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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 22:44
Une rubrique à consulter régulièrement

A retrouver ici

Published by La Mouette Enragée
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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 23:38

Comptant sur le pourrissement du conflit mené contre leur loi “ Travaille !”, Valls, Gattaz et toute la clique pensaient que quelques coups de menton et un rien d'aménagement suffiraient à en terminer avant la discussion du texte par les parlementaires, lesquels d'ailleurs, d'où qu'ils viennent, ne savent pas sur quel pied danser.

A Boulogne-sur-mer, Frédéric Cuvillier sait parfaitement où il va et quels intérêts il sert. Ce premier mai, il participait aux côté des jaunes de la CFDT à une réunion durant laquelle il a défendu le projet présenté par madame el Khomri. Un projet selon lui “adapté au monde économique actuel, au travers de cette grande avancée qu'est le compte personnel d'activité” dans lequel il entrevoit la manière “de faire progresser les droits de salariés”. Il est vrai que comme nombre de ses homologues, monsieur Frederic Cuvillier a une longue expérience du monde du travail en général et de la condition de salarié en particulier ...

La jeunesse emmerde le Parti Socialiste !*

Solidarité avec les Lycéen-es et étudiant-es arrêtés à Boulogne-sur-mer

par la police et poursuivis par la justice.

 

Depuis Sivens et la mort de Rémi Fraisse, les pratiques assumées du Parti Socialiste en matière de répression des mouvements sociaux ne laissent planer aucun doute sur ce qu’on est en mesure de redouter de sa part(1). Incontestablement, le déchaînement de violence policière auquel on assiste depuis plus de deux mois partout sur le territoire, que ce soit en métropole ou comme dernièrement à Mayotte relève d’un choix stratégique qui repose sur la tension. Ce choix, politique, tente à la fois d’étouffer une contestation qui peine à trouver les conditions de son extension tout en l’entraînant sur le terrain de l’affrontement militarisé où l’Etat se sait en position de force. Un jeu dangereux qui pourrait peut-être finir par produire l’effet contraire de celui escompté ...

 

                                                   L’action à la Société Générale

 

Il y a quelques semaines, les lycéens et étudiants s’étaient fait sortir par la police d’une des salles de la mairie qu’ils avaient joyeusement investi pour y tenir une réunion/discussion collective. Le vendredi 29 avril, un petit groupe de jeunes a de nouveau été pris à parti par des policiers lors d’une action qu’il menait devant la banque Société Générale directement impliquée dans l’affaire des “Panama Papers”. Sept mineurs ont été amenés au commissariat central parmi lesquels cinq d’entre eux ont été placés durant vingt heures en garde à vue. La solidarité s’est immédiatement exprimée et un rassemblement s’est tenu le soir même devant le commissariat. On a appris depuis que le procureur a engagé des poursuites pour dégradation. Lui emboîtant le pas, l’administration du lycée Cazin avait convoqué plusieurs élèves, faisant planer à leur encontre la menace de sanctions disciplinaires. Le rassemblement de plusieurs dizaines d’élèves solidaires à l’extérieur de l’enceinte et l’intervention de quelques délégués syndicaux semblent avoir ramené nos fonctionnaires à la raison.

 

 

La jeunesse emmerde le Parti Socialiste !*

 

 

                                          Réponse immédiate et solidarité concrète.

 

Entre temps, les lycéens et étudiants se sont expliqués et ont revendiqué leur action dans un tract que nous livrons ci dessous à la lecture. La CGT, Solidaire, FO et la FSU ont à leur tour exprimé leur solidarité avec les réprimés, ce qui dans le climat actuel est bien la moindre des choses. Enfin la manifestation syndicale du 1° mai s’est terminée devant le commissariat central ou a été réclamé la levée de toutes les poursuites. Une première à Boulogne-sur-mer ...

 

                                               A Boulogne-sur-mer et aussi ailleurs ...

 

Ce que subissent actuellement les lycéens boulonnais n’est évidemment pas le fruit du hasard (2). Dans le département des Hauts-de-Seine, au moins 47 lycéens ont été placés en garde à vue après leur convocation par la Sûreté Territoriale. On leur reproche leur mobilisation et les actions entreprises sur leur établissement scolaire. La même logique s’applique bien partout.

 

Notre solidarité se doit d’être indéfectible et le meilleur moyen d’aider concrètement les lycéens et les étudiants actuellement mobilisés est d’abord de les rejoindre et d’ engager la lutte à leur côtés. Actuellement, ils se battent, isolés, et le pouvoir le sait. Chez les travailleurs la mobilisation n’est pas à la hauteur des enjeux. Il ne tient qu’à nous de ne pas déléguer ce qui relève de notre responsabilité sur les seules épaules des plus jeunes d’entre nous.

 

                                                                                    Boulogne-sur-mer, le 2/05/2016.

 

-------------------

 

* Voilà bientôt trente ans que le refrain des Béru accompagne des rassemblements “anti-fascistes” de moins en moins pourvus en nombre de participants. De son côté, la presse bourgeoise répète a qui veut l’entendre qu’aujourd’hui la jeunesse voterait d’abord pour le front national. Outre le fait que la “jeunesse” n’existe pas, quand bien même on réduirait une partie de la population à cette catégorie, elle ne vote pas plus pour Cheminade que pour Mélanchon, dans sa grande majorité, elle ne vote tout simplement pas ... Et quand bien même ! Sur le marché en crise de la représentation politique bourgeoise, le fond politique du parti de Cambadelis ne diffère en rien de celui du pas de porte de la famille Lepen. Historiquement, ils partagent tous deux une même haine de la classe ouvrière et font montre de la même servilité à l’égard du capital. Ni les uns ni les autres ne font mystère de leur xénophobie et partagent de longue date le goût pour les méthodes de barbouzes et la brutalité, qu’elle soit policière, militaire ou le fait de services d’ordre privés ...

 

(1)Pour une piqûre de rappel au sujet de la Social-démocratie, de sa fonction et de son rôle, lire l’édito du numéro de la Mouette Enragée actuellement en kiosque.

(2) http://zinc.mondediplo.net/messages/25146

La jeunesse emmerde le Parti Socialiste !*

Hé ho les gens !

 

Suite aux révélations des affaires “Panama Papers” et “Luxleaks” ainsi que dans la continuité des mouvements sociaux en opposition à la “Loi travail”, les jeunes en lutte du Boulonnais souhaiteraient s’expliquer sur les “événements” survenus le vendredi 29 avril 2016 à la Société Générale où des oeufs et de la farine ont été lancés sur la devanture. Cette action pacifique et politique montre que nous aussi, entendons bien recevoir “notre part du gâteau”. Les affaires “Panama Papers” et “Luxleaks” nous montrent une fois de plus que les multinationales pratiquent sciemment l’évasion fiscale, le tout avec l’accord des gouvernements européens au détriment de l’intérêt général.

 

Ces événements ne sont pas comme nous avons pu l’entendre “des bêtises de jeunesse”. Il s’agit d’actes qui s’inscrivent dans un mouvement de lutte global et suivi partout en France qui visent à dénoncer les principaux responsables de l’actuelle “crise”.

 

S’il ne s’agit que de “bêtises de gamins”, pourquoi les arrestations et la répression sont-elles si violentes ?

 

En effet, les forces de police ont procédé à l’arrestation arbitraire et aléatoire de 5 mineurs qui n’ont même pas été clairement identifiés comme responsables/partie-prenante de ces actions. De plus, il s’agit ici d’actes collectifs, décidés démocratiquement en assemblée générale. En réponse à une jeunesse en colère face aux inégalités, les forces de police ont placé des mineurs en garde à vue près de 24 heures alors que les responsables de l’évasion fiscale restent libres et que leur vol est évalué à des milliards d’euros. Nous attirons aussi l’attention sur le fait que ces mineurs sont vos enfants, vos nièces, les enfants de vos proches, les amis de vos enfants, vos élèves, vos apprentis, vos stagiaires ...

 

La stratégie de l’Etat est ainsi claire : la peur et l’intimidation sont les moyens de casser notre mouvement, à une échelle locale aussi bien que nationale. Le tout étant relayé largement par les médias traditionnels, nous réduisant ainsi à de simples casseurs. Les casseurs sont les flics qui matraquent les jeunes, dispersent les assemblées “Nuit debout”, terrorisent les protestations syndicales à Lille, les salariés d’Air France et de Goodyear, criminalisent toutes les revendications et font régner l’ordre d’Etat d’Urgence permanent.

 

En conséquence, Nous, jeunes de Boulogne-sur-mer, sommes déterminés face à la répression et appelons à amplifier la mobilisation.

 

Jeunes en Lutte/Section du boulonnais.

 

Published by La Mouette Enragée
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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 10:44

Samedi 9 avril, tandis que le gratin du Parti Socialiste - comme le fond de soupe D'EELV de son côté - se préoccupait de tambouille électorale sur fond de primaires à gauche, quelques 200 cortèges battaient à nouveau le pavé contre la “Loi travail”, un peu partout en France. La provocation policière, prélude à la répression programmée a, cette fois encore, été bien orchestrée pour tenter d'endiguer le danger d'une alliance dans la lutte entre les bases lycéennes/étudiantes et celles des salariés, syndiqué-e-s ou non.

Depuis le 9 mars à Boulogne-sur-mer

À Boulogne-sur-mer, le mouvement est porté à bout de bras par les lycéens et les étudiants que tente de canaliser sans succès une CGT locale paternaliste, verticale, spécialiste du verrouillage et qui ne manifeste aucune volonté d’en découdre. La manifestation du 31 mars a réuni quelques milliers de travailleurs mais de nombreuses boîtes et certains secteurs manquaient à l’appel. Quelques coupures de courant ont heureusement égayé une manifestation syndicale bien ordonnée et sans perspective de lendemain.

En lien ici le tract distribué lors de la manifestation du 31 mars.

 

Premier dérapage à la Faïencerie

L'état d'esprit du PS local, relais du gouvernement, est manifeste : prenant systématiquement pour agression toute contestation, les édiles optent en réponse pour la menace. D’abord en mars, lors de la rencontre “ouverte” sur invitation dépêchée par courrier électronique aux syndicats et à quelques associations, le ci-devant J.C Etienne n'a rien moins que prévenu les opposant-e-s que “ça [allait] mal se passer ...” s’ils poursuivaient leurs réactions bruyantes et goguenardes en réponse aux éléments de langage liminaires : “nous avons un gouvernement qui négocie !”, alors que Valls avait déjà la main sur son 49.3.

 

La vidéo de cette réunion à la salle de la Faïencerie avec la CFDT et le Parti Socialiste

                         bras dessus, bras dessous. Il ne manquait que le patronat ...
             
 
 

 

Deuxième faux pas à l’Hôtel de Ville

Puis, à la suite de la manifestation du 31 mars, au cours de l'occupation de l'Hôtel de ville, le Citoyen Maire F. Cuvillier joua à son tour d'intimidation, menaçant les jeunes des sommations de la police mobilisée en nombre. S'ensuivirent au cours de l’évacuation quelques incidents mineurs dont les forces de l’ordre sont coutumières : propos pour le moins déplacés et démonstrations virilistes sans conséquences. Loin il est vrai des passages à tabac en règle, des blessures et mutilations et autres menaces sordides (proférées à l’adresse de lycéennes parisiennes, par exemple), qu’ont subi de leur part nombres de manifestant-e-s à Nantes, Rennes, Lille ...

 

Contre la “loi travail” à Boulogne-sur-mer. Les hobereaux socialistes ont les nerfs fragiles ... C’est aux travailleurs de leur faire péter les plombs !
Contre la “loi travail” à Boulogne-sur-mer. Les hobereaux socialistes ont les nerfs fragiles ... C’est aux travailleurs de leur faire péter les plombs !
Contre la “loi travail” à Boulogne-sur-mer. Les hobereaux socialistes ont les nerfs fragiles ... C’est aux travailleurs de leur faire péter les plombs !

Maintenant, que faire ?

Quelque chose est pourtant en train de se passer qui, pour déboucher sur la construction d’un véritable mouvement, nécessite l'implication concrète et massive de la classe ouvrière. Cela ne sera possible que si l’ensemble des travailleurs se démarquent du scénario perdant d’avance dans lequel les bureaux syndicaux nationaux et leurs relais locaux tentent de nous enfermer. Il est d’ailleurs inutile d’attendre de leur part ce qu’ils ne veulent et ne peuvent donner. La cgt, pour ne citer qu’elle, n’a ni la volonté et encore moins les moyens d’appeler, ni d’organiser une grève de masse, une grève générale.

A Boulogne-sur-mer, les initiatives prises à la faïencerie ou à l’Hôtel de Ville, mêlant des travailleurs, des lycéens, des étudiants n’ont pas mobilisé beaucoup de monde mais elle ont eu le mérite de surprendre, de bousculer le ronron de la collaboration Etat/syndicats. Ce ne sont pas quelques défilés traîne-savates, même de plusieurs dizaines de milliers de personnes qui feront basculer le rapport de force en notre faveur, nous le savons d’expérience. L’Etat et le patronat reculeront si et seulement si leurs intérêts immédiats sont mis à mal, si le fonctionnement de l’économie est enrayé par une grève massive et reconductible qui frappe directement au coeur le profit capitaliste.


 

Localement la mobilisation reste encore à construire et dans un premier temps il est urgent de trouver un lieu où se discuteront à la base les modalités de cette élaboration ainsi que son contenu.


 

A suivre.


 

Boulogne-sur-mer, le 12/04/2016.  

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 16:54

Nous ne sommes pas venus pour négocier !

Le projet de loi de la ministre du travail  El  Khomri  dite "loi  travail", s'inscrit dans  cette vision de la société  où  ce  qu’il  subsiste  encore  du  fameux  “modèle  social”  doit  désormais  disparaître.  Nous ne rentrerons pas dans un inventaire à la Prévert en la décortiquant car nous en avons compris l’intention. La bourgeoisie se sent à tort ou à raison en position de force et elle commande à son actuel fondé de pouvoir,  le  Parti  Socialiste,  de  lui  ouvrir  la  voie  vers une  exploitation  quasi  sans  limite  du  travail salarié.  Pour  la  bourgeoisie  l’époque  du  compromis relève  dorénavant  de  l’histoire  ancienne.  Elle a décidé de liquider une fois pour toute les  derniers garde-fous concédés en contre partie de l’exercice de son pouvoir. Elle les avait accepté de bien mauvaise grâce, comme un mal nécessaire.

Allons-nous nous laisser dépouiller sans broncher ?

..... le tract complet est à télécharger ici.

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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 10:08

Le nouveau numéro de la Mouette enragée, le journal des luttes de classes dans le boulonnais est en kiosques !

Un numéro spécial consacré aux différents plans et projets d'aménagements urbains envisagés dans l'agglomération boulonnaise. Vous trouverez ci-dessous les différents points de vente du journal.

 

Si vous n'habitez pas le boulonnais, vous pouvez nous contacter pour que l'on vous envoie le numéro dans les plus brefs délais.

 

Bonne lecture et n'hésitez pas à nous faire part de vos critiques (bonnes ou mauvaises).

Le nouveau numéro de la Mouette enragée, le journal des luttes de classes dans le boulonnais est en kiosques !
Le nouveau numéro de la Mouette enragée, le journal des luttes de classes dans le boulonnais est en kiosques !
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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 18:00
Air France, Goodyear, Notre Dame des Landes ... Une justice de classe au service de l'État et du patronat

- D'un côté 2900 suppressions de postes, de l'autre la réaction légitime des travailleurs et deux chemises déchirées.

- D'un côté 1173 suppressions de postes, de l'autre une action ouvrière classique et deux cadres qui repartent comme ils sont venus.

- D'un côté la confiscation de terres au profit de quelques groupes capitalistes, de l'autre d’importantes manifestations de paysans, d’habitants et de nombreuses actions collectives ...

A lire ici le tract que nous avons distribué mardi 26 janvier 2016 lors de la manifestation à Boulogne-sur-mer.

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 10:32
L’Etat d’urgence en question

Le 13 Novembre, une série d’attentat causant de nombreux morts et blessés a eu lieu a Paris. Suite a cela, le président de la république a décidé,dans un premier temps,l’instauration, pour 12 jours, de l’état d’urgence. Il souhaite le faire passer a 3 mois et modifier la constitution,en passant par une consultation des deux assemblées. Dans l’actualité des luttes, nous souhaitions avoir un décryptage de cette notion d’état d’urgence. C’est Laurence Blisson, secrétaire nationale du syndicat de la magistrature qui nous fait un petit historique de ce dispositif et de ses conséquence pour les libertés.

A écouter ici.

 

L'état d'urgence : les conséquences

Laurence Blisson, juge dʼapplication des peines, secrétaire nationale du Syndicat de la Magistrature, sʼexprime pendant 27 mn sur les dérives induites par lʼétat dʼurgence.

A écouter ici.

 

Les violences policières se multiplient sous l’Etat d’urgence, la presse bourgeoise les recense :

Pour information, quelques titres de la presse bourgeoise et citoyenniste comme “Le Monde” ou “La quadrature du net” recensent depuis quelques jours les abus et autres dérapages qu’accumule la police dans le cadre de ses interventions sous l'état d'urgence. Des interventions qui pour la plupart d’entre-elles n’ont aucun lien direct avec les affaires de terrorisme …

 

La quadrature du net, ici.

Le Monde, ici.

Médiapart, ici.

 

Témoignage d’un assigné à résidence et Fiches "S"

Sur Radio-Primitive, lors de l'émission des camarades de l'OCL de Reims : 

en première partie, le témoignage d’un assigné à résidence dans le cadre de la COP 21 et en seconde partie, ce qu’il faut savoir des fiches "S", des fiches européennes ...

A écouter ici.

 

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 16:46

Le suivi de la lutte à La Redoute et le bilan de la réunion des travailleurs d'Amazon à Poznan.

Tout est à redouter !

VPC - Logistique

Les choses se précisent pour l'ancien leader nordiste de la vente par correspondance. La direction bloque désormais les départs volontaires et réaménage le temps et les postes de travail tandis que le nouveau site logistique ultra-modernisé de la Martinoire se construit, blesse déjà et fait craindre le pire pour les nouvelles conditions de travail dans le secteur !

 

Plus personne ne part  ! L'arnaque du PSE (1)


Début septembre, les syndicats CGT et FO ont déposé aux Prud’hommes de Roubaix, 15 dossiers de salarié-es pour «  défaut d'accord  », une trentaine d'autres devraient suivre. Ce désaccord porte sur les modalités d'application du PSE qui prévoit la suppression de 1 178 postes jusque 2017, soit par des départs anticipés ou non à la retraite, soit par des départs dits volontaires vers des reclassements. Or aujourd'hui, les quotas ont été atteints et pour ceux qui veulent encore quitter le navire, ce n'est plus possible. Ces refus touchent surtout les ouvriers de la logistique et la relation-clients. De quoi dégoûté Ali qui comme les autres  : «  voulait gagner 1 ou 2 ans de salaire pour après faire une formation  » financée par la fiducie (2) . Car après, le futur semble bien bouché pour les reconversions, 40% de ceux qui sont partis volontairement sont au chômage, les autres ont trouvé dans l'aide à la personne, l'aide maternelle ou encore dans la manutention.

 

On ferme les robinets d'un côté et de l'autre, la direction recrute des gros bonnets dans la pub, l'internet et bien sûr les ressources humaines pour finir de faire le ménage. A l'image de Pascal Lafon, nouveau RH aux dents longues puisqu'il était avant chez Rabot-Dutilleul (grosse boîte de bâtiment dans le Nord), Bricoman et les boulangeries Paul. Ce dernier (3) se ferait un fixe de 130-180 000 euros, de quoi dégoûter encore un peu plus. Avec le recul, tout cela a été parfaitement orchestré. Aux lendemains des grèves de 2014, la direction a joué profil bas et a laissé partir beaucoup de salarié-es, aujourd'hui elle bloque les départs et se permet de réaménager les postes de travail à sa guise, en attendant les licenciements proprement dits en 2017 ou même avant. A la logistique, il ne doit rester que 550 salarié-es, il y en a encore environ 700...

 

Loi de la jungle dans la vente à distance

 

De l'aveu de ceux qui y travaillent, les stocks se remplissent sans qu'il y ait de grosses ventes et les dernières soldes ont été calamiteuses pour la Redoute. Preuve en est que le secteur de l'anciennement vente par correspondance disparaît pour laisser place à un nouveau modèle  : celui de la vente à distance par internet et de la livraison chrono en moins de 24h. A voir la fortune exponentielle de Jeff Bezos, le PDG d'Amazon (47 milliards de dollars tout de même), le secteur semble se porter à merveille mais c'est pour mieux cacher sa crise structurelle. Avec ou sans internet, les stocks grossissent et la consommation n'arrive plus à tout absorber à cause de la baisse des pouvoirs d'achat, les marges diminuent et il faut alors prendre là où l'on peut encore prendre  : sur le travail. C'est ce qui se passe dans les hangars de Amazon où les conditions de travail sont dantesques comme le montre de nombreux témoignages (4). La Redoute, elle, veut tout automatiser même les déplacements pour rattraper la concurrence mais ce n'est qu'une fuite en avant de plus … et un recul considérable pour les conditions de travail. Cela commence par des ouvriers polonais qui ont été appelés pour construire cette nouvelle Martinoire, travaillant au rabais, l'un d'entre eux a été grièvement blessé en faisant une chute.

 

Bien heureusement des résistances existent notamment par les voies syndicales comme à la Redoute mais aussi par le biais d'une initiative internationale menée par le syndicat polonais Inicjatywa Pracownicza, très présent dans l’entreprise Amazon à Poznan qui a appelé mi-septembre à une rencontre avec des camarades allemands et français d'autres sites. Le compte-rendu de cette réunion n'est pas encore publiée mais l'appel (reproduit ci-joint) laisse l'espoir d'une résurgence de la lutte dans le domaine de la logistique (5).

 

Notes  :

(1) Plan de «  sauvegarde  » ou plutôt de suppression de l'emploi. Il a été signé, il y a plus d'un an par la traîtrise de la CFDT centrale alors qu'une lutte importante de la base avait lieu notamment grâce à l'action des Redoutables, pour plus d'infos, voir CA de mai 2014 + émissions radio de l'Egregore consacrées à ce sujet.

(2) C'est une caisse de 180 millions d'euros que Pinault (ancien propriétaire de la Redoute) a laissé pour organiser la restructuration de la logistique (nouvelle Martinoire) et pour financer les départs volontaires avec un plan de formation et une prime de 20 000 euros. Quelques millions pour se laver les mains  !

(3) Selon les bruits de couloirs qui se rapprochent souvent de la réalité

(4) Lire, En Amazonie: infiltré dans le "meilleur des mondes" de JB Mallet, Fayard, 2013

(5) Soulignons les actions du syndicat Verdi en Allemagne qui ont bloqué plusieurs fois des hangars Amazon.

Rencontre internationale des travailleurs d’Amazon

(Poznan, du 11 au 13 septembre 2015)

Déclaration finale

VPC - Logistique

Le texte de l'appel est à télécharger ici.

 

Des travailleurs d’Amazon de Pologne et d’Allemagne se sont réunis pendant trois jours à Poznan (Pologne) avec d’autres camarades sympathisants. C’est la deuxième fois que nous nous rencontrons ainsi, après la première réunion à Bad Hersfeld (Allemagne) au printemps dernier. Ces réunions sont organisées par les travailleurs d’Amazon eux-mêmes, indépendamment de nos syndicats respectifs. Nous sommes un réseau de solidarité qui vise à répondre à la stratégie d’Amazon et à coordonner la lutte pour nos intérêts communs.

 

Cette fois, nous avons distribué des tracts devant l’entrepôt d’Amazon à Poznan-Sady, nous avons tenu une réunion publique pour expliquer la situation dans l’entreprise Amazon à Poznan, Bad Hersfeld et Brieselang et nous avons organisé un rassemblement et une conférence de presse avec les médias. Ensuite, nous nous sommes réunis en assemblée de travailleurs et avons discuté de la situation dans les différents entrepôts d’Amazon et de nos efforts communs visant à améliorer les conditions de travail dans le futur.

 

Nos échanges ont révélé que, dans les différents pays, les travailleurs d’Amazon sont confrontés aux mêmes problèmes (bas salaires, réglementation grandissante, pressions au travail élevées conduisant à des problèmes de santé, pratiques typiques d’Amazon d’embauches et de licenciement, etc.). Lorsqu’elle est confrontée aux revendications des travailleurs, Amazon utilise des stratégies semblables dans tous les pays, par exemple en menaçant les travailleurs de licenciement, en mettant la pression sur les militants syndicaux, en négociant sans aucune volonté de céder, etc.

 

Pour tous ceux qui ont participé à la réunion, il était clair que nous devons donner une réponse collective – entre les différents entrepôts dans les différents pays – afin d’imposer des améliorations et plus. Dans l'avenir, Amazon ne doit plus pouvoir jouer avec nous, les uns contre les autres, parce que nous unissons nos forces et établissons des liens à la base, de travailleur à travailleur.

 

Cet échange d’expériences au moyen de rencontres entre travailleurs d’Amazon peut motiver, mobiliser et renforcer l’autonomie des travailleurs à travers les frontières, même de ceux qui ne peuvent pas (encore) y participer. Un exemple est le ralentissement du rythme de travail auto-organisé dans l’entrepôt de Poznan contre les heures supplémentaires, exprimant le mécontentement des travailleurs vis-à-vis de leurs conditions de travail et qui a été aussi un clair geste de solidarité avec la grève des travailleurs d’Amazon en Allemagne, qui a eu lieu le même jour à la fin du mois de juin.

 

Nous sommes aussi déterminés à faire face à la répression menée par Amazon. Des travailleurs d’Amazon en Italie devaient assister à la réunion, mais l’un d’entre eux a été licencié peu de temps avant notre rencontre. Ils ont donc dû rester pour faire face à cette attaque et n’ont pas pu venir. Nous exprimons notre solidarité avec ces travailleurs et nous sommes heureux de savoir qu’ils sont déterminés à participer aux futures rencontres et actions communes.

 

Pour la prochaine rencontre, qui sera annoncée en temps voulu sur https://amworkers.wordpress.com, nous n’invitons pas seulement les travailleurs d’Italie, mais aussi ceux du nouvel entrepôt Amazon qui a ouvert près de Prague (République tchèque) et ceux qui travaillent dans les autres entrepôts d’Amazon dans toute l'Europe.

 

 À Poznan, tous les participants ont réaffirmé leur intention d’organiser de futures luttes communes transfrontalières. C’est seulement si notre combat est organisé par les travailleurs eux-mêmes, enraciné dans chaque entrepôt et coordonné avec les autres, avec une stratégie claire et imprévisible pour Amazon, que nous avons une chance de gagner !

 

Published by La Mouette Enragée - dans Ouvre boîte
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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 22:28

A Air France, riposte contre les licenciements et la répression

Nous vous proposons l'écoute de l'émission de radio "Vive la sociale" dans laquelle interviennent deux employés d’Air France, militants de Sud Aérien qui reviennent sur l’épisode de la chemise déchirée pour nous faire comprendre le contexte de ce que le pouvoir qualifie de « violences inacceptables ».

A écouter ici.

 

La solidarité à Boulogne-sur-mer le samedi 17 octobre

Un rassemblement s’est tenu le samedi 17 octobre au matin dans le centre ville de Boulogne-sur-mer. A l’appel de l’UL Solidaire une dizaine de personnes ont distribué quelques 600 tracts sur fond de sono et avec quelques chemises accrochées au mobilier urbain ...

Le tract distribué est à lire ici.

Le compte rendu établi dans la presse bourgeoise locale est à lire ici.

Le soir, différents tracts ont été distribués lors d’un concert durant lequel des musiciens ont pris la parole pour appeler à la solidarité avec les travailleurs en lutte d’Air France.

 

Voici le tract en solidarité avec les travailleurs d'Air France distribué lors de la manifestation de 8 octobre à Boulogne-sur-mer. N'hésitez pas à faire circuler.

 

Les travailleurs et les travailleuses d’Air France

nous ont montré que la peur peut changer de camp !

 

Tout d’abord nous adressons un grand bravo aux travailleurs et travailleuses d’Air France ! Quelle joie ce fut de voir, ne serait-ce que durant quelques instants, la peur changer de camp. Ceux qui maintiennent des millions d’entre nous, chômeurs ou travailleurs dans l’incertitude du lendemain, qui par leur management criminel en poussent des milliers d’autres à la maladie et au suicide ont ressenti pour la première fois de leur existence l’angoisse dans laquelle ils tiennent du haut de leur pouvoir usurpé celles et ceux qui n’ont que leur force de travail à marchander.

 

Les rapports sociaux de classe s’incarnent bien dans des individus contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire et ces individus ne doivent pas s’étonner de ce qui peut leur arriver quand, soudain, les règles du jeu s’inversent ... Nous ne sommes pas surpris non plus de la réaction des syndicalistes collabos qui à leur tour condamnent l’action des salariés d’Air France alors que pour un certain nombre d’entre-eux la répression s’annonce. Nous ne nous étonnerons guère plus de l’attitude et des déclarations des socialistes, à la botte du MEDEF comme il se doit, quant aux larbins de la presse bourgeoise et des médias ils furent à la hauteur de leur bassesse ordinaire.

 

Solidarité avec les travailleurs et travailleuses d’Air France

 

Groupe Communiste Anarchiste de Boulogne-sur-mer

La Mouette Enragée B.P 403 62206 Boulogne-sur-mer cedex.

lamouette.enragee@wanadoo.fr

 

Tract à télécharger ici.

 

Solidarité avec les salariés d'Air France
Published by La Mouette Enragée
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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 10:08

 Le capitalisme bâtit ses fortunes, à l'instar des petits ruisseaux et grandes rivières, en creusant son lit dans les territoires qu'il traverse, entamant les reliefs jusqu'à l'usure. […] Déjà la fonte de la calotte glaciaire ouvre d'âpres bagarres pour le contrôle du passage du nord-ouest, tout autant que pour les gisements des terres qui vont devenir accessibles. ”  (1)

Ces lignes sont tirées de l'épilogue de l'ouvrage Fortunes de Mer que nous publiions en 2010 aux éditions Acratie.

Le capitalisme n'a pas attendu le dégel et le monde marchand, happé par sa course exponentielle, avance à la techno-machette au Moyen Orient et en Amérique Centrale. Des grands projets toujours encensés lors de leur avènement et assez peu discutés avant et au cours de leur réalisation.

 

Le texte est à télécharger ici.

Suez : le capitalisme double la mise

Ainsi, ce 6 août 2015, Hollande était en bonne place pour l'inauguration du doublement du canal de Suez, plus symboliquement en mémoire de Ferdinand de Lesseps qu'en référence à l'intervention militaire franco-britannique de 1956 contre la nationalisation du canal par Nasser. Trois Rafales et une frégate auront entériné l'a(r)mitié dûment contractualisée entre la France et l'Egypte. L'ensemble de la presse a déjà fait état de la cérémonie, des chiffres et des déclarations relatives à ce projet (forcément!) “pharaonique”.

On peut d'emblée se poser la question de l'achèvement à marche forcée - l'inauguration était initialement prévue en 2017 - et des conséquences pour les ouvriers du chantier et la population locale. Pour les délais, la réponse est simple : il ne s'agit que de la concurrence en économie de marché basique; une tentative de rogner sur le canal de Panama avant le... doublement de ce dernier, en profitant de la capacité actuelle de Suez à accueillir les cargos géants. Aussi le chantier a-t-il fonctionné jour et nuit, augmentant les risques et contraignant la main d'œuvre à des conditions de travail extrêmes. Officiellement, on compte trois morts en septembre 2014 (contre 100 000 lors de la percée du premier canal !) et le nombre de blessés reste inconnu. Des milliers d'habitants ont reçu un avis d'expulsion dix jours seulement avant la démolition de leur maison et de leurs champs et ne reçurent aucune compensation. (2) Malgré les déclarations officielles, le peuple Égyptien a commencé à subir avant même de pouvoir profiter (3) des retombées de l'opération.

Autre motif à la nécessité de faire fissa : la situation intérieure décourage le touriste, première ressource jusqu'alors de l'Égypte.

Car, au-delà de ces enjeux économiques évidents, des problèmes intérieurs, stratégiques et géopolitiques dominent en la circonstance les choix politiques du militaire Al Sissi. La menace du groupe islamiste du Sinaï est omniprésente; un tir de roquette sur une frégate qui naviguait à proximité de la côte. Aussi le canal sera-t-il un point crucial surmilitarisé - à l'instar des eaux somaliennes quand les actes de piraterie étaient réguliers - et l'“État islamiste “a menacé d'exécuter un otage croate travaillant pour une compagnie française. Le canal et toutes les infrastructures du pays, comme l'État et la population sont sous le contrôle direct de l'armée. Sur le plan intérieur, le projet aura également permis de rassurer et d'obtenir l'adhésion des “simples citoyens”, vraisemblablement en partie des classes moyennes (le salaire minimum des Égyptiens est de 120 euros; plus de la moitié des jeunes “vit” avec environ deux dollars par jour). De nombreux petits porteurs se sont rendus dans les banques, incités par les médias, pour acheter les certificats d’investissement. Les 6 milliards d’euros nécessaires ont été trouvés en dix jours. La propagande patriotique, la main de fer du pouvoir militaire et l'absence d'information ne permet pas de dire si quelque type de résistance a pu se produire.

Un petit rappel historique est ici nécessaire : démarré sous Moubarak, le chantier n'a évidemment pas échappé à la “Révolution” et quelques 6 000 ouvriers se mirent en grève dans les arsenaux de Port-Saïd, à l’entrée nord du canal de Suez, ainsi que chez plusieurs sociétés privées travaillant sur cet axe stratégique du commerce mondial, pour de meilleures conditions de travail et un meilleur salaire, ainsi que la démission du directeur opérationnel du canal. La grève coûtera environ 200 millions d’euros au gouvernement en manque à gagner - si la circulation est toujours ouverte sur le canal, (4) une autorité militaire spéciale est en charge de sa sécurité (ainsi que de l'oléoduc Sumed) - et l'Asie comme l'Occident commencent à s'inquiéter des conséquences sur le trafic et le prix des hydrocarbures. Des navires US seront même envoyés sur zone.

Aujourd'hui, l'opération de doublement du canal de Suez est donc vouée à conforter le pouvoir d'Al Sissi, à générer du profit et à renforcer ses liens militaires et économiques avec l'Occident. Le tout sur fond de paternalisme et de sentiment nationaliste, prétextes à élimination de toute forme d'opposition - amalgame oblige - avec le soutien bienveillant et les intérêts bien compris des États et compagnies occidentaux.

Rien ne vaut le béton et les dollars pour camoufler une “instabilité politique” mâtinée de totalitarisme.

 

Mon canal au Panama

L'élargissement du canal de Panama repose logiquement sur des considérations du même ordre : une nécessité d'augmenter le passage du Pacifique à l'Atlantique pour répondre aux besoins des pays producteurs asiatiques de faire circuler leurs porte-conteneurs et supertankers, dont le gigantisme ne cesse de croître. (5) les travaux démarrent donc en 2007 et devaient s'achever en 2014. Le 23 avril 2014. Le syndicat de la construction, Suntracs, réclame des augmentations de salaires de 20%, considérées comme excessives par les entrepreneurs. 

Mais, à la différence de l'Égypte, la situation politique du Panama reste sûre puisque finlandisée par les États-Unis. (6) Les travailleurs du chantier panaméen moins soumis au “patriotisme”, ont, dès 2012 obtenu par la grève une augmentation de 12 (pour le personnel non qualifiés) à 15% (pour les OQ) et obtenu le paiement d'arriérés de salaires ainsi que des heures sup' (7), ce qui avait représenté selon l'Autorité du canal de Panama un surcoût de 35 millions de dollars.

Aussi, le chantier panaméen est assujetti au jeu des intérêts multiples propre aux accords entre groupes capitalistes.

Si une partie des retards est comme de juste imputée aux grévistes, les économies classiques propres au BTP ont pesé : Une partie du retard accusé est due à une querelle sur la qualité du ciment que le consortium prévoyait d'utiliser, de mauvaise qualité (pour la construction d'écluses) selon l'autorité du canal. C'est un conflit financier entre l’ACP et le consortium chargé des travaux, Groupe Unis pour le canal (GUPC) (8), qui avait ralenti puis arrêté le chantier pendant deux semaines, tant que le surcoût estimé à 1,2 milliards d'euros ne lui serait pas alloués. 

Une fois encore, la lutte interne entre entités capitalistes aura généré chaos économique et attaques contre les salariés. Démontrant pour le coup les motivations à se lancer dans de grands projets aux bénéfices matériel et politique à sens unique.

 

Nicaragua, Nicaragüita (9)

Le Nicaragua rêve éveillé de son canal depuis l'arrivée des conquistadors afin d'éviter le Cap Horn. Nous n'entrerons pas dans sa longue et tumultueuse histoire, (10) mais le projet actuel n'est pas le simple fruit d'une volonté de concurrence avec le canal de Panama, même si celle-ci est réelle.

Les options politiques actuelles du président Ortega , ouvertement débarrassé de son passé révolutionnaire marxiste-léniniste - un de ses candidat a à la vice-présidence était un ex Contras - cherchent à donner une image plus présentable de son parti ( le Fsln : Front sandiniste de libération nationale), allant jusqu'à s'allier aux chrétiens les plus radicaux.

Ortega, d'abord opposé au projet s'est plié à la “réal-économie”, le Nicaragua étant l'un des pays les plus pauvres du monde. Mais l'antagonisme avec les États-Unis demeure; le projet de construction du Grand canal du Nicaragua n’a fait l’objet d’aucun appel d’offres international. Le gouvernement nicaraguayen se tourne alors vers l'encore prometteuse République populaire de Chine, et la gestion du projet est confiée pour une centaine d’années au consortium “Hong Kong Nicaragua Development Group”, dirigé par un multimilliardaire chinois - personne ne sait qui est derrière ce consortium chinois, qui sont les investisseurs publics ou privés, et même si ce projet est viable -. L’accord, comme le stipule le site de HKND “accorde les droits exclusifs au Groupe HKND pour planifier, concevoir, construire et ensuite pour exploiter et gérer le Grand Canal du Nicaragua et d'autres projets connexes, y compris les ports, une zone de libre-échange, un aéroport international et d'autres projets d’infrastructures”. Le projet est estimé à 50 milliards de dollars. HKND qui investira cette somme a obtenu du gouvernement nicaraguayen une concession de 50 ans, renouvelable une fois. Ça c'est du PPP ! (ndla)

Concernant l’exploitation du canal, le contrat stipule également que HKND versera 10 millions de dollars par an pendant dix ans à l’État et lui cédera 1 % des revenus du canal, mais que HKND conservera le droit de vendre sa participation du Canal à qui elle l’entend. - et donc à quelqu'ennemi héréditaire -; les tarifs de passage seront à la discrétion du concessionnaire.

Par ailleurs, Le chantier menace de déplacer 30 000 paysans et indigènes ramas et nahuas qui vivent sur le tracé.


C'est pourquoi cet énorme chantier, censé faire la fortune du pays et le bonheur du peuple, soulève de très vives réactions et de nombreux mouvements de contestation. Une cinquantaine depuis l'ouverture du chantier. Celle du 13 juin dernier à Juigalpa, une ville du centre du pays, aurait rassemblé plus de 15 000 participants (chiffre non confirmé par les autorités) pour exiger l’arrêt immédiat des travaux, accusant le président Ortega de “vendre la patrie”, de détruire l’environnement, et demandant le départ des Chinois impliqués dans ce projet. (11)

La durée du mandat étant généralement de cinq ans en Chine et Li Jinping ayant été élu en 2013, on ne sait s'il paradera à l'ouverture du canal nicaraguayen en 2020...

 

We dig a port, cavamos un puerto... Nous aussi, creusons un port !

Il suffit de regarder une mappemonde et d'être un consommateur un minimum informé pour comprendre que les enjeux colossaux du trafic maritime sont primordiaux pour la France, qu'on sait portée sur les “Grands projets”. Pour le coup c'est à quelque 4200 miles à l'ouest que l'hexagone se jette à l'eau pour sauter dans le train des grands canaux : à la Guadeloupe évidemment ! Et de s'agiter dès février 2014...

En effet, l'ouverture proche du canal de Panama élargi et, plus hypothétique, de celui du Nicaragua ont déjà ébranlé la machinerie du BTP à la Jamaïque et à Cuba.

À la Jamaïque, c'est au consortium CMA CGM et Terminal link (12) qu' a été confié le chantier d'élargissement du terminal conteneur de Kingston. La concession, d’une durée de 30 ans, va voir le nouveau gestionnaire investir pour développer les capacités du terminal. En plus des infrastructures et de l’outillage, d’importants travaux de dragage sont prévus dans le chenal d’accès au port de Kingston et dans le bassin bordant le KCT (Kingston containers terminal).

À Cuba, la fin de l'embargo et la promesse de reprise des échanges avec les USA suffisent à entreprendre la construction d'un “Méga Hub” à 45 km à l'ouest de La Havane. L’aménagement de ce port est le fruit d’une collaboration entre le Brésil (groupe Odebrecht ) et Cuba. Si le gouvernement castriste dénie tout concours implicite des États-Unis , “ en 2009 déjà, dans une des notes confidentielles dévoilées par Wikileaks, le chargé d’affaires américain à Brasilia transmettait à Washington l’insistance des Brésiliens à voir reprendre ces relations interrompues il y a cinquante ans. "Leur projet d’aider Cuba à construire un port en eaux profondes à Mariel n’a de sens que si Cuba et les États-Unis développent une relation commerciale."”. C'était donc forcément par voie de mer que Cuba devait réintégrer le marché mondial en “s'adaptant” comme il se doit : pour attirer les investissements étrangers , la zone franche est dotée de règles spécifiques, avec une loi spécialement adoptée pour les faciliter, des me­sures spécifiques en matière d’imposition ou encore de réglementation du travail. (13)

Et il est à prévoir une ruée sur l'eau dans toute la caraïbe, dès lors qu'un port en eaux profondes est avéré dragable et les plates-formes extensibles (les ports mexicains de Lázaro Cárdenas et Manzanillo ou encore Cartagena en Colombie par exemple)...

La France, donc, se dotera de son hub à Jarry en Guadeloupe - tout en concédant l'aménagement de la Pointe aux Grives en Martinique ! (14) -. Là encore les travaux dragage se font jour et nuit, 7 jours sur 7. Les “gens de mer” et au premier rang les pêcheurs locaux sont entrés d'emblée en contestation. Leur crainte première : la pollution générée par les 7 millions de mètres cubes à draguer dont seuls 630 000 m³ doivent être réutilisés en remblai, tout le reste devant être « clapé », autrement dit rejeté en mer à 10 kilomètres de la côte (15). À peine consultés - “c’est en catimini et en plein carnaval (février mars 2013) que l’État a lancé une consultation publique autour du projet de grand port de Guadeloupe” - les pêcheurs ne se considèrent en rien représentés : “Le fameux comité de pilotage (qui ne s’est jamais réuni) ne regroupe quasiment que des structures contrôlées par les services de l’État qui ne représentent guère les intérêts des travailleurs, ni ceux du Peuple ni ceux de la Guadeloupe”.(16) Les pêcheurs dénoncent une volonté de faire de la Guadeloupe une zone franche sans droit des travailleurs, sans production locale ; une véritable colonie de consommation. Ils craignent donc leur disparition pure et simple ! Seules promesses annoncées pour l'heure : dédommagements et attention accrues sur les risques sanitaires et environnementaux. Avec ça...

 

Environronnement...

C'est un grand classique des grands projets : exploitation de la main d'œuvre plus ou moins dure selon le degré de résistance des travailleurs et du “Droits-de-l'Hommisme” des États ainsi que de leurs partenaires privés, déplacements de population, répression des opposants... Et toujours beaucoup d'argent pour fluidifier les relations.

Côté écologique : pollution, menaces d'extinction d'espèces, destructions de sites, au mieux artificialisation des biotopes... En l’occurrence mangroves, massifs coralliens et plaines herbacées marines seront au mieux “observées” voir déplacées (!), sans compter les dérèglements biologiques irréversibles que les espèces intrusives favorisent par la mise en communication de deux mers ou océans. S'ajoute le problème irrémédiable de la salinisation de la principale source d'eau douce d'Amérique latine : le lac Cocibolca.

Soyons rassurés : la course au gigantisme des profits et des structures qui les permettent seront à coup sûr tempérés par la COP21 autant que le nucléaire lors du Grenelle de l'environnement.

Et les mêmes novateurs éclairés paraderont en costard sous les flash au gré des inaugurations jusqu'en 2020. Et ils mettront une doudoune pour l'ouverture du passage du Nord-Ouest. Ça viendra vite.

 

GCA La Mouette enragée

Boulogne sur Mer, le 14 septembre 2015

 

 

Notes

  1. Voir l'article de l'université de Laval sur les risques sociaux et environnementaux dans l'Arctique : http://archives.contact.ulaval.ca/articles/passage-ouvert-contestation-184.html

  2. lire intégralement l'article de Séverinne Evanno sur http://orientxxi.info/magazine/egypte-canal-de-suez-encore-un,0727

  3. Le canal n’a été fermé qu’à deux reprises : en 1956-57 et en entre 1967 et 1975.

  4. Le nouveau canal de Suez, principale voie de transit pour le commerce maritime mondial pourrait bientôt rapporter 13,2 milliards de dollars de droit de passage. L'estimation des autorités égyptiennes se base sur l'augmentation attendue du trafic sur le canal.

  5. L’élargissement du canal de Panama permettra le passage de navires transportant jusqu'à 12 000 conteneurs, soit le double de la charge actuelle. Parallèlement, déjà saturé, le passage augmenterait de 3% par an jusqu'en 2025.

  6. Les États-Unis ont mené la construction du canal de Panama, sur lequel ils se sont arrogés une concession léonine à partir de son inauguration en 1914 jusqu'à sa rétrocession en 1999. Un accord leur permet encore aujourd'hui d'intervenir si la neutralité de la voie est menacée. Pour rappel, l'intervention militaire US en 1989 pour destituer l'ancien agent de la CIA Norirga alors au pouvoir et devenant encombrant. Détail notable : “Le 29 décembre 1989 l'Assemblée générale des Nations unies a adopté, par 75 voix contre 20 et 40 abstentions, une résolution condamnant l'intervention militaire des États-Unis au Panama. Sept jours plus tôt, le 22 décembre 1989, l'Organisation des États américains (OEA) a, elle aussi, condamné  l'opération « Just Cause ». Par une autre résolution, l'OAE a condamné la violation de l'immunité diplomatique des locaux de l'ambassade de Nicaragua à Panama-City. Cependant, il n'y a eu aucune résolution à caractère contraignant. Plusieurs jours d'âpres débats au Conseil de sécurité des Nations unis n'ont abouti à rien : la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont utilisé leur droit de veto en estimant que 35 000 soldats américains déployés dans la zone du canal du Panama.” Source : http://fr.sputniknews.com/french.ruvr.ru/radio_broadcast/54259610/64183725/

  7. «Les travaux sont totalement paralysés, tant du côté Pacifique que du côté Atlantique», a déclaré à l'AFP Saul Mendez, secrétaire général de l'Union nationale des travailleurs du secteur de la construction admet ( Si,si!) le site http://www.batiactu.com le 1è janvier 2O12.

  8. Le consortium international (GUPC) conduit par le géant du BTP espagnol Sacyr, également composé de la firme italienne Impregilo, de la belge Jan de Nul et de la panaméenne Constructora Urbana. Source : http://geopolis.francetvinfo.fr/panama-lelargissement-du-canal-centenaire-subit-des-retards-34597

  9. Nicaragua, Nicaragüita est certainement la chanson la plus connue du Nicaragua. créée par Carlos Arturo Mejía Godoy, membre de la première période sandiniste, après l’insurrection de 1979. Elle est un hymne à la liberté datant de cette période et, parallèlement, fait référence au Diriangen, un chef indien qui a lutté contre les conquistadores espagnols.

  10. Sommaire historique (politique intérieure récente) : Anastasio Somoza est l'homme fort du Nicaragua sur lequel il règne de façon autoritaire de 1936 à 1956. Ses fils Luis et Anastasio lui succèdent avant que les rebelles du Front sandiniste de libération (FSL), qui dénoncent la corruption du régime, ne s'emparent du pouvoir à la fin des années 1970. L'adoption d'un modèle de développement socialiste, en pleine crise économique, s'avère difficile. De plus, le sandiniste Daniel Ortega, qui est élu à la présidence, doit composer avec une guérilla armée qui reçoit l'appui des États-Unis. Des négociations permettront d'apaiser les tensions et, éventuellement, de mettre fin au conflit. La victoire de l'opposition dirigée par une femme, Violeta Chamorro, lors des élections de 1990, précède un virage vers le libéralisme économique qui ne suffit toutefois pas à résoudre tous les problèmes du pays. Malgré une plus grande stabilité politique, le Nicaragua demeure un des pays les plus pauvres des Amériques, une situation avec laquelle Ortega, qui n'adhère plus au marxisme, doit composer à son retour au pouvoir, en 2006.

Source : http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMHistoriquePays?codePays=NIC

  1. Infos largement puisées dans : http://www.rfi.fr/hebdo/20150626-nicaragua-grand-canal-chinois-amerique-centrale-social-environnemen

  2. le Groupe CMA CGM possède deux opérateurs portuaires : Terminal Link et CMA Terminals, formé de CMA CGM (60%) et Terminal Link (40%), société détenue à 51% par l’armateur français et à 49% par China Merchant Holdings International. CMA CGM fournit son expertise dans les terminaux pour un service optimum, Terminal Link, est un opérateur portuaire qui grandit grâce à une stratégie de développement consistant à : Fournir des terminaux avec un service de haute qualité pour chaque compagnie de transport maritime ; Optimiser la valeur financière et la profitabilité de chaque terminal ; Maintenir un portefeuille client diversifié.

  3. Détail dans http://www.meretmarine.com/fr/content/cma-cgm-fait-de-kingston-son-hub-dans-les-caraibes

  4. Jean-Rémy Villageois estime que le Grand Port maritime de La Martinique et celui de la Guadeloupe ont tout intérêt à établir des relations de coopération. "On ne sera plus en attitude d'observation l'un vis-à-vis de l'autre", décrit-il. Il indique qu'en attendant que le décret de création d'un conseil interportuaire, soit publié, les partenaires peuvent commencer à travailler. http://www.lantenne.com/Deux-des-trois-volets-de-la-reforme-en-place-enMartinique_a8683.html Réaction de Ségolène Royal : « C’est quand même curieux, cet argent engagé en même temps sur les deux ports, ces dégâts environnementaux… Les transporteurs risquent de faire jouer la concurrence. Et l’a-t-elle accepté de cofinancer deux fois ? », ( Sur la première tranche de travaux de Jarry évaluée à 87,7 millions d’euros, jusqu’en 2016, l’Europe apporte 18,7 millions.
    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/03/07/en-guadeloupe-conteneurs-contre-pecheurs_4589299_3244.html#XZz92T4E4q3saw0q.99

  5. Source : http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/03/07/en-guadeloupe-conteneurs-contre-pecheurs_4589299_3244.html

  6. Lire le courrier adressé à François Hollande par le LKP le 9 février 2015 sur http://ugtg.org/article_2188.html

 

 
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