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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 11:52

conseils ouvriers

Anton Pannekoek.Ed. Spartacus.

 

Les conseils ouvriers. sont une sorte de livre “maudit”. Il jouit, dans les milieux de l’ultra-gauche, d’une certaine aura, et il arrive même que l’on fasse allusion à l’auteur au hasard d’une page ou d’une note, dans tel ou tel article à la mode. Mais qui a lu ce livre, même parmi ceux qui en parlent ?

Anton Pannekoek (1873 – 1960) est un contemporain de Lénine et de Rosa Luxemburg ; au début du XXe siècle, militant aux Pays-Bas puis en Allemagne, il prit part aux mêmes débats qu’eux. Dès cette époque, il critiqua la politique et l’organisation de ces partis socialistes qui allaient renier leurs engagements internationalistes en 1914. Il s’en sépare alors définitivement et rejoint les communistes internationalises allemands. Participant à la révolution allemande de 1918 et aux affrontements qui la suivirent, il s’oppose en 1920 à la direction de l’Internationale communiste naissante, qui veut imposer aux partis qui y adhèrent des tactiques parlementaristes.

 

Au cours de la deuxième guerre mondiale, il rédige Les Conseils ouvriers, tout à la fois analyse critique de la société capitaliste, bilan des leçons durement apprises par le mouvement ouvrier au cours des cent ans qui suivirent la publication du Manifeste du parti communiste et réflexion très concrète sur les chemins qui peuvent conduire à la société des producteurs associés, libres et égaux, une société sans classes ni exploitation. Il explique ainsi son approche :

 

« Conseils ouvriers, cela ne désigne pas une forme d’organisation fixe, élaborée une fois pour toutes et dont il resterait seulement à perfectionner les détails ; il s’agit d’un principe, le principe de l’autogestion ouvrière des entreprises et de la production... C’est une question de lutte pratique contre l’appareil de domination capitaliste. »

 

Après une présentation générale de la part des traducteurs et une courte biographie, ce premier volume commence par l’analyse de l’organisation actuelle de la production qui débouche sur ce constat : « …malgré tous ses discours trompeurs…le capitalisme organisé est…tout à fait incapable de mettre en œuvre les riches forces productives de l’humanité pour ce qui est leur véritable but, il ne fait que les utiliser comme moyens de destruction. La classe ouvrière se trouve donc fasse à la nécessité de prendre elle-même la production entre ses mains. » Il examine ensuite les tendances qui poussent les ouvriers vers la transformation de la société et exposent les fondements de l’organisation des conseils.

Dans un deuxième volet, il dresse le tableau de ce qu’ont été les luttes ouvrières depuis une centaine d’années, les rôles qu’ont joués le syndicalisme, l’action directe et les grèves et tire les leçons de la Révolution russe. Une troisième partie est consacrée aux idéologies, à la religion, au communisme et au socialisme.

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 10:08

Voici un résumé factuel fait par un camarade présent au tribunal lors de l'audience des militants No Borders le 5 septembre 2012.

 

 

PA290149.jpg

Deux procès nous concernent: un avec 5 inculpés contre les PAFeux pour rébellion (et outrage pour le copain Egyptien), l'autre avec une inculpée contre les CRS pour outrage et rébelion.

Un beau cortège est là pour nous accueillir, une bonne quinzaine de policiers sont présents pour la sécurité du tribunal. Les gardiens du tribunal ont bien été briefés et sont très antipathiques dès notre arrivée.

A noter aussi que deux journalistes sont présent, l'habituelle râleuse de Nord Littoral, qui n'a jamais caché sa proximité avec les agents de la PAF! Le second est un pigiste de la voix du nord, qui est tout simplement un ancien agent de la PAF ! On peut donc s'attendre a de très bon articles dans ces deux torchons qui n'ont plus grand chose a prouver a ce niveau là...

 

On peut aussi féliciter la toute jeune procureure qui aujourd'hui faisait son premier jour au sain du tribunal de Boulogne et son premier jour tout court en tant que procureur! 25 ans à tout casser, tout juste sortie de l'école pour protéger les flics, donner un cour de citoyenneté à l'audience, décider de notre vie et surtout essayer de faire condamner nos ami(e)s! Chapeau bas mademoiselle... N'est pas procureur n'importe qui!

 

Sur le procès contre les PAFeux, comme d'habitude il s'agit de Gaël Bertaux, Christophe Dahm et Nadjet Mat Mat! Je ne les présente plus... Cependant seul Bertaux et Dahm sont sur le banc des plaignants car Mat mat ne désire pas se porter partie civile et donc toucher des indemnités en cas de condamnation des copains. Elle reste sagement au fond de la salle pour soutenir ses petits camarades! La solidarité policière est irréprochable...

 

Bien évidemment la version de nos amis et la versions des policiers sont complètement différentes. Les policiers reconnaissent cependant que Jamal pissait le sang dans le camion, qu'ils ont été obligés de maintenir sa tête pour éviter que le sang ne coule partout et surtout sur leurs beaux uniformes. L'un des deux policiers va même jusqu’à accuser jamal de se mordre la lèvre pour pisser encore plus le sang... Il déclareront par la suite que vu les circonstances, ils considèrent tout deux que leurs interventions ont été faites dans les règles et surtout de manière très propre!

 

Une fois de plus, globalement les déclarations des policiers ne tiennent pas! L'un dit avoir reçu une bouteille d'eau a un endroit, alors que dans leurs dépositions ils l'avaient reçu ailleurs... Ils déclarent avoir reçu de nombreux coups, mais aucune trâces (ou très faibles) ne sont constaté ensuite par le médecin! Une série de déclarations qui sentent le mensonge à plein nez

 

Notre camarade questionnée sur le déroulement des faits parlera beaucoup et expliquera la situation tel qu'elle l'a vécue de manière très détaillée, au point que l'avocat des parties civiles se trouve un peu dérangé par cette intervention et demande qu'on arrête de la faire parler. Pendant ce temps la Miss bertaux et Dahm, avec leur naturel manque de respect, chuchotent, et s’agitent sur leurs banc afin peut être de se rassurer et de montrer leurs désaccord avec notre amie (ce dont on ne doute absolument pas d’ailleurs).

 

Marie Hélène Calonne, notre avocate, met en lumière, dans un discours beaucoup plus politique qu'à son habitude, de nombreuses autres évidences et irrégularités du dossier.

 

Malgré cela, notre toute fraîche procureure décide de demander 6 mois de prison avec sursis pour chacun des prévenus. Elle ajoute ainsi qu'avec cette "épée de Damoclès sur la tête il ne recommenceront pas". L'avocat des flics demande quant-à-lui des dommages et intérêts qu'il laisse à la cour le plaisir d'évaluer.

 

L'audience est levée, tout le monde sort, les policiers venus surveiller les méchants casseurs finissent leur service avec les remerciements du procureur général, Jean Philippe Joubert.

 

Le second procès débute une heure après. Notre copine suédoise n'étant pas sur place, il s'agit donc d'un procès avocat contre avocat. Accompagné du fils d'une copine (un jeune de moins de 12 ans), je décide d'aller quand même assister à l'audience. Le policier chargé de la porte de la salle d'audience semble surpris de me voir rentrer et me demande la raison de mon retour. je lui explique que je viens pour le procès d'une copine NoBorder. Il m'explique que le procès est passé, je lui répond que je viens pour le second! Et là, c'est la panique, il se retrouve alors seul policier (ces camarades sont rentrés chez eux) face à deux dangereux NoBorder, un de 12 ans et l'autre connu pour son agressivité... Il demande alors à l'huissier si d'autres forces de police sont prévues ou vont arriver! Que nenni! Marie Hélène Calonne suit la scène de loin et arrive, me demande ce qu'il se passe (entre temps nous nous sommes gentiment assis sur un banc) et là, le policier réitère sa question "y-a-t-il d'autres forces de police qui vont arriver"! MHC lui répond calmement et avec un petit sourire que non et que nous sommes là tout les deux pour tout casser dans le tribunal! Le policier se sent con et reconnaît difficilement qu'on ne représente aucun danger pour lui. Nous verrons malgré tout arriver deux policiers à vélo, probablement appelés en urgence face à ces dangereux terroristes.

 

Cette petite anecdote passée, on en vient au second procès! On reproche évidemment à la copine de pas être présente au tribunal pour s'expliquer; mais d'un autre coté, les CRS ne sont pas la non plus. Les versions des CRS accusent la copine de s'être jetée sur les policier et de les avoir insultés dans une crise d’hystérie! Une fois encore les deux versions ne coïncident pas : on se retrouve donc encore sur un cas de parole contre parole.

 

La toujours fraîche procureure demande pour ce cas-ci une peine de 3-4 mois de sursis. Les parties civiles demandent de lourde somme de dédommagement, autour me semble-t-il de 400-500€ pour chacun des trois agents! De quoi bien commencer l'année...

 

Pour ces deux procès, le délibéré sera rendu le 17 octobre!

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 17:41

 

 

 

La grève des mineurs repart de la base et se propage du León aux Asturies alors que les syndicats UGT et CCOO l’ont arrêté sans n’avoir rien obtenu après 65 jours de lutte.


La grève des mineurs espagnols a pris fin le 3 août dernier après 65 jours de combat. Au final le gouvernement espagnol n'aura cédé en rien sur ses coupes budgétaires mais les mineurs et leurs familles étaient épuisés financièrement et au bout de leur possibilité. Et pourtant, le rapport de force n'a jamais été favorable au gouvernement et à ses forces de répression. Les mineurs ont utilisé tous les moyens pour faire plier le ministre de l’industrie : blocage de routes, autoroutes et voies ferrées, enfermement dans les puits, manifestations, la Marche Noire etc... Tout cela avec des syndicats à la ramasse, se contentant de suivre le mouvement. Toutes ces actions ont été marquées par une forte solidarité de la population, d'abord celle des bassins miniers mais aussi dans toutes les villes et villages traversés par les Marches noires avec comme démonstration de cette solidarité l'immense manifestation madrilène du 11 juillet.

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Mais voilà, la solidarité n'est pas allé assez loin et d'autres secteurs ne sont pas mis en lutte avec les mineurs provoquant leur épuisement. Les syndicats majoritaires n'ont guère aidé à la poursuite du mouvement, bien au contraire, tous préoccupés qu'ils sont par leur représentativité dans ce secteur, en témoigne les luttes entre UGT, CCOO et USO. La solidarité financière a été défaillante : l'USO n'aidant que ses adhérents, les autres syndicats ayant recours à un organisme de crédit à qui les travailleurs devront rembourser leurs jours de grève !

 

Malgré tout, cette grève a été marquante en Espagne et en Europe et son fiasco n'est à l'évidence pas digéré par les travailleurs qui ont mené une lutte particulièrement dure pendant plus de deux mois. Le conflit vient de resurgir dans des mines, des sous-traitants et des secteurs auxiliaires dès le 23 août. Piquets de grève, blocages... sont donc de retour. UGT et CCOO, absents et surpris par la détermination des grévistes ont d'abord minimisé l'ampleur d'un mouvement de grève et d'action qui ne fait que se développer, de s'organiser et de se solidariser de bassin à bassin.

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Il faut insister sur la participation primordiale des femmes et familles de mineurs qui assurent actions, logistique, relais avec et par le tissu associatif et des centres sociaux entre autres. La (ré)pression, au travers de licenciements de grévistes s'accentue ; c'est un vrai combat qui s'engage.

 

Pour en savoir plus : http//oclibertaire.free.fr/spip.php?breve463

 

 

Nous reviendrons plus longuement sur les tenants et aboutissants de cette lutte dans le

numéro à venir de La Mouette Enragée.

Le 09/09/2012

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 14:15

 

 

    Après le renversement du Tsar en 1917, la révolution suivit en Ukraine son propre cours. Le traité de Brest-Litovsk eut en particulier pour conséquence un retour au pouvoir des grands propriétaires réactionnaires, appuyés par les troupes austro-allemandes, contre lesquels se mobilisèrent paysans et ouvriers pour défendre les acquis de la révolution.

 

Makhnovtchina

 

     Ce mouvement révolutionnaire autonome prit une ampleur et une durée considérables dans le sud-est de l’Ukraine, dans la région bordant la mer Noire et la mer d’Azov. Les groupes d’auto-défense apparus en 1917 et 1918 constituèrent une armée pour faire face aux armées blanches qui se dressèrent contre la révolution russe. Leur dirigeant le plus éminent en fut Nestor Makhno, un ouvrier anarchiste originaire de cette région ; d’où le nom de makhnovchtchina qui fut donné à l’époque à l’ensemble de ce mouvement. L’armée révolutionnaire ukrainienne joua un rôle déterminant dans les défaites de Dénikine, puis de Vrangel, et donc dans la sauvegarde de la révolution bolchevik, pour être finalement anéantie par l’Armée rouge.

 

    Archinov, qui fit la connaissance de Makhno en prison à Moscou, le rejoignit en Ukraine en 1919 et prit une part importante à l’action éducative et culturelle du mouvement. Il entreprit d’en écrire l’histoire dès 1920, en réponse aux déformations et calomnies de toutes sortes dont il était l’objet, en particulier de la part des bolcheviks. Dans des circonstances très difficiles, il l’acheva en avril 1921, quelques mois avant la défaite finale du mouvement.

 

     Cette édition reprend les textes de la première édition en français préparée par Voline (Éditions anarchistes, 1924), à l’exception de la préface de Sébastien Faure. Elle y ajoute une postface d’Hélène Châtelain, des photos qui ont été confiées à celle-ci par la famille Makhno à Gouliaï-Polié et des cartes.

Durant toute la lutte révolutionnaire en Ukraine, la classe ouvrière et les paysans de ce pays n’eurent pas l’habitude d’avoir à leurs côtés un tuteur permanent et inflexible comme le fut le parti communiste en Grande Russie. Par conséquent il s’y développa une plus grande liberté d’esprit qui devait infailliblement se faire jour à l’heure des mouvements révolutionnaires des masses…Le mouvement révolutionnaire en Ukraine s’accompagnait donc de deux circonstances qui n’existaient pas en Grande Russie et qui devaient tant influer sur le caractère même de la révolution ukrainienne : l’absence d’un parti politique puissant et organisé, et l’esprit de la Volnitza historiquement propre aux travailleurs d’Ukraine. En effet, tandis qu’en Grande Russie la révolution était étatisée sans peine, contenue dans les cadres de l’État communiste, cette même étatisation rencontrait en Ukraine des difficultés considérables ; l’appareil « soviétiste » s’y instaurait surtout par la contrainte, militairement. Aussi, un mouvement autonome des masses, surtout des masses paysannes, continuait à s’y développer parallèlement. Il s’annonçait déjà sous la République démocratique de Petlioura et progressait lentement, cherchant encore sa voie. En même temps ce mouvement avait ses racines dans les fondements essentiels de la révolution russe. Il se fit ostensiblement remarquer dès les premiers jours du bouleversement de Février. C’était un mouvement des couches les plus profondes des travailleurs cherchant à renverser le système économique d’esclavage et à créer un système nouveau, basé sur la communauté des moyens et des instruments de travail et sur le principe de l’exploitation de la terre par les travailleurs eux-mêmes.”

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 10:43

La conquête du pain. L'économie au service de tous

 

la.jpgPierre Kroprotkine

 

Dans cet essai est proclamée l'idée qu'une société est possible sans capitalisme. Idée qui paraît étrange au XXIe siècle où tout est censé être devenu une marchandise. Elle n'était pas moins étrange à la fin du XIXe siècle. Kropotkine décrit avec netteté et virulence le processus d'accaparement à la base du capitalisme. Main-mise sur les richesses naturelles, sur le produit du travail de nombreux siècles : depuis toujours des hommes ont travaillé, défriché, mis la terre en culture, édifié des villes, construit des routes et des ponts et, tout récemment alors, des voies de chemin de fer. Les ouvriers travaillent pour des salaires de misère, la protection sociale n'existe pas, l'enrichissement est assuré pour celui qui exploite le labeur des autres. De cette exploitation, Kropotkine fait un tableau terrible, montre que le corps de l'homme s'y épuise mais aussi que ses facultés naturelles et critiques s'atrophient. Projet utopique d'une Commune idéale, La Conquête du pain ouvre cependant au travailleur  du XXIe siècle des perspectives concrètes vers une société réellement libre et solidaire.

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 13:06

les soviets trahis...

Rudolf Rocker. Ed. Spartacus.

 

Il s’agit là de la première critique d’ensemble du régime bolchévik d’un point de vue anarchiste, parue en Allemagne en 1921 sous le titre La faillite du communisme d’État russe.

Rudolf Rocker, militant anarcho-syndicaliste, avait au cours d’une longue période d’exil à Londres participé aux combats des ouvriers de la confection contre l’exploitation ; rentré en Allemagne en 1918, il avait œuvré au regroupement des militants anarcho-syndicalistes.

Dans ce livre, il montre comment, devenus maîtres des Soviets qui étaient nés de l’action spontanée des masses, les bolcheviks, après s’être emparés des pouvoir étatiques, en ont usé pour tenter d’intégrer à l’appareil d’État toutes les autres tendances révolutionnaires, ainsi que pour diffamer, calomnier, éliminer et massacrer quiconque refusait de se soumettre. S’appuyant sur des témoignages de première main, il dénonce les méthodes des bolcheviks qui ont, par exemple, cyniquement trahi le pacte conclu avec les troupes de Makhno, aggravé la famine qui sévissait déjà en détruisant les communes et les coopératives paysannes et ont fondé un État tout-puissant, prétendument socialiste, instrument d’une nouvelle forme de l’esclavage salarié.

 

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 14:04

 

Du 26 au 28 juillet 2012.

 

Actions des femmes de mineurs et  blocages de routes tandis  l’Etat réaffirme vouloir  imposer son plan.

 

Jeudi 26 juillet : lors d'une conférence de presse, Sorria, le ministre de l'industrie a déclaré que le gouvernement adoptera unilatéralement le nouveau plan charbon si les syndicats  refusaient de négocier.  Il en a profité pour rappeler que l'actuel plan de fermeture des mines a été adopté par le précédent gouvernement avec l'accord de l'Union européenne. Il accuse les entreprises de manipuler la grève pour profiter à plein des subventions. Il a rappelé quelques chiffres : 5,5 milliards d'euros d'aides directes ont été versées aux entreprises depuis 1990; le montant total des subventions représente quelques 24 milliards d'euros depuis 21 ans. Sorria cible en particulier le Groupe Vitorino Alonso qui aurait reçu depuis cette période 2,11 milliards d'euros au titre des aides. Par ailleurs, il ajoute qu'à une époque où les subventions doivent aller en priorité aux énergies renouvelables, il ne voit pas pourquoi on subventionnerait une énergie très polluante, à forte émission de CO2 et responsable de pluies acides.

 

Une vingtaine de femmes de mineurs ont bloqué l'entrée principale du port del Musel à Gijon où se trouve le stock de charbon importé de Colombie par Goldman Sachs (156300 tonnes). Le charbon a trouvé preneur puisque l'entreprise de production énergétique HC energia les a achetés.

 

Vendredi 27 juillet  : l 'aide financière s'organise d’une manière assez particulière du côté des syndicats. En effet, l’UGT et CCOO ont négocié avec Caja Espana un organisme financier (Caja Madrid fait partie de l'entité appelée Bankia, celle-là même qui a été "nationalisée" récemment et que l'Etat - via l'UE - va renflouer encore un peu plus). Celui ci avance un mois de paye aux mineurs avec comme garants les deux syndicats majoritaires; les mineurs rembourseront plus tard sans intérêt. Ceux qui possède une hypothèque auprès de cet organisme la paieront plus tard. De son côté le syndicat USO a débloqué 600 000 euros de sa CRS (caisse de résistance et solidarité) pour payer les jours de grève de ses syndiqués : ceux-ci n'auront rien à rembourser. De son côté le Spanish Miner’s Solidarity Committee annonce le versement de 10 000 livres sterling par l'intermédiaire des syndicats CCOO et UGT. 5 000 livres viennent de la NUM et de la Durham's miners association, le reste de dons apportés par des particuliers.

 

Sur le terrain, en plus de l'action des femmes sur le port, les mineurs enfermés au fond des puits asturiens qui ont pris le relais des sortants il y a une semaine continuent la lutte. Les autoroutes sont régulièrement bloquées, on signale que la ville de CInera a été envahie par les GRS (les CRS locaux). Seuls cinq mineurs qui étaient enfermés dans les salons de la Mairie de CAngas del Narcea ont arrêté leur occupation après être restés enfermés 39 jours dans ce bâtiment.

 

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La solidarité internationale.

 

Des militants anarchistes israéliens et des travailleuses et travailleurs du Bangladesh

ont apporté leur soutien à la lutte que mènent actuellement les mineurs en Espagne.

 

    http://unityispa.wordpress.com/2012/07/25/היום-ליד-שגרירות-ספרד-בתל-אביב/

 

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Traduction la Mouette Enragée.

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 13:23

Urgent : Solidarité financière indépendante avec la lutte des mineurs

 

Alors que la grève illimitée des mineurs se poursuit depuis deux mois, les mineurs et leurs familles se trouvent dans des situations dramatiques. Les numéros de comptes bancaires qui ont circulé sur Internet sont ceux des syndicats (UGT et CCOO) mais il n’y a aucun contrôle ou transparence quant à leur utilisation : cet argent serait utilisé surtout pour financer les frais ‟purement syndicaux” de la lutte (marche des mineurs sur Madrid…), tandis que de nombreux grévistes déclarent ne rien avoir reçu et en être de leur poche, y compris pour les frais occasionnés par le combat quotidien (achat de petits matériels de défense, de protection et d’attaque, déplacements…), sans parler de la survie au jour le jour.

Le FUSOA (Fondo Unitario de Solidaridad Obrera de Asturias), caisse de solidarité ouvrière indépendante des syndicats et des partis politiques, se charge de recueillir des fonds et de les répartir directement auprès de tous les grévistes, syndiqués ou non, en se rendant dans les puits et les lieux de concentration des mineurs en lutte.

L’appel qui suit a été diffusé dans la Communauté Autonome de Madrid. Mais il nous a semblé judicieux de le faire circuler bien au-delà, la solidarité de classe est censée ne pas connaître de frontières.

 

Recueil de soutien financier pour la lutte des mineurs

Dans une période où les coupes sociales et les attaques contre les emplois, les salaires, les droits basiques du travail deviennent habituelles et quotidiennes sans que les travailleurs et les travailleuses ne s’y opposent avec des mobilisations conséquentes, la lutte menée par les mineurs est remarquable non seulement par sa radicalité et ses confrontations avec les forces de répression, mais aussi par la constance et la continuité de la lutte, en particulier dans les bassins du nord, dans les Asturies et le Léon.

 

La Caja Obrera de Resistencia de Madrid (Caisse Ouvrière de Résistance de Madrid) a soutenu financièrement cette lutte à plusieurs reprises, jusqu’où cela a été possible, laissant à zéro le solde du compte alimenté par les affiliés actifs. Toutes les aides que nous avons apportées ont été pour le FUSOA (Fonds Unitaire de Solidarité Ouvrière des Asturies), caisse de résistance asturienne avec laquelle nous partageons une présence dans la coordination des Caisses de Résistance et des Comités de Solidarité.

 

C’est pourquoi avec ce communiqué nous commençons une collecte de fonds parmi les travailleurs et les travailleuses les plus conscients de Madrid. Nous ne demandons pas l’aumône pour les pauvres, nous sollicitons la solidarité financière pour ceux qui luttent, pour qu’ils continuent à se battre et qu’ils puissent lutter contre la répression qui se prépare dans les cabinets ministériels contre tous ceux qui ont été identifiés et arrêtés lors des journées de lutte.

 

Alors maintenant, tu as la possibilité de participer à la lutte des mineurs en contribuant financièrement, selon tes possibilités. La Caisse Ouvrière de Résistance est une caisse stable qui recueille de façon permanente les contributions de ses membres actifs et qui décide en assemblée sur ses aides et ses collectes, tout en étant ouverte à tous les travailleurs et travailleuses, indépendamment de leur idéologie et de l’organisation syndicale à laquelle ils appartiennent.

 

Comment faire des contributions à la Caisse Ouvrière de Résistance ?

 

Toujours de la main à la main, ou directement aux compañeros et compañeras actifs de la Caisse, ou bien aux organisations syndicales qui collaborent à cette Caisse et nous le feront parvenir

(Solidaridad Obrera, Plateforme syndicale de EMT, le Syndicat Assembléaire de la Santé, etc.). Si aucune de ces manières n’est possible, tu peux te mettre en contact avec la Caisse à travers l’adresse de la boîte postale suivante : Apartado de Correos 40155 (28080 Madrid) ou en envoyant un courriel à cette adresse électronique : cajaresistencia [at] gmail.com et nous entrerons en contact personnellement avec toi pour recueillir ton aide financière.

 

Madrid, juillet 2012

 

Source : http://www.solidaridadobrera.org/cajaobrera/

 

 

 

 

 

Actualisation V - Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte.

Du 19 au 24 juillet 2012

 

La dissension entre appareils syndicaux se confirme, l’enfumage de l’Etat se poursuit; de leur côté, les mineurs continuent leurs actions sur le terrain.

 

 

Le 19 juillet, à San Roman des Bembibre, les mineurs ont bloqué une autoroute et des voies ferrées. Il y a eu trois arrestations à la suite de frictions avec la police.

 

Toujours depuis le 19 juillet, trois mineurs Asturiens des CCOO-HUNOSA campent devant le ministère de l'indutrie et quatre des CCOO de Léon et Aragon campent également devant le musée du Prado. Ces campements se nomment “Assemblées permanentes”.

 

Les barrages de routes se poursuivent mais la stratégie est différentes. Dorénavant les mineurs procèdent aux actions et blocages de nuit afin d'éviter que les hélicoptères de la police ne les repèrent. Les flics eux entrent donc dans les villes la nuit, coupent les lumières, brouillent les communications portables et arrêtent tout ce qui bouge : passants, automobilistes, etc...

 

Les dissensions à la tête des appareils syndicaux se confirment: le SOMA-FITAG-UGT souhaite abandonner la stratégie de blocage des routes. Le SOMA a ainsi organisé le 20 juillet une marche au départ des puits de mine en direction d’Oviedo, capitale provinciale des Asturies. Entre temps l'USO, syndicat qui possède statutairement une caisse de résistance et de solidarité a versé 30.000 € aux mineurs de Cangas del Narcea. Notons qu’à l'issue de la manifestation du 11 juillet, le ministère de l'industrie a reçu l'USO en audience; audience à laquelle CCOO et UGT ont refusé de se rendre. L'USO se positionne clairement comme le syndicat qui veut négocier et pense gagner grâce à la négociation sans importuner la population avec des coupures de routes.

 

Une réunion était prévue le 20 juillet entre les mairies des bassins miniers (assoc Acom) et un représentant du ministère de l'industrie. Les municipalités ont réclamé la mise en circulation des 111 millions d' euros prévus pour l'aide à la production de charbon afin de donner un ballon d'oxygène aux entreprises. Le gouvernement a répondu qu’il ne donnera pas un centime tant qu'il y aura la grève et les blocages de routes.

 

L’enfumage de l’Etat

 

 

Le 21 juillet, après 8 h de négociations, les représentants des salariés et ceux des entreprises auraient produit un document qui permettrait de débloquer les 111 millions en question. Ce document de 14 pages serait un accord entre la Carbunion, le FITAG-UGT et les CCOO afin de mettre un terme au conflit grâce à des possibilités de maintient de l'emploi dans les mines jusqu'en ... 2012 (sic) !

 

L'activité des mines serait quant à elle maintenue jusqu'en 2018 grâce à l’étalement des coupes au taux initialement prévu de 63 %.

 

Dissensions et machinations à la tête des appareils syndicaux

 

Le mardi 24 juillet : l'USO a donné une conférence de presse accusant les CCOO et le SOMA-FITAG-UGT de prolonger volontairement le conflit pour défendre leurs intérêts syndicaux et les entreprises minières de Vitorino Alonso qualifié de mafieux durant la conférence. L'USO accuse les deux syndicats majoritaires d'avoir refusé un accord avec le ministère de l' industrie car une partie des aides qui auraient été transférées pour permettre le recouvrement des salaires des ouvriers étaient destinées à l'origine à financer SOMA et CCOO par l'intermédiaire des plans de formation ainsi que le paiement de frais de fonctionnement incluant le salaire de certains secrétaires de ces syndicats. L'USO plaide pour un retour au travail, garantissant que la viabilité du secteur est assurée si on transfère une partie des fonds destinés à la ré-industrialisation vers les entreprises minières pour l'aide à la production, ce qui est en fait la position du gouvernement. Précisons que l'USO n'a pas quitté une seule fois la table de la négociation depuis fin juin et le lancement de la Marche Noire.

 

Le SOMA répond en demandant au secrétaire de l'USO de se rétracter publiquement sinon ils intenteront des actions en justice. Par ailleurs le SOMA rappelle que l'USO a lui aussi reçu des subventions ainsi que des fonds pour la formation des mineurs et leur famille. Le SOMA rappelle qu'il y a probablement des milliers de “fils de mineurs USO” qui ont bénéficié de ces plans de formation...

 

Pour compliquer la situation, le secrétaire général des USO Asturies se désolidarise de sa direction nationale quand elle parle des transferts de subventions pour permettre la reprise du travail par contre il rejoint les critiques sur le détournement des subventions de formation pour le financement des syndicats.

 

 

 

Pendant ce temps sur le terrain

 

Les actions continuent. Les mineurs empêchent depuis le 23 juillet l’approvisionnement de la centrale thermique de Compostilla. Ils ont bloqué des camions chargés de charbon d'importation qui venaient alimenter la centrale. Pendant ce temps, Goldman Sachs accumule dans le port d'El Musel, dans les Asturies, des tonnes de charbon d'importation en attendant que les prix montent.

 

Mercredi 25 : Le ministère a rejeté le plan commun proposé par les syndicats majoritaire/Carbunion Pour le ministère il est peu clair et inutile. Le gouvernement recherche uniquement le moyen de ne pas fermer des entreprises et perdre des emplois dès cette année. Par contre, les coupes auront bien lieu. Il réfléchit à un plan charbon 2013-2018 tout en assurant que le modèle actuel de négociation est mort, autrement dit, le plan se fera sans les syndicats. Pendant ce temps, le blocage de la centrale

thermique continue. Les mineurs bloquent toujours des autoroutes en ASturies et les mineurs enfermés dans les puits du Léon viennent d'atteindre leur 50 è me jour passé sous terre.

 

Traduction la Mouette Enragée. Le 25/07/12

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 15:44

 

 

Dissensions à la tête des appareils syndicaux, la base maintient l’unité, les actions se poursuivent, la répression également.

 

 

    La fédération de l'industrie des CCOO semble prendre de la distance avec le SOMA-FIAG-UGT. Dans son communiqué de presse, le SOMA demandait à ce que les actions dans les bassins miniers se normalisent, elles doivent dorénavant se mener pacifiquement avec un calendrier qui sera fourni plus tard. Il faut donc comprendre que si l'UGT est encore présente sur les barrages, c'est uniquement parce qu'à la base les mineurs continuent d’y participer, sinon cela ferait longtemps que l'UGT aurait demandait à ses sections des mines de plier bagage...

 

    Les CCOO annoncent pour leur part que tant qu'il n'y aura pas de solution, les barrages routiers se poursuivront sous la même forme que jusqu'à présent. Et c'est ce qu'il se passe : barrages sur les autoroutes à l’aide de pneus enflammés. Des manifestations avec une forte répression se poursuivent dans les villes et village miniers, entre autres à San Roman de Bembibre. Hier, mercredi 18 juillet à Oviedo, capitale des Asturies, des mineurs ont bloqué le centre ville, ils portaient les bannières des CCOO uniquement. De part les témoignages de mineurs participant aux assemblées générales quotidiennes, on sait qu'ils veulent continuer la grève quel que soit l'avis des syndicats. Depuis la “Marche Noire”, des voix se font entendre sur le rôle joué par les deux syndicats : ils ont été indispensables car sans l’organisation de la marche n’aurait pas été possible, ils ont su assurer la logistique, les logements, la bouffe... cependant, des mineurs quoique syndiqués ne comprennent pas le fait qu'il y ait eu deux T shirts  : un noir et un vert en fonction du syndicat. Ils auraient préféré un seul et unique T-shirt. Pour eux c'est le symbole de la désunion qui apparaît.

 

    Du côté des CCOO on demande encore l'ouverture de négociations, or, pour l'instant, le gouvernement ne donne pas signe de vie après avoir semblé assouplir sa position. Ce mercredi 18 juillet, des femmes de mineurs ont de nouveau manifesté dans le Congrès avec une explosion de colère lorsque, entre autre, un député du Parti Populaire au pouvoir a parlé des “avantages des mineurs” !

 

Quelle lecture faire de la situation après 53 jours de grève ?

 

    Le SOAM semble vouloir, si ce n’est mettre un terme au mouvement, du moins dans un premier temps le museler en contrôlant les modalités de l’action. Il se confronte pour le moment à la détermination des mineurs qui poursuivent sans tenir compte de ses déclarations, la mobilisation dans mêmes formes depuis le début. Les CCOO, pour leur part, jouent la carte du soutien aux mineurs mais avec quelles intentions ? Est-ce pour une question de majorité dans le groupe public HUNOSA dominé par l'UGT comme dans les grosses boites privées dominées par l'USO (comme celle qui a fait quiproquo, reprise du travail, pas reprise...l’ USO voulait reprendre, pas les mineurs et donc pas ... les CCOO.

 

A suivre

 

Traduction La Mouette Enragée. Le 19/07/12

 

 

 

 

Nous reproduisons ce texte du secrétaire général de la section syndicale des CCOO à la Hunosa car il dénonce assez bien tout l’opportunisme que déploie actuellement le Parti Socialiste Espagnol autour du mouvement des mineurs. Hier au pouvoir, le PSOE travaillait à liquider le secteur des mines quand aujourd’hui dans l’opposition il ne recule devant aucune hypocrisie pour continuer à exister après la raclée électorale qu’il a essuyé.

 

 

 

L'éthique minière à Madrid

Lettre au PSOE et au PP écrite par Jaime Martínez Caliero secrétaire général de la section syndicale CCOO à la HUNOSA

     

  Il y a deux ans, des milliers d'habitants des bassins miniers avaient déjà manifesté à Madrid pour la défense du secteur du charbon. C'était le 9 décembre 2010 et la fédération de l'industrie des CCOO avait convoqué au niveau national une grève en solidarité, contre la décision 787 qui mettait fin aux mines de charbon en 2018. A cette date, le président du gouvernement était José Luiz Rodriguez Zapatero et le ministre de l'industrie monsieur Sébastian.

 

       
Le commissaire à compétence européenne était Joaquim Almunia, commissaire nommé par le PSOE et à cette époque il détenait la charge de commissaire à l'économie et aux finances. Il était chargé de participer à la signature de l'accord sur la fermeture des mines espagnoles en décembre 2018, et c'est cela qu'ils nous ont vendu comme un succès, grâce à eux, la fermeture des mines ne se produirait pas en 2014.

       
Pendant la manifestation de ce jour de décembre 2010, nous n'avons vu personne parmi ces messieurs qui maintenant se remplissent la bouche pour défendre un secteur que les mêmes poussèrent à la fermeture. Comme changent les choses et les opinons de certains en si peu de temps  !  On peut dire que cela est du à la fragilité de la mémoire de ces personnes et que par là-même, ils ne se souviennent pas que le PSOE a signé la sentence de mort pour les mines de charbon et qu'actuellement le PP ne fait qu'exécuter cette signature dans une forme brutale.


      Je dis ceci et si je me limite à la marche nocturne du 10 juillet 2012 et à la manifestation de Madrid le jour suivant, je dois souligner qu'il est nécessaire de fortement remercier le soutien de toute la population de Madrid, en mettant l'accent sur le corps des pompiers de Madrid. Merci à tous pour votre soutien.

       
Tous sont les bienvenus pour manifester à Madrid ou ailleurs. Il est indispensable que les personnes sortent dans la rue, les chômeurs, les fonctionnaires et bien sûr tous ceux qui subissent les coupes de ce gouvernement qui ne se rend pas à la raison mais seulement à ses propres intérêts et à ceux du secteur bancaire.

Ici je ne peux dire cependant que tout se vaut, au moins pour moi. Nous avons vu le soutien de différentes personnes , destituées de leur poste, qui est de trop...

1) M. José Manuel Alonso, actuel député national et ancien ministre de l'intérieur et porte parole du gouvernement socialiste, a tenté (je ne sais s'il a réussi) d'entrer dans la cité universitaire accompagné de son escorte et de fièrement se montrer, je suppose pour montrer son soutien au secteur de la mine. Où était ce monsieur le 9 décembre 2010  ? Le problème est le même mais avant il ne l'intéressait pas et maintenant oui  ?

2) 
Monsieur D. Antonio Trevín, à ces dates délégué du gouvernement socialiste dans les Asturies et actuellement député national du PSOE ne faisait pas entendre sa voix en faveur du charbon comme il le fait actuellement. Pourquoi ne nous accompagnait-il pas le 9 décembre  2010 ? Serait-ce car à l’époque cela ne l'intéressait pas et que maintenant oui  ?

 3) 
Je pourrai continuer à citer des noms, mais pour résumer, j'en appelle à tant et tant de maires de villes minières. Pourquoi maintenant oui et avant non  ?

 4) 
Je regrette, à la manifestation, monsieur Joaquin Almunia mais je ne peux écarter sa présence, car il apparaît que pour certains «  tout se vaut  »  est leur devise.

5) Pour ma modeste opinion, il est préférable d'être seul qu'accompagné d'hypocrites...

6) Il me plairait que l'actuel ministre de l'industrie José Manuel Soria, cesse de tenter de manipuler l'opinion publique de ce pays, mentant sur le problème des mines de charbon et qu'il se consacre à chercher des solutions et bien sûr, à respecter le Plan Général pour la Mine 2006-2012 car selon ses propres mots le gouvernement actuel dit soutenir le secteur mais ses actions prouvent tout le contraire.

7) 
Aussi, il serait désirable que les parlementaires Asturiens du Parti Populaire cessent une bonne fois pour toute d'être les marionnettes du gouvernement central et défendent leur programme électoral.

8) 
Pour finir, il me revient en mémoire les paroles d'une chanson appelée Insurrection  :

          “Où étiez-vous tous lorsque nous avions tant besoin de vous  ?”

          

                                                                                              

 Mercredi 18 juillet 2012 

 

Clich--2012-07-19-12-20-24.jpg

           Affrontements dans la nuit de cette semaine  entre Mineurs et antidisturbios de la Guardia Civil dans la localité de Bembibre


Clich--2012-07-19-11-15-12.jpg


La solidarité financière avec les mineurs en lutte 

 

   A notre connaissance les organisation mentionnées ci-dessous collectent des fonds actuellement :

 

    Directement en Espagne : compte commun (CCOO-UGT) Cuenta solidaria para la defensa de la minería y de las comarcas mineras Caja de ESPANA :

 

Iban ES37 2096-0000-85-3472463104 BIC CSPAES2L

 

     Le SMSC  : Spanish Miner’s Solidarity Committee à contacter sur le lien suivant : http://smscuk.blogspot.co.uk/

 

       L’Union Locale CGT du bruaysis, maison des associations, 403, rue Roger Salengro 62700 Bruay-La-Bruissière. Chèques libellés à l’ordre de "Front Solidaire". Inscrire au dos du chèque "Solidarité aux mineurs espagnols".

 

 

 


 

 


 


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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 15:40

 

    Ce week-end des infos parvenaient de tous les sites, qu'un des lieux de la grève allait reprendre le travail. Les 450 travailleurs de Hullera Vasco Leonesa cesseraient la grève et repartiraient au fond travailler. L'entreprise avait annoncé que si la grève continuait elle allait fermer ses portes. Les ouvriers par peur du chômage auraient décidé dans une assemblée de reprendre le travail. UGT et CCOO se désolidarisaient de cette déclaration en annonçant qu'ils appelaient à poursuivre le mouvement. Mais dans ce puis, le syndicat majoritaire est l'USO qui affirmait comprendre la décision des ouvriers. Aujourd'hui nouvelle annonce, le chef du comité d'entreprise USO annonce qu'il n'y a pas eu de décision allant dans ce sens lors de leur AG et que pour l'instant la grève continue. Le représentant  des CCOO dans cette boîte appelle lui  à continuer a grève.

 

    A noter qu'après quelques recherches, on apprend que la SA Hullera Vasco Leonesa a fait des bénéfices en 2011 et a versé un dividende de 0.07 euros par action à ses actionnaires. Par ailleurs au regard des résultats de la boite, le 21 juin dernier (donc en pleine grève) le conseil d'administration de cette boite a versé un dividende complémentaire de 0,13 euros par action (après impôts). Cette boite privée là n'appartient pas à Vitorino Alonso mais est membre de l'union patronale Carbunion de “Don Vito”.

   

 

A propos des mineurs enfermés dans les puits 


 

    Ceux des puits Candin (puits de la société d'état HUNOSA) et Santiago à Aller dans les Asturies  dépendant également de la HUNOSA avaient été annoncés sortant du puits samedi pour des raisons de santé mentale. Le SOMA-FITAG-UGT souhaitait leur remontée en annonçant que cette forme de lutte était passée. Des rassemblements ont eu lieu pour assister à leur retour. Le syndicat avait tout prévu, heure de leur retour, presse, etc. Cependant, ils ne sont jamais remontés, les mineurs restent au fond et poursuivent la lutte. Le syndicat annonce donc qu'il les soutient mais veille à leur état de santé.

 

     Ce lundi 16 juillet en fin d'après-midi, après l'insistance du syndicat SOMA-FITAG-UGT, les trois enfermés du Pozo Santiago et les quatre du Pozo Candin sont sortis du fonds après 50 jours. A priori, 10 autres mineurs iraient s’enfermer dans d'autres puits : 4 iraient dans le Pozo Candin et 6 dans le Pozo Nicolasa (3 travaillant dans ce puits et 3 autres travaillant habituellement dans le Pozo Monsacro).

 

    A Gijon, cette nuit des barrages de pneus enflammés ont barré certaines routes. Cette fois les mineurs les déposent et partent. Ils sont vite éteints mais cela se produit à peu près chaque nuit.

 

 

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Réflexions autour des mobilisations des mineurs

 

 

    Nous publions un texte produit par la Fédération Ibérique des Jeunesses Libertaires qui évoque à bon endroit les gesticulations opportunistes et les manoeuvre politiciennes qui entourent actuellement le mouvement des mineurs. De la gauche parlementaire aux bureaucrates syndicaux, tous sont à la barre pour tenir le mouvement dans les limites qui le conduiront à la défaite. Ils risquent malgré tout d’avoir du fil à retordre si les événements relatés à la suite du texte des FIJL et qui confirment le contenu de leur texte, se répètent dans les temps à venir.


 

 

Jeudi 12 juillet   http://www.nodo50.org/juventudesanarquistas/?e=78#body-anchor

 

 

    En tout premier lieu, éclairons ceci : nous ne sommes pas en train de donner de leçons à personne et encore moins aux travailleurs des mines, qui savent nous montrer comment mener une lutte réellement combative. Il s'agit simplement d'une série de réflexions qui nous sont apparues depuis le début du conflit, commencé dans les bassins miniers, jusque l'arrivée de la Marche Noire hier à Madrid. Indépendamment de nos critiques, partons d'une prémisse : la lutte des mineurs est juste et nécessaire.

 

     Une défaite dans cette lutte supposera la misère pour des centaines de milliers de familles.

Voici ces réflexions :

 

- Nous aimons et cela nous paraît digne de respect la détermination et la vigueur que les mineurs montrent. Des mineurs enfermés dans les puits, de ceux qui ont parcouru la moitié de la péninsule à

pieds, jusque ceux qui jouent leur santé sur les barricades – souvenons-nous que les forces de l'ordre utilisent des gaz toxiques contre des mineurs qui ont un début de silicose.

 

-  Nous n'aimons pas voir comment CCOO et UGT manœuvrent selon leur envie les travailleurs miniers pour parvenir à leur fin.  Nous n'aimons pas voir Mendez et Toxo [secrétaires généraux des deux centrales syndicales citées plus haut] poser pour la photo avec ces travailleurs. (Se souviennent-ils ces deux-là et toute leur armée d'affranchis ce que c'est de travailler ?)


-  Nous aimons voir que, malgré l'influence des CCOO et de l'UGT en tant que centrales syndicales bureaucratiques, les travailleurs miniers nous montrent que cette lutte se gagne dans les rues. Ce n'est pas une négociation dans les bureaux, c'est un conflit sur les chemins, dans les puits et dans les villes minières. Dans ces temps de « meapilismo » [désolé la Mouette cale sur ce mot !!!] et d'autant de fanatisme pseudo-pacifique, c'est une grande joie de voir les travailleurs répondre avec leurs armes disponibles à une agression directe contre leurs vies venue de l’État et du capital.


- Nous aimerions que les mineurs et les individus et collectifs solidaires puissent élaborer un discours qui aille au-delà de leurs légitimes et nécessaires revendications. C'est-à-dire une vision qui place le conflit dans une critique radicale de l’État et du capital, comme fondement du traitement « user et jeter » exercé contre les travailleurs. Et évidemment une vision du futur  consistant à lutter solidairement avec d'autres conflits du travail et sociaux, et de plus, à élaborer un projet révolutionnaire de transformation social qui en finira avec l'actuel régime étatico-capitaliste (projet pour lequel les mineurs luttaient historiquement) dans lequel le charbon et son évident dommage écologique ne sera pas un bien nécessaire. 


Avec respect pour les mobilisations de soutien à Madrid :

- Nous aimons voir des dizaines de milliers de personnes voulant montrer leur soutien et solidarité avec la digne lutte des mineurs. Nous aimons aussi le degré élevé de combativité qui en a émané, en comparaison

des autres mobilisations que nous avons vu dans la capitale. Mais nous aurions aimé que ce soutien de la population envers un conflit du travail, soit plus que le soutien à un conflit médiatique comme celui-là, et qu'ils soutiennent aussi avec les mêmes ampleur et force les autres conflits sociaux.

- Nous n'aimons pas voir le PSOE dans aucune mobilisation. De plus, il nous est répugnant de voir qu'ils ne font rien contre les coupes, ils envoient les madriers nous rouer de coup et servent comme des marionnettes le pouvoir économique, ils ne sont dans aucune lutte avec nous.  Ils nous donnent l'horreur d'un nouvel exemple d'intérêt et de manipulation dans leur pathétique lutte électorale en prétendant instrumentaliser la lutte des mineurs. De même nous aurions beaucoup à dire de la presse bourgeoise autonommée de gauche (El Pais , Publico  …) et des intérêts économiques de ces groupes d'entreprises.

- Et aussi, nous détestons tous ceux qui prétendent diriger nos vies, c'est-à-dire, tous ceux qui prétendent gouverner, il ne nous plaît pas non plus de voir les partis politiques, en plus du PSOE, essayer de tirer avantage électoral de cette lutte honnête des travailleurs. Il en va de même de grands partis comme IU [Izquierda Unita, Gauche Unie bref le Front de Gauche espagnol] ou de petits comme les autres sectes marxistes : tous veulent la même chose, prendre des votes en étant sur la photo avec le thème phare du moment, pour être ceux qui nous gouverne et se convertir en nouvelle classe dirigeante. Nous tendrions à dire la même chose des syndicats bureaucratiques (avec délégués syndicaux, comité de presse et subventions), des minoritaires autonommés «alternatifs » ; ils profitent des mineurs pour tenter, à travers la photo, de rafler des votes pour les prochaines élections syndicales. Ils sont tous des récupérateurs.

 

    Et enfin pour finir, cela nous dégoûte de voir certains personnages du monde « progressiste » montrer leur « soutien » aux mineurs. Comme il est de mode… Et déjà, que dire de l'appui et du petit discours postérieur ainsi que de la photo avec les mineurs en marche des recteurs de l'Université Complutense [l'univ qui les a hébergés à leur arrivée à Madrid] et de Polytechnique.  Ces mêmes recteurs qui appliquent les coupes contre les travailleurs et les étudiants, ont le toupet de se « solidariser avec les mineurs ». Se distingue ce bâtard de Carrillo (recteur « progressiste » de la Complutense) et ses licenciements de travailleurs boursiers ; au milieu d'autres coupes et abus contre les travailleurs de la UCM (Universidad Complutense de Madrid).

Ce ne sont que quelques petites réflexions. En plus de soutenir les mineurs, nous appliquons en pratique la solidarité et le soutien mutuel. Nous faisons de cela un outils quotidien dans notre vie et toutes nos luttes. Que se répande l'exemple des mineurs. La lutte est le seul chemin.

 

Vive la lutte des mineurs ! Pour le dépassement des coupoles des syndicats bureaucratiques !

Pour la révolution sociale et l'anarchie !


Groupe Drapeau noir Fédération ibérique des jeunesses libertaires.

 

 

Des signes de mobilisation à la base ?

 

      Dimanche 15 juillet ont eu lieu à Madrid deux manifestations de fonctionnaires. La première dans l’après-midi, la seconde le soir. Ces deux manifestations se sont déroulées sans affrontements. Les endroits visés étaient les sièges du PP et du PSOE ainsi que les ministères et le Congres qui était le seul établissement à être protégé par les antidisturbos. Ces manifestations ont eu lieu spontanément par appel sur portable et réseaux dit “sociaux”. Les fonctionnaires vont être soumis aux jours de carence, à la suppression de la prime de Noël (équivalente à un mois de salaire) et à la fin des "moscosos" (jours de liberté que peuvent prendre les fonctionnaires espagnols sans justificatif). Lors de la manifestation de l’ après midi, les flics auraient enlevé leurs casques et boucliers ce qui a été pris par les manifestants comme un signe de solidarité.

 

     CCOO et UGT ont été dépassés par ces initiatives. Leurs bureaucrates respectifs ont ainsi affirmé que “ces manifs spontanées c'est bien, mais qu'il faut voir à pas oublier celle du 19  juillet” à laquelle ils appellent. Par ailleurs, ils feignent de hausser le ton et annoncent qu'il y aura une “réponse masssive” en ...septembre et même en octobre. Ils ne savent pas encore sous quelle forme, peut-être des marches et même une consultation populaire ! Mais de leur côté, pas un mot sur la marche des précaires et chômeurs qui arrive à Madrid le 21 juillet.

 

 

            Informations traduites par  La Mouette Enragée.

 

 

 

 

 

 


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  • : Ce blog est issu d'un groupe de militants originaires de Boulogne sur mer (62) qui se réclament du communisme libertaire. A l'origine, la Mouette Enragée est un journal local qui relaye les luttes politiques mais aussi propose des analyses sur des luttes sociales ou des problématiques locales. Avec ce blog, nous proposons de partager nos réflexions passées et présentes pour ainsi mieux envisager les perspectives de lutte efficace et organisée par la base, c'est à dire les travailleurs eux-mêmes
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- Nous considérons que, partout dans le monde, les inégalités sociales, la loi du profit et du plus fort conduisent à une société de plus en plus déséquilibrée, polluée, inhumaine et sont directement responsables du racisme, du crétinisme passif, de la corruption financière et politique.

- Nous sommes pour l'auto-organisation sur une base de classe , des travailleurs, des habitants, des consommateurs dans les formes qu'il leur convient de se donner, pourvu qu'elles ne reproduisent pas, comme les mafias politiques de Droite comme de Gauche ou les bureaucraties syndicales, les tares que nous dénonçons plus haut.

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- Nous pensons que le capitalisme ne s’ effondrera pas de lui même et qu’une révolution sociale et mondiale demeure la condition indispensable de son dépassement.

- Nous pensons que c’est au cœur même des luttes et des mouvements sociaux que s’élaborent les formes nouvelles de rapports sociaux et donc que c’est au sein de ces mouvements qu’il faut lutter.

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Fortunes de mer

 

Clich- 2010-06-10 22-02-51

           Disponible, en vente

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