espace politique autonome et libertaire. Le samedi 11 octobre, Nicolas Dessaux, animateur de Solidarité Irak (1) est venu présenter les résistances populaires contre l'Etat Islamique en Irak mais aussi en Syrie. Il a insisté sur le projet pan-islamique de l'EI dans la région mais aussi sur les dangers que présentent cet état aux définitions encore floues pour les mouvements sociaux et surtout les mouvements féministes du Moyen-Orient qui se battent contre un patriarcat qu'on veut leur imposer. Suite à cette discussion, une action de solidarité a été menée sur la Grand'Place de Lille, le mardi 14 octobre pour appeler à la solidarité révolutionnaire avec Kobané tout en dénonçant l'attitude de la Turquie (soutenue par les occidentaux et notamment la France) qui fermait la frontière pour empêcher la venue des renforts. Un tractage a eu lieu et une quarantaine de personnes se sont réunies. Des propositions pour former un collectif de soutien à la lutte des Kurdes dans la Rojava ont été faîtes mais cela n'a pas abouti du fait de certaines réticences pour un soutien aveugle à ce qui se passe là-bas mais aussi par manque de temps et de volonté. Enfin, l'Insoumise s'est associée à la tournée française de Muayad Ahmed, secrétaire général du Comité Central du Parti Communiste-ouvrier d’Irak, et Yanar Mohammed, membre du PCO d’Irak et présidente de l’OLFI (Organisation pour la Liberté des Femmes en Irak) qui sont venus le 8 novembre pour débattre de la situation et présenter les différentes perspectives politiques qui peuvent s'offrir au Kurdistan. ll est regrettable d'observer que depuis ce dernier événement aucune apparition publique et politique n'est à signaler. Pourquoi donc, alors que ce sujet reste toujours d'actualité?

 

(1) http://www.solidariteirak.org: site d'informations sur ce qui se passe en Irak et en particulier au Kurdistan animé par des membres d'ICO (Initiative Communiste Ouvrière) et du parti communiste-ouvrier du Kurdistan. Nicolas Dessaux est aussi l'auteur d'un livre sur le même sujet : «Résistances irakiennes : contre l'occupation, l'islamisme et le capitalisme». Cette tournée française a été organisée par : Initiative Communiste-Ouvrière, Réseau Communiste Antigestionnaire, Solidarité Irak, Table Rase, Union Pour le Communisme ainsi que des individus. Voir aussi une vidéo de cette tournée : https://www.youtube.com/watch?v=nExMdihF9VQ

Partager cet article

Published by La Mouette Enragée - dans Solidarité internationale
commenter cet article

La Mouette Enragée

  • : La Mouette Enragée
  • La Mouette Enragée
  • : Ce blog est issu d'un groupe de militants originaires de Boulogne sur mer (62) qui se réclament du communisme libertaire. A l'origine, la Mouette Enragée est un journal local qui relaye les luttes politiques mais aussi propose des analyses sur des luttes sociales ou des problématiques locales. Avec ce blog, nous proposons de partager nos réflexions passées et présentes pour ainsi mieux envisager les perspectives de lutte efficace et organisée par la base, c'est à dire les travailleurs eux-mêmes
  • Contact

Contacts

La Mouette Enragée - BP 403 - 62206 Boulogne sur mer Cedex

ou

lamouette.enragee@wanadoo.fr

Recherche

Qui sommes nous ?

 

Nous nous définissons comme Communistes-Anarchistes parce que:

 

- Nous rejetons tous les systèmes économiques, toutes les institutions politiques, étatiques ou privées qui se fondent sur l'exploitation de l'homme par l'homme, sur l'autorité et la hiérarchie.

- Nous avons toujours lutté, à la fois contre toutes les formes de Capitalisme d’État qui se dissimulaient ou se dissimulent encore sous les noms de Marxisme-Léninisme, Bolchevisme, Stalinisme, Etats-ouviers, etc... , et contre les Capitalismes Libéraux avec leur cortège de gaspillage et de consommation effrénés. Il s'agit pour nous, des deux faces de la même médaille.

- Nous considérons que, partout dans le monde, les inégalités sociales, la loi du profit et du plus fort conduisent à une société de plus en plus déséquilibrée, polluée, inhumaine et sont directement responsables du racisme, du crétinisme passif, de la corruption financière et politique.

- Nous sommes pour l'auto-organisation sur une base de classe , des travailleurs, des habitants, des consommateurs dans les formes qu'il leur convient de se donner, pourvu qu'elles ne reproduisent pas, comme les mafias politiques de Droite comme de Gauche ou les bureaucraties syndicales, les tares que nous dénonçons plus haut.

- Nous sommes pour une Démocratie Directe qui correspondrait aux besoins authentiques des individus sans distinction de sexe ou de nationalité, et non plus au profit des marchands et des publicitaires, des bureaucrates et des notables.

- Nous pensons que le capitalisme ne s’ effondrera pas de lui même et qu’une révolution sociale et mondiale demeure la condition indispensable de son dépassement.

- Nous pensons que c’est au cœur même des luttes et des mouvements sociaux que s’élaborent les formes nouvelles de rapports sociaux et donc que c’est au sein de ces mouvements qu’il faut lutter.

- Nous n'appelons donc personne à nous "suivre'' aveuglément, et ne recherchons aucun pouvoir pour nous mêmes, mais souhaitons œuvrer avec tous ceux et toutes celles qui veulent changer radicalement cette société en prenant dès aujourd'hui leur destinée en main.

Fortunes de mer

 

Clich- 2010-06-10 22-02-51

           Disponible, en vente

(contactez directement la Mouette)