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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 12:15

Dans tout juste moins d'une semaine aura lieu un procès important lors duquel trois de nos camarades actifs auprès des sans papiers de Calais comparaîtront pour des faits (non-avérés) de violences en réunion, occupations illégales et refus de soumission à la prise d'empreintes.

 

Comme les deux précédents procès du mois de juin, cette convocation a uniquement pour but de nous affaiblir psychologiquement, moralement et financièrement. Après l'intimidation des migrants, les services de l'état semblent avoir pour objectif de se ré-attaquer à celles et ceux qui sur le terrain leur expriment une solidarité concrète.

 

Nos trois camarades étaient présents le 21 avril dernier dans le squat africain (aujourd'hui démantelé) afin de travailler main dans la main avec les sans-papiers contre la répression policière dont ils sont victimes depuis de trop nombreuses d'années. Après avoir subi violemment les multiples assauts de la Police Aux Frontières, ils furent arrêtés et gardés à vue quelques heures. Ce raid policier n'était pas le fruit du hasard puisqu’il s’est déroulé juste après la diffusion par le groupe No Border Calaisien de vidéos et de témoignages montrant les mêmes agents de la PAF de Coquelles en bien gênantes postures... (1) Mardi, le système judiciaire donnera probablement raison aux voix assermentées des deux policiers accusateurs...

 

A noter que ces même services de police se sont acharnés depuis sur deux militantes convoquées au tribunal mardi prochain. En effet, depuis le 21 Avril, elles ont subi de véritables agressions physiques de la part des agents de la PAF de Coquelles et des CRS stationnés dans la ville; trois d'entre elles ayant abouti de la part des militantes à des dépôt de plaintes avec certificats médicaux + jours deux d'ITT.

 

Rappelons le : Calais est le lieu de toutes les expérimentations répressives et sécuritaires française et britannique. Les techniques de contrôle, d'intimidation et de répression sont systématiquement appliquées par l'Etat à l’encontre des populations les plus fragilisées telles que les sans-papiers, les demandeurs d'asiles, les prolétaires en lutte avec ou sans emploi ... Aujourd’hui, elles tendent à cibler des fractions plus large de la population avec le développement du fichage électronique généralisé par exemple... Cette répression d' Etat nous concerne tous que nous ayons des papiers ou pas et c’est ensemble que nous devons commencer à nous organiser afin d’y répondre, de l'affaiblir et de la détruire !

 

 

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(1) vidéos disponibles sur : http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/62977/date/2011-04-10/article/harcelement-policier-a-calais-les-videos-qui-font-honte/

 

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 23:53

 

Depuis de nombreuses années, la traque des sans papiers à laquelle se livrent conjointement les Etats français et britannique configure la région calaisienne en champ de manoeuvre privilégié d’exercices sécuritaires.

 


     Véritable “zone laboratoire” où l’Etat éprouve chaque innovation en matière de détection, de surveillance et in fine de répression, c’est dorénavant sur les bassins du port que devrait se déployer un dispositif qui, pour l’heure, semble plutôt relever de l’effet de manche.

 

     Qui croira que la mise à l’eau d’un canot pneumatique piloté par quelques C.R.S freinera la détermination des sans-papiers qui, rappelons le, continuent d’échapper aux mailles du filet aussi serrées soient-elles.


un-canot-pneumatique-et-trente-crs-pou-1181116-copie-1

 

    Par contre, il n’est plus à démontrer que la figure de l’immigré compte pour l’Etat d’abord au nombre des bouc émissaires qu’il façonne à dessein, attisant ainsi les peurs d’une fraction de la population déboussolée par les effets dramatiques d’un capitalisme à l’appétit insatiable.

 

     Rappelons nous simplement le délirant déploiement militaire qu’occasionna en 2009 à Calais la tenue du camp "No Border". L’annonce par la presse locale d’un déferlement sur la ville de hordes de casseurs allogènes avait offert à l’Etat l’occasion d’exalter consensus et adhésion à l’endroit de ses valeurs d’ordre et de sécurité. C’est d’ailleurs lors de cet événement que se déploya pour la première fois dans le port un dispositif tel que celui que nous annonce aujourd’hui le préfet du Pas-de-Calais


No Border. police port-4.

 

     Les futurs “Jeux Olympiques” nous dit-on, et bientôt le projet d’extension du Port, voilà qui justifierait en plus de la chasse quotidienne à l’étranger une présence des forces de répression toujours plus visible, toujours au plus prêt de la population.

 

      Pour nous, il apparaît nettement qu’à mesure que s’intensifiera l’offensive du capital contre les conditions d’existence des travailleurs et des chômeurs - la situation que rencontrent actuellement la Grèce, l’Islande, le Portugal, l’Espagne ou l’Irlande ne constituent pour l’heure que les prémices de bouleversements à venir bien plus profonds- le quadrillage du territoire et le contrôle des populations s’aggravera implacablement.

 

       Si habituellement l’Etat expérimente et systématise ses méthodes répressives à l’encontre des groupes sociaux les plus fragiles : immigré-es, lumpen-prolétaires, etc... les temps à venir pourraient mettre face à lui des franges bien plus larges de la population, qui à mesure que la crise les précipitera dans la difficulté n’auront une fois leur tour venu plus grand chose à perdre.

 

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 21:43

Pour rappel, Jennifer, militante NoBorder à Calais comparaissait pour violence contre une agent de la PAF en mission pour évacuer le squat Thélu!


Elle était convoquée à 8h30 et l'audience a commencé à 12h45 environ! Il y avait 6-7 militants NoBorder en soutient, deux personnes de la LDH Boulogne, 4-5 policiers avec leur lachrymo au cas où et un RG boulonnais.


Pour commencer, la juge a évidemment demandé à la militante si elle reconnaissait avoir donné un coup à la policière. Jennifer répond que non en tout cas aucun coup volontaire!
Les questions de la juge pour Jennifer ont ensuite surtout porté sur les raisons de sa présence dans le squat, pourquoi les 3 autres militants sont sortis du squat rapidement et elle y est restée? Est-ce qu'elle pense que son activité dans le squat peut faire évoluer la situation?


Mat-Mat Naget, la fliquette qui accuse Jennifer, répond à son tour aux questions de la présidente et confirme sa position disant que le coup a été donné volontairement et que ce n'était pas en se débattant et ajoute que les deux militants qui n'ont pas voulu sortir, étaient très difficilement maitrisables. Elle dit aussi que lors du menottage, elle a essayé sans succès de donner d'autres coups.


Vient ensuite, sur une intervention de la procureure, un court débat sur la façon dont la policière a tenu Jennifer, par la gauche ou par la droite, le bras gauche ou le bras droit! Les versions de la policière semblent être différentes à l'écrit et à l'oral.
Un second débat est lancé sur l'interprétation du certificat médical de la policière, indiquant des stigmates mais ne disant pas clairement d’où ça venait!
Le troisième débat est au sujet de la déclaration de la policière, ses versions un peu différentes (ce qu'elle a dit dans sa déposition, ce qu'elle a dit au médecin et ce qu'elle dit au tribunal). La première version est qu'elle a reçu un coup de genou, la deuxième un coup de pied et la troisième deux coups de genou.


La procureur interroge ensuite
dsc_0797edit.jpgJennifer et lui demande si elle serait prête à aller plus loin pour défendre ses idées. Jennifer répond que oui. Elle signale aussi qu'elle agit en fonction de ses positions et idées personnelles et non en fonction des idées globales des autres militants ou des No-Border en général. Elle lui redemande pourquoi elle a refusé de sortir du squat alors qu'il n'y avait plus personne, et elle répond que son ami (un autre militant) était bousculé par les policiers et qu'elle ne voulait pas le laisser seul.


Monsieur Deguisne, l'avocat de la policière (qui a souvent été l'avocat de migrants ou de militants, JC Lenoir par exemple) explique que sa cliente n'a rien contre les idées des NoBorder ni contre eux, mais qu'elle fait son travail et exécute les ordres qu'elle reçoit, c'est a dire de contrôler les migrants et de faire sortir les militants du squat. Il dit qu'elle a fait son travail consciencieusement et de façon irréprochable et n'a jamais utilisé plus de force qu'il n'était nécessaire et que malgré ça Jennifer lui aurait donné volontairement un coup de genou. Il termine sa plaidoirie en disant qu'on ne peut pas accepter des violences contre un agent qui travail et qu'ils demandent 200€ de dommage.

Vient ensuite le speech de la procureure! Elle commence en disant qu'elle serait la première à dénoncer des violences policières si celles-ci étaient avérées et réelles. Elle confirme que les agents sont formés à utiliser la force de façon strictement nécessaire et adaptée à chaque contexte. Elle ajoute aussi que Jennifer provoque en refusant de sortir du squat et qu'en plus de ça elle refuse de signer le procès verbal et a refusé de donner ses empreintes, ce qui aurait pu aussi
être retenu contre elle.

Elle parle aussi du gabarit de la policière qui n'est pas grande et pas costaud et laisse supposer en décrivant Jennifer comme une grande sportive, que la violence venait de Jennifer plus que de la policière. Elle requiert elle aussi 200€ d'amendes.



Enfin Madame Calonne, l’avocate des NoBorders, donne sa version. Elle rappelle une nouvelle fois le doute sur l'interprétation du certif
icat médical. Ensuite elle rappelle le contexte général de la situation en commençant par rectifier la parole de la procureure, elle signale que la majorité de migrants présents ne sont pas des "clandestins" (comme l'a souvent répété la proc.) mais sont des demandeurs d'asile. Elle ajoute que d'ailleurs l'Etat ne respecte pas son devoir car ne les loge pas comme il devrait le faire. Elle en vient ensuite au contexte lié aux vidéos et a l'article publié sur le net via les sites de rue89 et des inrockuptibles, montrant des policiers de la PAF dansant sur de la musique africaine dans le squat et n’arrêtant personne (elle parle de vidéos édifiantes). Elle conclut cette première partie en disant que vu ce contexte, l'activité des militants no-border dans le squat s'apparente d'avantage à un rôle citoyen qu'un rôle provocateur.
Madame Calonne fait aussi un lien avec les autres procès a venir, celui du 29 juin pour outrage et celui du 12 juillet pour violence et occupation illégale.

Elle pose aussi la question de l’intérêt de réaliser l'interpellation de la militante par trois policiers, alors que vu le petit gabarit de Jennifer, un seul aurait suffit! Elle rappelle enfin le doute sur la réalité des propos de la policière vu ses différentes versions quant au coup reçu (1 ou 2 coup de genoux ou un coup de pied)


La juge décide de délibér
er la semaine prochaine, c'est a dire le 23 juin, le même jour que le délibéré du procès des trois demandeurs d’asiles soudanais comparaissant pour occupation illégale. Dans le cas de nos trois amis soudanais, la procureure a demandé 2 mois de surcis et 2 ans d’interdiction de territoire français. La procureure semble une fois de plus ne pas savoir ce qu’est un demandeur d’asile (d’ailleurs lors du procès elle utilisa « clandestin »), car de part son statut un demandeur d’asile ne peut pas être interdit de territoire.

 

Jeudi 23 juin :

Comme prévu le délibéré tombe dans la mâtiné : une relaxe pour Jennifer! La juge, pourtant réputée pour avoir l’incarcération facile, n’a donc pas cru les mensonges très mal dissimulés de la jeune policière !

Le résultat du procès des trois demandeurs d’asile soudanais arrive quelques heures plus tard : même résultats, relaxe pour les trois !

Ces deux procès spectacles et grotesques auront justes permis de criminaliser un peu plus les migrants et les militants. La faible mobilisation de soutien pour ces procès montre aussi le manque d’intérêt des associatifs humanitaires, qui une fois de plus préfèrent donner la pitance paternaliste aux pauvres plutôt que se déplacer au tribunal pour soutenir les inculpés et montrer leur désaccord face a ces arrestations et ces procédures judiciaires abjectes !

 

Deux autres procès sont prévus dans les semaines à venir, le 29 juin pour un outrage et le 12 juillet pour trois militants accusés de violence en réunion, occupation illégale et refus de se prêter au jeu des empreintes digitales !

A noter aussi que trois plaintes ont été déposées par des militants NoBorders contre des agents de la PAF et de la CRS, pour violence.

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 09:07


LongwyHagar dunor et Compagnie.Ed. Acratie.

Une chronique des luttes de ces six dernières années dans ce qui fut le bassin sidérurgique de Longwy. Un débat au jour le jour- et aussi des analyses élaborées avec recul - entre des militants aux origines différentes, aux opinions parfois contradictoires, mais qui sont porteurs d’une sensibilité qui pose, au fond, les mêmes enjeux du combat ; sans doute parce qu’ils ont été pris dans une même histoire collective : une histoire de lutte et de solidarité. (...) Ils ont été façonnés par le sentiment d’appartenance à une communauté qui tirait sa cohérence de l’usine et de la solidarité que les travailleurs y avaient construites, et dont l’existence même se trouvait mise en cause par le démantèlement des installations. Ils ont été façonnés aussi, dans leur diversité, par les contradictions auxquelles les luttes ont été confrontées, et par la nécessité qu’elles ont mises à jours d’élargir la dynamique hors du secteur de la production, et de mettre en place de nouveaux réseaux sociaux qui permettent aux gens de prendre en main tous les éléments de leur vie.(...)

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 15:08

 

    Samedi 28 mai, 140 ans après la fin de la Commune de Paris, la Mouette Enragée a décidé de rappeler à tous cet événement tandis que, le même jour, les nostalgiques de Napoléon défilaient derrière leur funeste empereur.

 

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     La veille au soir, quelques membres de la Mouette Enragée et du NPA ont symboliquement expulsé Adolphe Thiers d'une rue du centre de la ville. Plusieurs affiches évoquant l'épisode révolutionnaire furent apposées très librement à différents endroits. Le lendemain, d'autres organisations de gauche se sont réunies afin de rebaptiser la rue Adolphe Thiers (celui-là même qui fit fusiller les Communards au nom de la République bourgeoise), en rue Louise Michel.

 

 

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    Parallèlement, un tract a été diffusé par la Mouette enragée pour rappeler à la population ce que fut la Commune et son utopie. Le but n'est pas d'en entretenir le souvenir mais bien plutôt de redonner un sens social aux luttes passées, présentes et futures, hors des appareils traditionnels qui leur font obstacle.

 

 

tractPour agrandir, cliquez sur le tract

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 15:17

 

Pour mieux comprendre la Commune de Paris, ses enjeux et ses utopies ; voici quelques pistes de lectures :

 

La Commune de 1871. 

C. Talès.

couv 1517

    Pendant les six semaines de son existence, la Commune de Paris réalisa peu de choses. Beaucoup des décisions qu’elle prit furent de pure forme. Pourtant, pendant son déroulement, elle suscita dans les milieux progressistes d’Europe, et même au-delà, un enthousiasme immense : lorsqu’elle dut mobiliser des appuis, dans Paris comme en province, elle dépassa le patriotisme exacerbé qui lui avait donné naissance et s’affirma sociale. Sa commission « Travail – Industrie – Echange » fut chargée « de la propagation des idées socialistes ».

    Ces germes de révolution sociale, aussi fragiles fussent-ils, Adolphe Thiers les apercevaient bien mieux que les combattants parisiens, et c’est pour les arracher à jamais qu’il organisa le massacre d’une partie du peuple de Paris.

    Quand il a écrit ce livre pour le cinquantenaire de la Commune, C. Talès a voulu qu’on puisse en tirer toutes les leçons pour les luttes présentes et à venir. Il montre ce que la Commune a pu laisser entrevoir de la façon dont pourrait être renversé l’ordre ancien et entamée la construction de la société nouvelle, et aussi les erreurs, les insuffisances qui ont conduit à sa fin tragique.

       Dans un format ramassé, C. Talès restitue la Commune sous tous ses aspects, de ses origines immédiates ou plus lointaines jusqu’à ses conséquences, en passant par le détail de son déroulement, des courants qui s’y manifestèrent, sans oublier de présenter certains des personnages qu’elle mit en avant.

 

 

 

La commune. Histoire et souvenirs.

Louise Michel.

9782707146205FS

    En 1898, Louise Michel achève la rédaction de ses Souvenirs sur la Commune : « Écrire ce livre, annonce-t-elle au lecteur, c'est revivre les jours terribles où la liberté nous frôlant de son aile s'envola de l'abattoir ; c'est rouvrir la fosse sanglante où, sous le dôme tragique de l'incendie, s'endormit la Commune belle pour ses noces avec la mort, les noces rouges du martyre [...]. Dans cette grandeur terrible, pour son courage à l'heure suprême lui seront pardonnés les scrupules, les hésitations de son honnêteté profonde. » Quelques vingt-cinq années après les événements, cette figure de la Commune de Paris n'a pas perdu de sa fougue. Dans ce récit passionné, elle raconte, jour par jour, les épisodes de ce drame qui lui valurent d'être emprisonnée puis déportée pendant près de dix ans en Nouvelle-Calédonie. La richesse et la précision de ses informations font de ce texte un document exceptionnel sur la Commune et ses acteurs. De plus, ses qualités stylistiques et la force de son écriture élèvent ce témoignage émouvant au rang des grands classiques de notre littérature politique.

 

 

 

Histoire de la commune de 1871.

 

P.O. Lissagaray.

 

513A336SABL. SL500 AA300

 

 

    Ce livre, vendu à plus de 65 000 exemplaires depuis sa réédition en 1967 dans la " Petite collection Maspero ", reste un grand classique. Son auteur, acteur et témoin de la Commune de Paris, se mit au travail au lendemain de la défaite et ce travail dura vingt-cinq ans. Il a enquêté avec acharnement auprès de tous les survivants, dans l'exil à Londres, en Suisse, puis consulté tous les documents disponibles à l'époque. Le résultat est cette " somme ", qui n'est pas seulement un récit historique événementiel, de l'insurrection à la répression : elle est un tableau de tous les courants de la pensée sociale, de tous les affrontements internes, un bilan des réalisations ou des tentatives, " mesures éparses, tôt dispersées au vent de la lutte et des divergences, mesures significatives pourtant ", qui caractérisent, pour Jean Maitron, cette Commune qui fut " un trait d'union plutôt qu'une coupure dans l'histoire du mouvement ouvrier français ". " La dernière barricade des journées de Mai, écrit Lissagaray, est rue Ramponneau. Pendant un quart d'heure, un seul fédéré la défend. Trois fois il casse la hampe du drapeau versaillais. Pour prix de son courage, le dernier soldat de la Commune réussit à s'échapper. " La légende veut que ce dernier combattant anonyme ne fut autre que Lissagaray lui-même : tant il est vrai que chez lui la modestie de l'historien va toujours de pair avec la ténacité et l'intransigeance du militant. " L'Histoire de la Commune de 1871, dès sa parution, fut salué comme un chef-d'œuvre. C'est un livre passionné et vrai, comme le souligne Jean Maitron dans sa préface à la présente édition. Journaliste et barricadier, Lissagaray réunit les qualités du documentaliste, de l'historien, du témoin et du proscrit.

 

Autre piste, le film de Peter Watkins sur la Commune de Paris, sorti en 2000.

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 21:24

Ca y est ! La Mouette Enragée n°29 est sortie.

Le journal est disponible dans les principaux kiosques de Boulogne-sur-mer et de ses environs

 

numero 29

 

Où trouver la Mouette Enragée ? Cliquez sur la liste des kiosques

 

liieu 2lieu 1

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 22:51

 

     Depuis maintenant plus de trois semaines, deux petites tentes ont été plantées respectivement au pied de l’énorme building du Home Office* (la United Kindom Border Agency) à Croydon (au sud de Londres) et face à l’immeuble du bureau international d’Amnesty International. Ces tentes sont occupées par six grévistes de la faim, demandeurs d’asile, d’origine iranienne et menacés d’expulsion. Afin de montrer leur détermination, trois d’entre eux se sont cousus les lèvres ! Cette action plus que symbolique n’est pas un cas isolé ! En effet, en Janvier dernier, la technique de la grève de la faim et de la couture des lèvres a été utilisée par plus de 300 sans-papiers en Grèce (http://www.indymedia.org.uk/en/2011/02/474751) dans le but d'obtenir une régularisation. Ils auront tenu 6 semaines avant que les autorités ne se décident à faire un geste.

 

hunger-strike.jpg

 

     A Londres, la situation est encore plus critique. D’une part, ils ne sont que six grévistes, ce qui les rend beaucoup moins visibles que leurs compatriotes installés en Grèce. D’autre part, face au brouhaha surmédiatisé du mariage d’un prince de la monarchie britannique, cette lutte est passée complètement inaperçue dans les médias britanniques et européens ! Six demandeurs d’asiles iraniens peuvent bien être envoyés à l’échafaud (méthode très couramment utilisée pour punir les militants anti-gouvernementaux en Iran), ce n’est pas grave tant que William et Kate se disent « oui » !

 

     Depuis le 12 juin 2009 et la reconduction de Mahmoud Ahmadinejad à la tête de l’état, les partisans de son principal opposant, Mir Hossein Moussavi, sont traqués, torturés et pendus sur la place publique lors de grandes manifestations. De plus en plus de militants politiques iraniens sont contraints à l’exode vers l’Europe de FRONTEX.

 

     Des soutiens militants s’organisent pour communiquer autour de cette énième lutte en cours pour la régularisation des sans-papiers. Quelques indépendants ont diffusés des photos et articles sur des pages perso internet ("http://www.demotix.com/news/667984/iranian-asylum-seekers-hunger-strike-outside-immigration-centre), une pétition a été lancée (http://www.gopetition.com/petitions/save-6-uk-hunger-strikers-from-deportation.html) et le week-end dernier une manifestation festive de soutien a été organisée au cœur de Londres regroupant des exilés, des militants et de simples citoyens. Les réponses du gouvernement britannique se font toujours attendre … à suivre …

 

* Le home office est l’équivalent anglais du ministère de l’intérieur français 

 

Un mouetteux enragé sur place

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 23:32

 

   Au collège Jean Moulin du Portel, les personnels n'ont pas attendu la sempiternelle grève carrée des grosses orgas syndicales du jeudi 10 février pour se lancer dans un mouvement de grève reconductible contre les suppressions de poste dans leur établissement.

 

   Dès le lundi 7 février au soir le chef d'établissement dans une grande messe nous a abreuvé de chiffres et de statistiques pensant nous faire avaler les suppressions de postes (2,5) alors que le nombre d'élèves de ce collège en éducation prioritaire resterait le même. Le lendemain matin l'ensemble des professeurs s'est réuni en Assemblée Générale et nous avons décidé à l'unanimité de nous mettre en grève reconductible de suite.

Ce collège n'avait pas connu un tel mouvement depuis longtemps. Surtout, il a été totalement autogéré, tout fut fait par l'AG : les revendications, les communiqués à la presse, la mise en place d'une caisse de solidarité, les rencontres avec la hiérarchie... Très tôt les parents d'élèves ont soutenu et rejoint ce mouvement, venant chaque matin devant le collège avec les enseignants grévistes. Lors de la journée nationale de grève du 10 février, agents et surveillants ont eux aussi rejoint le mouvement.

 

   Ce mouvement s'est fait sans l'intervention des grosses organisations syndicales dirigistes et récupératrices, il s'agissait donc d'une lutte des salariés sans contrainte de stratégie syndicale, sans contrainte de calendrier. Pour la première fois depuis longtemps la politique des journées d'actions perlées a été remise en cause par cette AG qui a donc tenu près de deux semaines de grève.

 

lutte-de-classe.jpg

 

    La hiérarchie s'est montrée répressive face à ce mouvement qu'elle n'attendait pas ou plus de la part d'enseignants et surtout faute d'autres réponses. Le chef d'établissement a parfaitement rempli son rôle de représentant du rectorat en nous accusant, les enseignants, d'être les responsables de l'agitation des élèves durant cette grève, accusant la grève de ralentir les négociations qu'il menait avec l'inspection académique alors qu'il n'est qu'une courroie de distribution, convoquant enseignants et parents d'élèves qui avaient osé s'exprimer dans la presse... L'inspection académique qui a reçu les mandatés de l'AG en audience après une semaine de grève pour ne rien donner accusant la crise économique mondiale d'être responsable de notre situation et des suppressions de postes ! Cascade de chiffres et mépris de l'humain, des élèves et des personnels peut résumer cette audience de près de deux heures.

   Au final, si sur les revendications nous n'avons rien obtenu nous ne sommes pas totalement abattus. La fin de la grève à la veille des vacances fut difficile mais tous ensemble nous avons construit dans ce collège un outil de résistance contre les dérives autoritaires de notre hiérarchie. Nous avons tous retrou-vé la volonté de nous battre contre toutes les réformes de casse du service public. Une lutte contre les grandes réformes médiatiques mais aussi tous les moyens insidieux de nous faire rentrer dans le rang : conseil pédagogique, entretien individuel avec le chef pour la notation, multiplication des taches du professeur principal, heures supplémentaires...

 

   Maintenant notre lutte autogérée nous a uni et encouragé à continuer mais nous ne pouvons rester seuls. Dès ses premiers tracts l'AG du collège a appelé les autres établissements scolaires du Boulonnais à la rejoindre car nous subissons tous la même politique réactionnaire. Nous avions bien conscience que seuls nous n'allions pas gagner, un mouvement d'ampleur sur le Boulonnais aurait été plus efficace mais ce n'est qu'un début. Cette grève doit servir pour montrer à tous les établissements scolaires qu'ils ne doivent pas se laisser faire, la lutte finira par payer car nous avons raison et ils ont tort.

 

 

Un travailleur en lutte du collège du Portel

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 23:29

 

    Chaque jour, les habitants de Calais se voient imposer de fausses informations sensationnalistes dans les rubriques « migrants » ou « faits divers » des journaux locaux. Plutôt que de faire un réel travail d’analyse et d’information, le Nord Littoral et La Voix du Nord se contentent en général de relayer les versions policières et les discours xénophobes municipaux et nationaux.

 

   C'est pourquoi, dans l’optique d’apporter une nouvelle source d’information à la population calaisienne, les militants de No Border ont décidé en Novembre dernier de créer un journal mensuel de 4 pages, intitulé « Sans Frontières ». En février 2011, alors que Natacha Bouchart souhaitait voir disparaître les No Border de Calais, le troisième numéro de Sans Frontières était bouclé et diffusé gratuitement en ville et sur le net

 

 

 

(http://sansfrontieres-calais.blogspot.com/).

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La Mouette Enragée

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  • : Ce blog est issu d'un groupe de militants originaires de Boulogne sur mer (62) qui se réclament du communisme libertaire. A l'origine, la Mouette Enragée est un journal local qui relaye les luttes politiques mais aussi propose des analyses sur des luttes sociales ou des problématiques locales. Avec ce blog, nous proposons de partager nos réflexions passées et présentes pour ainsi mieux envisager les perspectives de lutte efficace et organisée par la base, c'est à dire les travailleurs eux-mêmes
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Nous nous définissons comme Communistes-Anarchistes parce que:

 

- Nous rejetons tous les systèmes économiques, toutes les institutions politiques, étatiques ou privées qui se fondent sur l'exploitation de l'homme par l'homme, sur l'autorité et la hiérarchie.

- Nous avons toujours lutté, à la fois contre toutes les formes de Capitalisme d’État qui se dissimulaient ou se dissimulent encore sous les noms de Marxisme-Léninisme, Bolchevisme, Stalinisme, Etats-ouviers, etc... , et contre les Capitalismes Libéraux avec leur cortège de gaspillage et de consommation effrénés. Il s'agit pour nous, des deux faces de la même médaille.

- Nous considérons que, partout dans le monde, les inégalités sociales, la loi du profit et du plus fort conduisent à une société de plus en plus déséquilibrée, polluée, inhumaine et sont directement responsables du racisme, du crétinisme passif, de la corruption financière et politique.

- Nous sommes pour l'auto-organisation sur une base de classe , des travailleurs, des habitants, des consommateurs dans les formes qu'il leur convient de se donner, pourvu qu'elles ne reproduisent pas, comme les mafias politiques de Droite comme de Gauche ou les bureaucraties syndicales, les tares que nous dénonçons plus haut.

- Nous sommes pour une Démocratie Directe qui correspondrait aux besoins authentiques des individus sans distinction de sexe ou de nationalité, et non plus au profit des marchands et des publicitaires, des bureaucrates et des notables.

- Nous pensons que le capitalisme ne s’ effondrera pas de lui même et qu’une révolution sociale et mondiale demeure la condition indispensable de son dépassement.

- Nous pensons que c’est au cœur même des luttes et des mouvements sociaux que s’élaborent les formes nouvelles de rapports sociaux et donc que c’est au sein de ces mouvements qu’il faut lutter.

- Nous n'appelons donc personne à nous "suivre'' aveuglément, et ne recherchons aucun pouvoir pour nous mêmes, mais souhaitons œuvrer avec tous ceux et toutes celles qui veulent changer radicalement cette société en prenant dès aujourd'hui leur destinée en main.

Fortunes de mer

 

Clich- 2010-06-10 22-02-51

           Disponible, en vente

(contactez directement la Mouette)