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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 12:10

Passé largement inaperçu, le mois d'octobre 2011 a été agité dans les établissements scolaires, alors que le climat social en général était morose. Pendant plus de trois semaines, des blocages et des manifestions ont réuni des lycéens mais aussi des collégiens pour protéger leurs vacances, entre autres. Mais la défense des vacances scolaires n'est qu'un symptôme. Celui d'un malaise de la jeunesse dans l'école, plus particulièrement le malaise d'une partie de la jeunesse déclassée (la plupart du temps dans la voie professionnelle) pour laquelle l'école n'est que le reflet de l'échec.

A Boulogne, c'est au collège Langevin que l'étincelle prend. Un peu avant 8 heures, quelques collégiens (une vingtaine) mettent le feu à des sacs poubelles récupérés dans la rue Aristide Briand ainsi qu'à quelques copies et cahiers devant la grille d’entrée du collège. Mais le mini-incendie est très vite maîtrisé par les pompiers et les quelques incendiaires sont poursuivis par la police. Très vite, la situation revient à la « normale ». La contestation est tuée dans l’œuf, le collège Langevin est le seul réellement touché, rien ne vient des bastions boulonnais traditionnels que sont les lycées. Tout juste circulent sur les téléphones portables quelques messages de blocage mais sans effet concret.
Ailleurs dans la région, ce sont surtout les lycéens qui se mobilisent car on leur reconnaît plus facilement le droit de protester. Le bassin minier est particulièrement mobilisé avec des records de mobilisation à Lens (600 manifestants), Béthune (350 manifestants) et Arras (250 manifestants). Le rectorat estime à vingt le nombre de lycées touchés avec une majorité de lycées professionnels à l'image du lycée professionnel d'Etaples (LP Jules Verne) où il y a 50 manifestants. Les chiffres restent modestes mais témoignent de la spontanéité du mouvement.

 

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Cartographie du mouvement des lycéens et des collégiens faite par la Voix du nord.

Outre la belle infographie, nous sommes déjà dans la décrédibilisation et la criminalisation du mouvement. L'accent est mis sur les dégradations (que la presse déplore tout naturellement) et on a franchement l'impression que la région est en guerre.

 

 

Justement les lycées professionnels sont les foyers principaux de cette contestation qui ne touche pas seulement l'académie de Lille. Des actions sont aussi menées un peu partout comme en Isère, en Haute-Saône (Vesoul), en Champagne-Ardenne, à Amiens. Les heurts les plus violents ont lieu en région parisienne, au lycée du Chesnay dans les Yvelines, dans une ville de la banlieue chic de Paris où les antagonismes de classe sont importants entre la majorité aisée de la population et la population plus  pauvre du lycée professionnel Jean Moulin. Les élèves refusent d'aller en cours tandis que des voitures sont retournées et incendiées.

« Ni leader ni mot d'ordre »

L'expression est empruntée à  l'édition locale de la Voix du Nord, mais le mot d'ordre se retrouve  dans tous les autres médias qui parlent d'un mouvement totalement « infondé » qui repose sur la rumeur. En effet, le mouvement surprend tout le monde et en premier lieu les syndicats lycéens (essentiellement UNL et la FIDL) qui n'étaient pas au courant des actions menées et qui sur place vont, disent-ils, à la pêche aux informations. A noter que les syndicats lycéens sont surtout implantés dans les lycées généraux or ce sont surtout des lycées professionnels qui se mobilisent.
A la base de la contestation, une information selon laquelle l'éducation nationale supprimerait un mois de vacances scolaires en août. Le rectorat tient alors un double discours. Il nie tout d'abord les informations avancées par les jeunes. Puis il finit par reconnaître qu’un rapport du comité de pilotage sur les rythmes scolaires propose de raccourcir de deux semaines les vacances d'été mais dit-il « le ministère n'a pris pour l'heure aucune décision ». On le voit, le mouvement de colère n'est pas aussi infondé que veulent le faire croire les médias.
En face, il y a des jeunes issus des classes populaires qui veulent garder un acquis symbolique que sont les vacances en réaction à une école dans laquelle ils ne voient aucun avenir et dans laquelle ils s'ennuient fermement. Le refus est d'autant plus ferme qu'ils ne veulent pas passer  une minute de plus dans l'encadrement scolaire. Bien sûr à chaud, il n'y a pas forcément de discours construit et intellectualisé car nous sommes dans le domaine du vécu et de la contestation en acte plus qu'en discours. Il est alors facile de faire passer la contestation pour un acte de vandalisme surtout qu'il s'agit d'une catégorie particulièrement visée par la politique sécuritaire de l'état, celle des jeunes des classes populaires. C'est la voie royale pour la répression !
Dans la rue, la police réprime sévèrement les supposés « casseurs », terme quasi générique pour désigner un jeune en révolte. Cet acharnement n'est pas nouveau, il faut se rappeler pour ça des arrestations massives de jeunes qui ont eu lieu notamment dans le centre de Lyon pendant le mouvement des retraites d'octobre 2010, sur la place Bellecour (19 octobre 2010). Rappelons nous aussi de la lutte anti-CPE en 2006 où il y a eu aussi de nombreuses arrestations et des condamnations à la prison ferme. Il reste un compte à régler entre la jeunesse et la police.
Dans ce qui nous concerne, la police a opéré à de nombreuses interpellations suite à des outrages et à des incidents (vols, projectiles). Dans la région, notons une quinzaine d'interpellations à Arras où comme le dit la Voix du Nord « des jeunes, porteurs de capuche sur la tête ou d'écharpe sur une partie du visage, ont été interpellés. Même traitement pour les plus énervés du lot ». Même chose à Lens avec 6 interpellations mais aussi des gardes à vue. Les jeunes n'ont qu'à bien se tenir et bien s'habiller car gare aux capuches et autres écharpes depuis la loi anticagoule (votée en 2009).
Répression et intimidation sont aussi les lots de l'institution scolaire. A Boulogne, une plainte a été déposée à la brigade des mineurs. Ces dépôts de plainte sont fréquents dans un collège ou un lycée mais, par cette procédure, on évacue toute lecture collective et sociale d'une action. C'est tellement plus facile de voir dans un mouvement de jeunes de la simple délinquance plutôt que d'y voir une tentative d'organisation collective même si celle ci est, de fait, maladroite et violente. S'agissant de l'intimidation, l'institution scolaire a su mettre à profit le développement des outils de communication.

Les suites : l'encadrement du mouvement et la perte de dynamique

Lundi 3 octobre : le Sud Ouest est un foyer de contestation. Blocage des lycées à Pau (lycée professionnel Baradat et le lycée Saint-John-Perse)
Jeudi 6 octobre : les lycées généraux se mobilisent, notamment à Paris. 300 lycéens font une manifestation Bastille-Nation mais déjà le mouvement perd de sa spontanéité. Les syndicats lycéens (surtout UNL et FIDL) sont aux commandes et rattachent leurs revendications aux revendications des professeurs (suppressions de postes, sur effectif des classes). Il n'est plus question de la filière professionnelle qui ne compte quasiment pas de syndiqués1
Mardi 11 octobre : Journée nationale de manifestation contre la politique d'austérité. Les jeunes y participent. Selon les syndicats, « dans toute la France, au total, 9500 lycéens ont défilé et 125 lycées ont été bloqués ou étaient le théâtre d'assemblées générales ». Sur le terrain, blocages et manifestations se font surtout dans les grandes villes comme à Paris, Toulouse, La Rochelle, Lille. Toutes les organisations rejoignent l'intersyndicale. La lutte de terrain est définitivement abandonnée, en réalité elle ne s'est jamais vraiment structurée.
Avec l'approche des vacances, faiblissement général. Les lycées professionnels à la base du mouvement ne sont plus mobilisés car sévèrement réprimés dès le début. A la suite du 11 octobre, quelques actions sont menées mais sans réelle perspective comme le blocage improvisé du lycée Baggio (à majorité technique et professionnelle) le jeudi 20 octobre, qui rassemble tout de même 150 lycéens. La police disperse les jeunes.

La révolte 2.0 : Police = 2 / Jeunes : 0

Au cours de cette contestation du mois d'octobre, les nouvelles technologies ont eu une grande importance dans la mobilisation et l'organisation des actions. Les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, MSN) ont permis de faire circuler largement et rapidement les mots d'ordre.
Néanmoins la rapidité et la spontanéité de ces nouveaux moyens de communication ont desservi la mobilisation des jeunes et l'efficacité de leur action :
Tout d'abord, cette rapidité de circulation de l'information a renforcé l'idée qu'il s'agissait d'une rumeur infondée, ce qui a fait les choux gras de la presse et des pouvoirs publics. Sur les SMS et les mails, ne circulaient que les mots d'ordre de blocage avec la revendication principale mais rien sur les possibles discussions (cette fois-ci bien réelles), les autres malaises rencontrés en classe et les modalités d'organisation.
Cette forme de communication s'avère être une formidable arme de renseignement. Sur les réseaux sociaux, il existe des faux comptes d'utilisateurs, des taupes mis en place par l'administration pour repérer les mots d'ordre divers qui peuvent circuler entre les élèves. L'administration était au courant des mobilisations, par exemple à Boulogne où policiers et pompiers étaient déjà sur place avant même le début du mini-blocage, vendredi 30 septembre. Au final, être derrière un ordinateur est beaucoup moins anonyme et discret que de discuter dans la rue.
Rappelons que la surenchère de communication marche aussi dans l'autre sens, c'est à dire à destination des parents d'élèves qui reçoivent les démentis d'actions que les jeunes veulent organiser et l'injonction par la direction d'emmener leur enfant en classe. Cette nouvelle communication des établissements scolaires a été testée à grande échelle lors du mois d'octobre 2010, pendant le mouvement des retraites et depuis elle est incessante. Désormais, pour la moindre absence, un SMS est envoyé sur le portable des parents, plus rien n'échappe à la surveillance.

Les filières professionnelles en avant poste

Même si la mobilisation des collégiens et des lycéens n'a abouti à rien, elle est révélatrice d'un  climat latent qui règne entre la jeunesse et l'état (et donc l'école) mais pas n'importe quelle jeunesse, la jeunesse déclassée économiquement (via leur origine sociale) et intellectuellement car il s'agit d'une jeunesse en échec scolaire.
Ce n'est pas pour rien que la mobilisation a commencé dans les lycées professionnels et à Boulogne dans l'établissement scolaire le plus ghettoïsé de l'agglomération (le collège Langevin). Les jeunes concernés ont cette conscience et surtout ce vécu d'appartenir à un groupe défavorisé et délaissé par l'école et la société toute entière. Malgré les discours encore prégnants sur une école qui donnerait sa chance à tout le monde grâce au collège unique et à la méritocratie individuelle, l'école n'a jamais été émancipatrice pour les classes populaires. Pire, l'école dans son mouvement historique (depuis Jules Ferry) de démocratisation s'avère être le lieu du tri social et de la ségrégation. Des études récentes2 montrent qu'un enfant d'origine populaire a 7,6 fois plus de « chances » de demander une orientation professionnelle que les autres milieux (classes moyenne et privilégiée).
Deux grands processus sont à l’œuvre. Tout d'abord, un processus interne au milieu social d'origine qui fait ses choix et raisonne en fonction de son environnement immédiat. Bien souvent celui des quartiers prolétarisés où l'école n'a jamais été un atout pour trouver un travail : ce sont d'autres réseaux à l’œuvre. D'autre part, il y a un processus interne à l'école qui dès le collège met en place des relégations comme les sections spécialisées type SEGPA ou les redoublements qui découragent plus qu'ils ne motivent les jeunes en échec scolaire. En effet, on observe de moins en moins de mixité sociale dans ces filières, ce qui renforce le sentiment d'appartenance à une culture anti-école avec ses propres règles : dénoncer les fayots, résister au savoir non-technique, etc. Au final, la plupart de ces jeunes sont relégués dans les filières professionnelles qui tendent à se prolétariser.

La filière générale : des attentes différentes

Avec l'arrivée des lycées généraux dans la contestation, les modalités d'actions ont été totalement bouleversées : place à la négociation et au lissage des actions, on rentre finalement dans un cadre contestataire traditionnel (blocage, manifestation, négociation via les syndicats pour finalement finir dans une intersyndicale illusoire). Dans les discours, les élèves de la filière générale réclamaient plus de moyens, « on ne veut plus de classe à 35 élèves ». Pas sûr que les élèves de la filière professionnelle aient les mêmes attentes. Eux voulaient avant tout protéger un acquis, celui des vacances comme le font leurs parents travailleurs quand ils font grève pour les retraites.

En classe, une lutte des classes

Malgré le discours ambiant de démocratisation de l'école et de méritocratie (seulement valable pour les classes moyennes et supérieures), l'institution scolaire entretient des antagonismes de classe car celle-ci est avant tout bourgeoise de par le savoir et les références qu'elle veut diffuser. Dans son sein, une partie de la jeunesse entre en résistance frontale avec l'institution. Cela donne des colères épisodiques comme lors du mouvement d'octobre 2011. En classe, cela se manifeste par une résistance au professeur et au savoir qu'il veut inculquer. De fait, une culture anti-école s'entretient dans ces milieux sociaux.

 

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Mais l'école tend à sortir vainqueur de cette lutte interne car le tri social est finalement effectué à force de résignation de la part des élèves en « échec » par rapport à l'institution scolaire. C'est ce que montre le sociologue anglais Paul Willis3 : une contradiction fondamentale persiste. Les enfants des « classes défavorisées » en échec et rétifs dans et à l'institution scolaire finissent par faire advenir un futur que d'autres avaient conçu pour eux. Ils s’accommodent au non choix qu'on leur donne, en fait c'est leur culture de s’accommoder de la situation (à l'école ou en entreprise). D'eux mêmes, ces élèves finissent par manquer d'ambition scolaire et expriment un « refus du risque de l'espoir ».

 

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1 - Victor Colombani, président de l'UNL déclare : " Pour tous les lycéens, c'est la pire rentrée de notre vie, que ce soit dans les meilleurs lycées ou dans les pires ". Mais, est-il le meilleur représentant des « pires » lycées ?
2 - voir l'article de Ugo Palheta « Destins des jeunes d'origine populaire dans l'école massifiée » dans la revue Agone, Apprendre le travail, 2011
3 - Cf revue Agone, Apprendre le travail, 2011. Le langage utilisé entre guillemets est celui de la sociologie universitaire

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 10:41

Ni dieu ni maître


9782707166906FSDaniel Guérin

 

     La première partie de cette anthologie présente le travail théorique des anarchistes du XIXe siècle à travers des textes de Stirner, Proudhon, Bakounine, Guillaume et Kropotkine. La seconde, plus historique, dresse le portrait des grandes figures du mouvement à la fin du XIXe siècle et au XXe siècle : Malatesta, Henry, Pelloutier, Voline, Makhno, Durruti. Elle met en lumière le rôle intellectuel et politique des anarchistes pendant la révolution russe et la guerre d'Espagne.

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 10:45

Articles politiques. Errico Malatesta.  

Malatesta-copie-1.jpgErrico Malatesta.Ed.10/18.

Face aux échecs du syndicalisme et du mouvement ouvrier, depuis la révolution de 1917 jusqu’au réformisme quotidien, la vision fulgurante du syndicalisme, son analyse dès 1907, par Malatesta, ne peuvent qu’éclairer notre action personnelle. La lutte des classes n’est pas une panacée, elle est  contradictoire. Etre prolétaire n’est pas forcément avoir un brevet de révolutionnaire. Niant les mythes simplistes, Malatesta invite à la réflexion, à l’action parmi les salariés, tout en sachant les déviations inévitables qu’elle comporte. (Israël Renof).

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 09:12

 

A l-assaut du cielSteve Wright. Ed. Senonevero.

 

L’opéraïsme est un courant marxiste radical qui s’est développé dans l’Italie des années 1960 et 1970, comme tentative de confronter la théorie générale du Capital avec « l’étude réelle de l’usine réelle ». En rapportant le comportement de lutte actuel de la classe ouvrière à sa structure matérielle actuelle dans le rapport d’exploitation, le but des théoriciens opéraïstes était de comprendre « les nouvelles formes d’action indépendante de la classe ouvrière ». Le livre fort bien documenté de Steve Wright raconte l’histoire de ce courant, nourri de toutes les luttes de l’époque, et s’efforce d’apprécier son apport dans le contexte des récentes mobilisations « contre le capital global »

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 18:38

 

    Après leur mouvement de janvier 2011, la majorité des personnels des ambulances Dhuime ont repris la lutte contre la famille qui les emploie. Les concessions basiques en terme de conditions de travail relatives aux espaces et casiers ont fini par être consenties et aménagées. En revanche les conditions de travail relatives aux horaires et d'ordre organisationnel sont restées du seul bon vouloir des patrons, en totale négation des accords pourtant entérinés il y a un an. S'ajoutent maintenant la dégradation des revenus ; les ambulanciers sont aussi des consommateurs. Un nouveau pan revendicatif est donc ouvert quant aux salaires. Ce sont en janvier 2012, 70% des personnels qui se mettent en grève. La victoire (historique pour le coup) des ambulanciers du Boulonnais est exemplaire face à un patronat localement connu pour son sentiment de toute puissance.


     Il n'est donc pas de patron invincible dès lors que l'union annihile l'intimidation. Belle leçon...

 

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Pour rappel, les ambulanciers de Dhuime s'étaient déjà mis en grève,  l'année dernière. Voir cet article (cliquez sur le lien) pour plus d'informations sur l'entreprise et les conditions de travail

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 13:14

les anarchisters russes ..

Alexandre Skirda. Ed. Editions de paris.

 

Si l'effondrement spectaculaire de l'URSS en 1991 a surpris la plupart des observateurs, nombreux sont ceux qui restent impuissants à comprendre comment un régime né des aspirations libertaires de la révolution russe de 1917, qui incarna, un moment, les espoirs séculaires des peuples, a pu se transformer en un univers d'oppression tel que le monde n'en avait encore jamais connu.

 

L'auteur explique le processus en mettant en perspective l'histoire millénaire du pays, non point à travers les dynasties régnantes, mais par l'étude inédite des institutions démocratiques et égalitaires de la Russie ancienne : le vétché, l'assemblée souveraine des républiques russes du Moyen Âge, et le mir, la commune paysanne, fondées toutes deux sur la base de l'élection et de la révocation de toutes les responsabilités ou fonctions sociales et politiques. Les anarchistes ont été les principaux artisans de cette Russie qui a émergé en 1917 sous la forme des soviets. Mais, très vite, ils se sont heurtés à la formation d'un parti-Etat, prétendument « détenteur de la vérité historique du devenir humain ». L'affrontement entre ces deux conceptions antagonistes est exposé et analysé avec précision. On constate aujourd'hui, au vu de la situation tragique dans laquelle se débat la Russie, où a conduit le détournement démagogique et pervers des espoirs populaires.

 

L'ouvrage comporte également un important recueil de documents et témoignages d'époque, éclairant une évolution généralement occultée par les historiens officiels. L'ensemble constitue une nouvelle approche historique qui permet de mieux comprendre la Russie actuelle.

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 09:50

    Depuis plusieurs semaines, la liquidation de la filière de la SNCF suscite une profusion de déclarations et de commentaires tous frappés du coin de l’hypocrisie. Patrons, journalistes, bureaucrates syndicaux et politiciens feignent d’ignorer que l’avenir de la société était scellé depuis longtemps. Dès après l’ouverture du Tunnel sous la Manche, la société de chemin de fer délaissa progressivement pour finalement l’abandonner son activité trans-Manche. Aujourd’hui, de présumées révélations sur la gestion opaque de la société et le pouvoir quasi illimité qu’y aurait exercé la section CFDT tombent à point nommé pour tous les pouvoirs petits et grands qui rejettent insidieusement la responsabilité de la faillite sur les travailleurs eux mêmes.


 

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    C’est en 1969 que la SNCF crée la Sealink, une filiale maritime qui exercera son activité dans le détroit du Pas-de-Calais sur laligne Calais Douvres. Plus court passage entre la France et l’Angleterre cette liaison demeure le premier lien de transbordement en Europe. En 1994 est inauguré l’ouverture du Tunnel sous la Manche. Deux ans plus tard, à la suite d’une série de rachats et fusions entre sociétés maritimes concurrentes, la Sealink prend le nom de SeaFrance.

 

 

Les conditions de la faillite

 

 

     Plusieurs facteurs cumulés ont conduit à la liquidation de la compagnie. Le premier fut naturellement la concurrence directe qu’opposa dès 1994 le groupe Eurotunnel à SeaFrance. Le second fut en conséquence la stratégie poursuivie par la SNCF qui la conduira finalement à abandonner sa filiale. La disparition de Sea France n’est en réalité qu’une illustration de la politique conduite par la société de chemin de fer depuis plusieurs années, privilégiant les lignes à grande vitesse au détriment des dessertes de proximité. Mais peut être est-il utile de rappeler que la SNCF détient 69 % des parts de la société Eurostar qui exploite la ligne rapide reliant Paris à Londres. Cette société connaît à contrario de sa consoeur maritime une progression régulière de son chiffre d’affaire. Pour la seule année 2011, ce sont près de 19 millions de personnes et 17 millions de tonnes de marchandises qui ont emprunté le tunnel quand de son côté la société de ferry attendait un nouveau renflouement de sa trésorerie. A cela s’ajoute des choix opérés par la direction Sea France dans l’organisation de la production et des services qui se révéleront fatals. Ainsi en 2007, l’acquisition est faite d’un Ferry énergétivore et inadapté à la liaison trans-Manche pour un montant de 105 millions d’euros. Dans le même temps deux navires de la société demeuraient à quai à Dunkerque contribuant à désorganiser le service : absence de navire de remplacement, rotations de nuit à vide, etc... Il n’en fallait pas plus pour qu’en 2008, les caisses de la société soient vides. De son côté, la cour des comptes rapporte pour la période 2004-2008, l’absence manifeste de stratégie de la part de la SNCF à l’égard de sa filiale, “ne lui fixant pas d’objectif de développement”.

 

     Par ailleurs, le contexte économique et l’application de certaines dispositions ont modifié l’amplitude de la fréquentation ainsi que la composition sociale de la clientèle. La fin des traversées sans véhicule et à partir de 1999 la disparition du “Duty Free” sur les navires, c’est à dire la vente de produits détaxés, notamment l’alcool et les cigarettes éloignèrent une importante clientèle populaire. Dans le même temps, une autre partie de la clientèle, plus aisée celle là et profitant de l’explosion du trafic aérien “low cost” délaissait le détroit au profit de destinations plus lointaines. Enfin, la dévaluation de 25 % de la monnaie anglaise allait défavoriser la compagnie dont les coûts de fonctionnement se paient en euros et les recettes se perçoivent en livres auprès de voyageurs principalement d’origine anglaise.



La liquidation et la fable des reclassements

 

 

      D’abord rappelons que la liquidation de la société intervient après un premier plan social qui en 2010 supprima la moitié des effectifs de l’entreprise, soit 725 emplois. A l’époque, la presse nationale s’était bien gardée de rejoindre les quais calaisiens tout comme les émissaires de l’Elysée tant il est vrai que les élections ne préoccupaient encore ni la droite ni la gauche. Prononcée le 9 janvier par le tribunal de commerce de Paris, la liquidation avec cessation d’activité s’est soldée par 880 licenciements soit au total 1600 suppressions d’emplois en trois ans. Le président de la SNCF annonça immédiatement la reprise de l’ensemble des salariés au sein de la maison mère. Pour le compte de l’Elysée, Kosciusko-Morizet proposa un plan de 600 reclassements. Dans les faits, la SNCF donna trois jours aux salariés pour se prononcer sur des offres de postes extrêmement floues, parfois sises à l’étranger, certaines en doubles, d’autres disparaissant mystérieusement à mesure que le temps s’écoulait... Bilan : 15 personnes reclassées.

 

 

“Dérives syndicales” nous dit-on ?

 

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      Que n’a-t-on lu et entendu à propos des pratiques de la section CFDT Sea-France : “Main mise du syndicat”, “Violence et intimidation”, “Recrutement sous contrôle syndical”...(1) Un flot de lieux communs pour qui ne feint d’ignorer la véritable fonction qu’occupent les appareils syndicaux. A plus forte raison dans une situation de restructuration potentiellement grosse d’agitation et de conflit ouvert. L’histoire du contrôle qu’exercent dans le milieu maritime les syndicats sur la main d’oeuvre ouvrière ne demeure, semble-t-il, un mystère qu’aux yeux des seuls journalistes. Rappelons que le compromis passé après la seconde guerre mondiale entre patrons et syndicats reposait alors sur le pourvoit d’une main d’oeuvre suffisante et disciplinée par les uns, en contre-partie d’assurances en terme de salaires, d’horaires et de statuts par les autres. Ces accords ont garanti la paix sociale au patronat maritime et à l’Etat pendant près de quarante ans; période durant laquelle ces derniers n’auront de cesse de les remettre en question. Ils y parviendront progressivement et l’affaire SeaFrance n’est que l’un des derniers épisodes en date de cette histoire. Il est d’ailleurs piquant d’entendre la CGT hurler avec les loups, elle qui garde encore aujourd’hui de bien belles rentes de situation sur les quais.

 

      En la circonstance, le contrôle de la main d’oeuvre par la bureaucratie CFDTiste est un fait indéniable, par ailleurs reconnu et intégré par les salariés eux mêmes. C’est justement la force de cet encadrement qui a donné du crédit auprès d’une majorité de salariés au projet de Scop porté par le syndicat. Comme l’affirmait une des employées du comité d’entreprise à propos du secrétaire de la section : “C’est un patron, il est dur, mais c’est un combattant...”. L’adhésion d’une partie non négligeable des marins au projet repose sur cette confiance placée dans ces cadres qui comme eux ont fait l’intégralité de leur carrière professionnelle et syndicale dans cette boîte. En lien, mais aussi au delà d’une certaine vassalité syndicale, perdure encore dans ce genre de secteur une identité forte liée au métier. Pour autant, le syndicat maritime Nord n’est pas le rejeton des sections de la CFDT exclues par E.Maire à la fin des années 70, loin s’en faut. Ses leaders, proches ou membres du Parti Socialiste ont reporté leurs espoirs dans le soutien bien hypothétique que, selon eux, le PS régional aurait dû leur apporter. Espoirs déçus s’il en est car Daniel Percheron, patron des socialistes du Pas-de-Calais et président du Conseil Régional, n’a jamais soutenu le projet contrairement à ce qu’il a pu laisser entendre(2). Et pour cause, puisque ni lui ni personne ne souhaite qu’il voit le jour.


 

Chérèque ou le pavillon de la complaisance patronale.

 

En s’appuyant sur un rapport de la cour des comptes, Chérèque a d’abord dénoncé : “les avantages octroyés à ses délégués” et "l’emprise" qu’aurait exercé sur la direction de l’entreprise la section CFDT de Sea France dont il devrait bientôt prononcer l’exclusion. Il nous avait pourtant semblé comprendre que la ligne poursuivie par cette confédération enseignait de se tenir non pas face au patron mais bien au plus près de lui, le plus près possible et en toutes circonstances... En somme, si nous comprenons bien, ce que Chérèque reproche à sa section c’est d’avoir trop bien appris de lui et de ses prédécesseurs ... Toujours est-il que depuis, le syndicat Maritime Nord de la CFDT a déposé une plainte en diffamation contre lui après qu’il ai affirmé : “ avoir un peu honte du comportement pas honorable de ces militants ; et les révélations dans la presse et les langues qui se délient à Calais font qu’on est au delà de la présomption d’innocence”. A la suite de quoi, la section Sea France a reçu le soutien des syndicats maritimes de Bretagne et Méditerranée et de la fédération des Transports. Le 9 février le Conseil fédéral des Transports et de l’Equipement ont adopté une motion de maintien du syndicat au sein de la CFDT

 

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Dans l’ombre du gouvernement, le Parti Socialiste à la manoeuvre

 

 

A la faveur de la campagne présidentielle, deux camps semblent s’être dessinés qui dans les faits n’en forment qu’un. Le Parti Socialiste joue un double jeu, entretenant devant les caméras et la presse le simulacre d’un appui à la Scop. Ainsi, Montebourg est assigné en justice par l’ancien directeur de Sea France, Pierre Fa, après avoir qualifié “d’escrocs” la direction de la société. Par ailleurs, le Conseil Général de Seine Maritime présidé un socialiste vient de refuser à mots couverts la location d’un de ses ferrys à la société Louis Dreyfus pour une prochaine exploitation de la liaison Douvres-Calais. Mais dans l’ombre, le vice président de la région Nord-Pas-de-Calais, Pierre de Saintignon, use de persuasion auprès de l’avocat de la CFDT afin qu’il convainc ses leaders de rencontrer le consortium Dreyfus/DFDS.

 

 

Un tapis rouge pour Louis Dreyfus Armement

 

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     Soutenu par Sarkozy, Louis Dreyfus Armement est un groupe multinational qui opère dans une cinquantaines de pays et avec lequel l’Etat français a l’habitude de traiter. Son patron est le président du Comité Transport du MEDEF et sa société annonce l'un des chiffres d’affaires les plus élevés de France. En mettant la main sur la ligne Calais Douvre, il n’est pas seulement certain de faire une affaire, il acquiert en plus la place de leader sur le trafic ferry au sein d’un réseau qui s’étendrait du Havre à Dunkerque en passant par Dieppe et Calais. C’est donc un candidat de poids soutenu par Chérèque et la direction de la CFDT, la mairie UMP de Calais, la Chambre de Commerce et d’Industrie(3), le “Collectif des non syndiqués”(4) et enfin les officiers de la CGC et de la CGT qui, on n’est jamais assez prudents prudents, réclament de leur côté certaines garanties ...

 

 

Les pratiques de l’armateur Louis Dreyfus en quelques mots :

 

 

     Le favori des pouvoirs à la reprise de la ligne trans-Manche, LDA, fut et demeure le patron à combattre pour les ex-marins de SeaFrance. La rumeur laisserait entendre que l’armateur aurait déjà commencé sa campagne de recrutement auprès d’anciens marins licenciés lors du premier plan social. Pour qui ignore tout des pratiques de la société en question un petit rappel s’impose. Louis Dreyfus Amateur (sous le sigle L.D.Lines) bénéficia de l’exclusivité de l’exploitation du Hub-Port inaugurée en 2009 à Boulogne-sur-mer pour un montant de 45 millions d’euros. Après avoir suffisamment profité de cette installation flambant neuf, LDA délocalisa son activité sur le port de Saint-Nazaire où on lui offrait quatre millions d’euros de rente publique annuelle dans l’exercice des rotations vers le port de Gijon au titre des “Autoroutes De la Mer”. Depuis, l’ infrastructure portuaire n’a jamais connu de retour d’activité. Résultat: 33 licenciements dont 17 salariés de la compagnie LD Lines et une dette d’un montant de 6 millions d’euros à l’année épongée par le Conseil Régional du Nord-Pas-de Calais. Précisons que depuis 2008 la même société touche 15 millions d’euros annuels au titre de la délégation de service public de la part du Conseil régional de Seine Maritime pour l’exploitation de la ligne Dieppe-Newhaven... Réputé pour ramasser les aides publiques et s’installer sur des créneaux à la limite de la viabilité, LDA communiqua dans un premier temps sur la reprise de la ligne Calais-Douvres avec l’embauche de 640 salariés issus des rang de Sea France. Depuis l’armateur s’est rétractée et n’en propose plus que la moitié...

 

 

 

Cap sur le Low Cost

 

sea france 1

 

 

     Les travailleurs de SeaFrance se sont toujours opposés à l’arrivée du LDA sur le détroit au nom de la défense des salaires, des conditions de travail et des horaires. Seuls les navires des compagnies françaises à capitaux publics battant pavillon français offrent ces garanties car ils sont les seuls à bénéficier de remises fiscales compensatoires de la part de l’Etat. Il est évident que LDA ne reprendra pas le service à ces conditions d’autant qu’il annonce par avance une guerre tarifaire contre ses deux prochains concurrents directs P&O Ferries et Eurotunnel. Le consortium LDA/DFDS, à 82 % aux mains du groupe danois, ne vise rien moins que l’ exploitation Low Cost de la première ligne maritime de passagers en Europe. Casser les prix exige de fait une compression des coûts. Sur les ferrys, cela passe par l’ externalisation de certaines fonctions comme celle de l’hôtellerie, mais surtout par la baisse du coût de l’équipage et donc des salaires. Le moyen le plus simple afin d’y parvenir est de recourir à un registre maritime qui permet d’embaucher de la main d’oeuvre à bas coût. C’est le cas avec le registre international anglais ou les pavillons de complaisances.

 

 

Et la Scop dans tout cela ?

 

 

     Pour l’heure, 308 personnes seraient encore engagées dans le projet. La question de l’apport demeure essentielle puisque la prise de participation se chiffrerait à 28 000 euros par salarié, soit 5000 euros de fonds propres et 23 000 euros d’aide de l’Etat. Mais rien n’est encore arrêté puisque la SNCF qui annonçait verser 60 000 euros à chaque salarié au titre de la prime extra-légale semble une fois encore ne pas honorer ses engagements. Le montant serait en réalité celui d’une moyenne calculée brute, certains travailleurs toucheront donc moins que d’autres. Sans oublier les 127 salariés exerçant en Angleterre sous l’enseigne “Sea France Limited” et dépendant du droit social anglais; pour eux, la somme perçue devrait être de 800 euros ...

 

     Mais peut-on encore parler de “Scop” depuis que le groupe Eurotunnel entend soutenir financièrement le projet. Préoccupé du danger que représente un concurrent comme LDA/DFDS sur le détroit, le groupe s’est soudainement engagé auprès de la CFDT imposant au passage ses conditions. Ayant décrété le projet de “Scop” décrédibilisé à la suite de la campagne de presse qu’il a essuyé(5), Eurotunnel entend acquérir trois des quatre navires de Sea France mais sous le régime d’une entreprise standard avec, cette fois, le soutien financier du président socialiste du Conseil Régional...

 

 

seafrance-scop_0.jpg

 

 

     Dans ces conditions, la Scop serait-elle définitivement enterrée ? Il est difficile de l’affirmer. Par ailleurs, la procédure de la scop représente avant tout une forme juridique particulière de la propriété. En soi, elle peut parfaitement s’appliquer à une activité de navette maritime, même s’il est vrai que ce n’est pas dans ce secteur qu’elle soit la plus répandue, mais là n’est pas la question. Dans le cas présent, il s’agit d’abord pour les marins de garder un minimum de contrôle sur “qui” exploitera la force de travail, dans quelles conditions et à quel tarif. Alors, répétons-le, c’est aux travailleurs eux même et à eux seuls que revient de prendre les décisions qui les engagent. L’idée de la Scop a pu apparaître à nos yeux extérieurs, peut-être, comme la moins pire des solutions envisagée dans le cadre de cette liquidation. Non pas car elle serait une panacée en terme de tentative de “produire autrement” ou de remise en question des rapports sociaux, il ne semble pas que ce soit l’objectif que poursuivent ses protagonistes. Le projet de Scop a permis avant tout de maintenir une relative unité des travailleurs en leur offrant une perspective collective. C’est d’abord cette dimension là, celle de garder autant que faire ce peut un “collectif de lutte” qui dans le contexte nous a semblé primordial. Trop souvent le “sauve qui peut”, la résignation et l’éparpillement livrent les individu-es à l’isolement et accroît d’autant leur vulnérabilité. Si nous n’entretenons aucune illusion sur la finalité de ce genre de projet, il nous apparaît au moins comme une tentative de dépassement du “Je prends les indemnités -quand il y en a- et j’me casse” qui prévaut depuis un certain nombre d’années en pareilles circonstances.


 

 

A suivre.

Boulogne-sur-mer, le 15/02/2012.

 

 

 

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(1)La CFDT a recueilli 80 % des voix aux dernières élections professionnelles et syndique essentiellement les marins. Les officiers sont adhérents soit de la CGT soit de la CGC.

(2)Le Conseil Régional assure la gestion du port de Calais

(3)La CCI vient d’accorder l’accostage d’un premier navire au consortium LDA/DFDS.

(4)Ne nous y trompons pas, le “Collectif des non syndiqués” n’est pas une tentative de la base afin de déborder une CFDT qui aurait trop longtemps joué la carte de la cogestion avec le patronat. Au contraire, c’est un regroupement de salariés assez opportunistes qui savent ne rien craindre d’une reprise de l’activité par une société de transport lowcost. Composé essentiellement de travailleur-ses à terre (commerciaux, secrétaires etc...), ils dépendent de la législation du travail telle qu’elle s’applique en France et non du droit maritime. Concrètement ils ne seront pas exposés comme les marins à une reprise de l’activité sous un pavillon de complaisance comme l’appellent sans l’avouer les partisans de l’armateur Louis Dreyfus.

(5)Campagne de presse haineuse d’un quotidien local appartenant au groupe La Voix du Nord et reprise par la presse nationale. Le journal en question, Nord Littoral est allé jusqu’à ressortir un cadavre des placards et se livrer à des insinuations sur une affaire de décès en 1997 d’un intendant de bord retrouvé noyé dans la Manche après qu’il ait prétendument dénoncé des affaires de malversation au sein de la compagnie. Depuis l’avocat de la CFDT SeaFrance a déposé une plainte pour diffamation contre les titres de presse suivants : Nord littoral, Libération, le Figaro, Le journal du Dimanche, le Parisien, le Nouvel observateur et l’émission télévisée “C’est dans l’air”.


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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 13:19

enseignements de la r-vo

Vernon Richards. Ed. Acratie.

 

Ce livre expose une position libertaire avec un point de vue à la fois critique et pratique sur les anarchistes, les socialistes et les communistes d’Espagne pendant la « guerre civile » entre 1936 et 1939. Il décrit le phénomène révolutionnaire le plus profond de notre époque, à l’opposé des expériences russe ou chinoise.

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 11:46

cent ans de capitalisme en alg-rie

Robert Louzon.Ed. Acratie.

 

Né en 1882, Robert Louzon a été l'un des premiers militants anticolonialistes dans le mouvement ouvrier révolutionnaire. Ingénieur, il quitte la France pour la Tunisie en 1913 afin de s'occuper d'une exploitation agricole. En 1919, Il adhère à la section de Tunis du Parti socialiste qui vote son adhésion à l'Internationale communiste. Comme directeur de L'Avenir social, il est poursuivi en conseil de guerre pour “diffamation envers les officiers de l'armée française”. En 1922 il est condamné à huit mois de prison pour « attaque contre les droits et pouvoirs de la République française en Tunisie » et “exhortation à la haine des races » pour avoir publié divers textes en langue arabe. Expulsé ensuite de Tunisie, il rejoint la France et participe avec Monatte à La Vie ouvrière puis à L'Humanité. Il démissionne du parti communiste en décembre 1924 après l'exclusion de Monatte et de Rosmer, puis, en 1925, est du noyau fondateur de la Révolution prolétarienne à laquelle il collaborera jusqu'à sa mort en 1976.

Cent ans de capitalisme en Algérie fut publié dans les numéros 99 et 104, du premier mars et du 15 mai 1930, de La Révolution prolétarienne.

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 08:48


Socialisme-ou-Bar.jpgEd. Acratie.

 

    I) Luttes ouvrières 1953-1957.

 

Dans cette présente édition, c’est l’aspect le moins connu de la revue que nous découvrons : delui de la vie dans les usines, de la chronologie de grèves très importantes qui ont marqué la France contemporaine, de l’analyse impitoyable des syndicats s’alliant au patronat pour briser ces mouvements. Des problèmes comme ceux rapports entre ouvriers français et nord-africains, comme ceux des restructurations , de la désyndicalisation - qui sont Ô combien d’actualité- sont analysés, disséqués, tels qu’ils existaient déjà à la fin de la IV° république ! Ils éclaireront certainement tous ceux que ces thèmes préoccupent -avec raison- toujours aujourd’hui.

 socialisme ou barbarie

 

  II) Pendant la seconde moitié du XXe siècle, le monde a semblé divisé en deux camps irréductiblement opposés. Mais, derrière les mots - " socialisme ", " plan ", " marché " -, quelle était la véritable nature des systèmes qui s'affrontaient ? Le groupe " Socialisme ou Barbarie " (1949-1967), qui publia la revue du même nom, a essayé de montrer que, pour ce qui est du sort réservé aux hommes, il y avait une unité profonde entre les deux systèmes. Cette double critique sans concessions - menée dans un isolement presque total - a semblé confirmée par les révoltes ouvrières de 1953 et 1956 à l'Est, par la contestation de plus en plus générale des formes d'organisation sociale dans les années soixante à l'Ouest. Mais comment agir pour transformer la société, comment lutter ou s'organiser en rompant avec les pratiques qui ont mené à l'échec le mouvement ouvrier traditionnel ? Si " Socialisme ou Barbarie " n'a pas donné de réponse concrète et toute faite à ces questions, ses interrogations mêmes peuvent être une source de réflexion. Ces textes ont été écrits il y a quarante ou cinquante ans. Le monde a changé depuis et, sur certains points, leur intérêt est historique - mais l'histoire peut avoir un très grand intérêt ! Sur d'autres points, ils sont plus actuels que jamais. Car on entend aujourd'hui certains politiques se poser - il était temps - la question : pourquoi les hommes se détournent-ils d'institutions qui sont censées les représenter ? La lecture des analyses de " Socialisme ou Barbarie " peut certainement apporter des éléments de réponse. On trouvera dans ces pages des textes de Cornelius Castoriadis, Claude Lefort, Daniel Mothé, Pierre Souyri, Albert Véga, ou Jean-François Lyotard notamment.

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  • : Ce blog est issu d'un groupe de militants originaires de Boulogne sur mer (62) qui se réclament du communisme libertaire. A l'origine, la Mouette Enragée est un journal local qui relaye les luttes politiques mais aussi propose des analyses sur des luttes sociales ou des problématiques locales. Avec ce blog, nous proposons de partager nos réflexions passées et présentes pour ainsi mieux envisager les perspectives de lutte efficace et organisée par la base, c'est à dire les travailleurs eux-mêmes
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Fortunes de mer

 

Clich- 2010-06-10 22-02-51

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