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11 novembre 1998 3 11 /11 /novembre /1998 16:01

 

Votre article dans la Mouette Enragée de juin 1998 sur le mouvement des chômeurs appelle, à mon sens, quelques commentaires et approfondissements. Chômeur, militant investi dans le collectif AC ! (celui de Lille), j'ai eu l'occasion de vivre de près les événements du mouvement des chômeurs de l'hiver dernier. Investi dans AC ! depuis trois ans, j'ai aussi un peu de mal à reconnaître la structure que vous décrivez dans l'article. Votre vision de AC ! est relativement proche de ce que j’ai pu en lire en général dans la presse libertaire comme le monde Libertaire, pendant ou après le mouvement des chômeurs.

AC ! serait somme toute une organisation bureaucratique, à l'image des syndicats traditionnels, et qui a joué sa propre partie dans le mouvement des chômeurs. Tel un bloc homogène, AC ! aurait ainsi décidé, à un moment, de lâcher le pied pour engranger les profits de lutte et pour préserver le gouvernement.

 

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A propos d'AC !, du fonctionnement local, au fonctionnement national.

 

    Votre point de vue découle selon moi, d'une fausse impression, renforcée par des clichés et une méconnaissance de la nature d'AC ! c'est pourquoi il me semble important de préciser le fonctionnement d'AC !

 

    Au niveau national, il convient d'abord de noter la faiblesse organisationnelle de AC ! peu de moyens (80.000 F de budget l'an dernier), pas de permanent. Les décisions y sont prises par deux instances et uniquement par celles-ci :

-  Les assises, qui se déroulent une fois par trimestre. Y sont discutées les décisions sur le fond, l'organisation et les grandes orientations. Dans AC !, chaque collectif est libre de s'engager selon ses moyens et ses capacités dans les campagnes nationales.

-   Les Coordinations nationales se réunissent une fois par mois environ. Elles prennent les décisions entre les assises, notamment les décisions plus concrètes.


    Enfin, au cours du mouvement des chômeurs, la coordination entre les collectifs était assurée par des conférences téléphoniques. Là, sur la base de propositions, de nouvelles actions étaient décidées. Ce fonctionnement assure, me semble-t-il, une certaine démocratie, même si elle n'est pas parfaite. Pas de sommet, pas de superstructure mais des décisions prises collectivement, par les collectifs de base eux même.

 

Les collectifs locaux.

 

    Ils sont révélateurs d'une volonté d'agir autrement. Sans vouloir dépeindre une situation idyllique, je peux décrire la manière de fonctionner d'un collectif local, celui de Lille. Le collectif fonctionne avec des assemblées régulières (une fois tous les 15 jours, ou plus si nécessaire) qui sont les organes de décision par rapport aux actions. Si, pour des modalités pratiques, nous avons opté pour un statut associatif, il convient de noter que le fonctionnement classique d'une association (bureau, présidence, trésorerie, etc ... ) n'a été gardé que pour la forme, au profit d'un fonctionnement plus démocratique : Commission finance pour la trésorerie, porte-parole et délégation tournants, décisions uniquement en AG... L’objectif est ici de rassembler au maximum, mais sur des bases claires et radicales. On retrouvera de fait des personnes très différentes : militants syndicalistes (CGT, CFDToppositionnelle, SUD), des chômeurs et précaires, militants de différentes sensibilités politiques (libertaires compris).

    Nos actions visent tous ceux qui de près ou de loin portent une responsabilité dans la dégradation du sort des chômeurs et des précaires. L'année 97/98 a vu ainsi le collectif AC ! mener des actions et des occupations visant aussi bien des ANPE, les ASSEDIC et l'UNEDIC, la DDTE, la SNCF, le siège du patronat mais aussi des responsables politiques (le PS, occupé par trois fois, dont deux avec les sans papiers, et une réunion publique de Philippe Vasseur interrompue). Notre action va aussi au delà du problème strict du chômage, pour s’intéresser à la question du revenu ou encore pour apporter notre soutien aux sans papiers de Lille.

 

 

A propos du mouvement des chômeurs

 

Il s'est déroulé en trois phases distinctes :

 

1) Le développement séparé : début décembre 1997, deux initiatives sont menées parallèlement. AC ! lance une semaine d’urgence sociale dont l'écho sera faible. Les comités de chômeurs C.G.T démarrent sur la prime de Noël. La convention UNEDIC ayant décidé de limiter les fonds sociaux dont elle a la charge. Les comités de chômeurs de Marseille rencontrent une réelle mobilisation dans leur action (la prime de Noël y était devenue une véritable institution). Dès lors, le mouvement démarre réellement, de même qu'à Arras. A ce moment là, il n’existe aucune passerelle entre association de chômeurs et CGT, hormis à Arras. Mais c'est là que vont se sceller, au départ les premiers rapprochements.

 

2) La médiatisation du mouvement (fin décembre à fin janvier). C'est une manifestation à Arras qui se termine par de légers dégâts (porte vitrée brisée à la préfecture d'Arras) qui va marquer la médiatisation du mouvement mais aussi sa radicalisation. Les revendications portent désormais sur la hausse des minima sociaux, un revenu pour les moins de 25 ans en plus de la prime de Noël. Le mouvement commence alors réellement à prendre de l’ampleur et à dépasser le simple cadre de la prime de Noël. Les collectifs AC sont largement présents un peu partout pour donner un second souffle au mouvement avec de nouvelles occupations (A Lille, nous occuperons une antenne ASSEDICle 5 janvier jour et nuit avant d'en être délogés le 7. Par la suite nous mèneront jusqu'à fin janvier deux à trois actions par semaines). Le 17 janvier marque l'apogée du mouvement. Les associations de chômeurs ont poussé à l'organisation de manifestations avec l’élargissement aux salariés malgré les réserves de la C.G.T. C'est un succès, sauf à Marseille...

 

3) La réponse du pouvoir: division et criminalisation. Le pouvoir va désormais, après une phase de dépassement. reprendre les choses en main : La préfecture des Bouches du Rhône dégonfle le mouvement à Marseille en cédant sur la question des primes (ce qui explique la faiblesse de la manif du 17 janvier à Marseille, alors que quelques jours encore avant, c'est l'endroit ou les manifs sont les plus importantes). Les ASSEDIC de Marseille et d'Arras sont évacuées par la Police, tandis que Jospin déclare qu'il veut "une société basée sur le travail et non sur l’assistance, après avoir laissé plané la possibilité pendant quelques jours de lâcher quelques concessions mineures... La C.G.T cherche désormais à lâcher le mouvement, mais ne tient pas à ce que celui-ci continue sans elle... Elle axe tout sur les 35 heures et tente d'aiguiller le mouvement dans cette direction. Il est assez clair également que la C.G.T cherche alors à se positionner en "leadership" sur la question des 35 heures, auprès de ses concurrents syndicaux. Plusieurs actions se terminent par des interpellations de militants (Cash Conventers notamment). A C ! est la seule des structures de chômeurs à s'impliquer dans la défense des inculpés. A Lille, nous serons largement partie prenante dans la campagne de soutien à Christophe FETAT(d'ailleurs adhérent à AC ! Lille). Enfin, les médias "squeezent" le mouvement. Du jour au lendemain, on ne parle plus du mouvement si ce n'est pour le dénigrer. Les journalistes ont été repris en main (pour ceux qui faisaient correctement leur travail) par les rédactions et on parlera désormais, dans les reportages de "commandos de chômeurs manipulés, et de dangereux activistes (dont certains à la C.N.T) Dans ce contexte, les collectifs AC ! ne vont pas lâcher prise (voir l'excellent 4 pages "la presse sous les occupations). A Lille, les actions se continuent (1 à 2 par semaine jusqu'au 7 mars), bien au delà du mois de janvier. Cependant, il est indéniable qu'à partir de la déclaration de Jospin, le mouvement a tendance, faute d'un écho national, à s'essouffler et à se dégonfler. Pour nombre d'entre nous, la fatigue se fait ressentir et l'élargissement du mouvement ayant été loupé.

 

Et aujourd’hui ?

 

    AC ! se place toujours dans une perspective de lutte. Avec beaucoup de sujets d'inquiétude en ce début d'année... Le principal est celui du travail forcé. Une idée qui a fait son chemin en Angleterre (avec le Work Fare) progresse ici : avec la tentative à Perpignan d'imposer un travail forcé aux RMIstes. Avec certains aspects de la loi contre l'exclusion (flicage et contrôle social des chômeurs). Avec un programme d'embauche de 800 agents de l'ANPEcet automne, chargés du suivi (et du contrôle) des chômeurs longue durée. L'objectif sera bien évidemment de forcer les chômeurs à accepter n'importe quel boulot. AC ! compte également relancer les actions pur ne pas rester sur la défensive. Pour cela, il est important de développer des passerelles, entre collectifs, autonomes ou pas, pour s'organiser, coordonner le mouvement... En espérant qu~il puisse reprendre de plus belle avant cet hiver...

 

Un militant AC ! Lille. Novembre 1998.

 

 

La réponse de la Mouette

 

    Tout d'abord, merci pour cette réaction. Il semblerait, une fois n'est pas coutume, que les différents articles sur le mouvement des chômeur/euses parus dans le n°17 de la Mouette aient appelé quelques commentaires. Vous n'êtes pas les seuls à nous adresser des objections ce qui est plutôt positif ! A première vue, nos analyses se recoupent sur pas mal de points : criminalisation et casse des mouvements sociaux par la gauche, généralisation du contrôle social, tentation du Workfare ...

 

    Venons-en à ce qui vous chagrine, c'est à dire selon vous, une critique à l'emporte pièce d'AC! (Agir contre le Chômage!). En premier lieu, il ne nous semble pas avoir présenté AC! comme une structure "bureaucratique", simplement parce que le terme ne s'y prête pas. Ce n'est certes pas un groupe homogène, mais pas moins un des multiples lieux où certains pensent encore recomposer la "vraie gauche".

 

    Pour cela, il est bon de rappeler d'où vient AC ! . Ce que l’on pense vous n’ignorez pas. C'est à l'origine un regroupement de personnes autour de la revue "Collectif", essentiellement, des syndicalistes oppositionnels à l'intérieur de la C.F.D.T ou la C.G.T.Ce que l'on appelle dans nos milieux "la gauche syndicale". Certains, partisans de renforcer l'opposition au sein même des centrales, d’autres favorables au développement de structures comme S.U.D.

 

    En fait, les mêmes débats qui traversaient et traversent encore la L.C.R mais aussi l'ex U.T.C.L.(I) ainsi que toute une partie de la nébuleuse gauchiste. Aux côtés des syndicalistes, pour certains des permanents, il est bon de le rappeler, on retrouvait aussi des universitaires qui travaillaient dans les labos de recherche en sciences sociales. Donc pour nombre d'entre eux, des cadres, aussi bien dans leur fonction syndicale, politique que sociale. Avec naturellement ce que cela implique au niveau des rapports sociaux.

 

    Alors bien sûr, ce sont là les initiateurs et depuis la structure AC! s'est étoffée, les débats se sont élargis. Il n'en demeure pas moins, que l'on ne peut véritablement assimiler AC ! à une structure horizontale et autonome, ou alors nous n'avons pas la même définition de la hiérarchie. Tous les débats préliminaires aux marches européennes en sont l'illustration. Ceci dit, il est vrai qu'il se passe et se dit des choses intéressantes dans les comités locaux d’ AC ! Et il est vrai aussi qu'on y retrouve parfois des libertaires. Tout cela nous ne l'avons jamais nié. Durant le mouvement de cet hiver, nos camarades, selon les situations auxquelles ils étaient confrontées ont favorisé l'émergence de collectifs autonomes de chômeurs/euses. C'est à dire, des regroupements ou l'assemblée générale est décisionnelle et dans laquelle, chaque individu membre d'un syndicat ou d'une association ne représente que lui même. C'est une pratique différente qui, on vous l'accorde, n'est pas exempte de contradictions.

 

    Alors, AC! "une structure bureaucratique à l'image des syndicats traditionnels" ? Un copain de la C.G.T. nous a également interpellé dans ce sens, nous reprochant de présenter de la même façon son syndicat. Ce que vous, dans votre courrier, vous notez également. Alors bien sûr, nous pourrions débattre de cela pendant des heures, mais il semble évident que nous n'utilisons pas les mêmes références pour apprécier la situation. Il y a des pratiques sur le terrain qui nous semblent plus intéressantes que d'autres. Et indépendamment de l'étiquette sous laquelle on se présente, la recomposition du tissu et du mouvement social nous semble la chose à privilégier. Que nombre de militants d'A.C en soit partie prenante, nous en sommes bien conscients.

En espérant vous avoir apporté une réponse satisfaisante. A bientôt dans les luttes.

 

Bien amicalement la Mouette

 

(1) U.T.C.L. Union des Travailleurs Communistes Libertaires devenue depuis Alternative Libertaire. Relativement proche dans ses options et ses analyses de la gauche de la gauche.

 

 

Boulogne-sur-mer. novembre 1998.

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1 novembre 1998 7 01 /11 /novembre /1998 15:22

 

Le mouvement des précaires et chômeurs apparu durant l'hiver dernier a marqué une nouvelle étape dans la recomposition du mouvement social. Il nous semblait donc important nous, c’est à dire le collectif "vivre autrement" de faire un bilan public et de confronter nos points de vues sur cette lutte avec les boulonnais. Cela fut fait au début du mois de juin dans la salle du C.C.A.S. Regroupement de circonstance, le collectif n'a depuis donné de suite réelle à ses activités. Le compte rendu qui suit n'est donc pas le fait direct du collectif, mais celui d'un membre de la Mouette ayant participé à ses activités.

 

     Rappelons d’abord la situation telle qu'elle se présentait il y a à peu près un an. Ici, c'est la C.G.T., qui, au travers de son comité de chômeurs est apparue comme le relais légitime de la lutte puisque, nulle autre association spécifique n'existe sur le terrain (1). Le comité de chômeurs CGT fut donc à l'initiative de plusieurs actions en direction de l'A.N.P.E, de l'antenne A.S.S.E.D.I.C. et de la C.A.F. Pour autant, il n'y eu pas de mouvement au sens véritable du terme. Comprenez, de prise en charge de la lutte par les intéressés eux-mêmes au travers d'assemblées générales souveraines, et dans lesquelles les associations et les syndicats ne constituent qu'une des composantes de ce mouvement. Il ne s'agit pas de minorer les actions entreprises par la C.G.T., mais simplement, la définition que nous donnons d'un mouvement est pour nous spécifique (2). Autre constat, et ceci explique cela, la mobilisation des chômeurs et précaires de la ville fut très faible au regard de la situation sociale locale. Cela mériterait que l'on s'y intéresse de plus près mais le temps nous manque, et la désertion de la lutte sociale n'est malheureusement pas circonscrite à ce champ précis...

 

Pourquoi et comment le collectif "Vivre Autrement"

 

     Il ne s'agissait pas, pour le collectif, de se substituer à un hypothétique mouvement mais de faire passer un point de vue, de nouer des contacts, bref de comprendre la situation politique et sociale du moment. Ce fut donc l'occasion pour des militants de la mouvance anticapitaliste et anti-autoritaire d'échanger leurs idées sur la place qu'occupent aujourd'hui dans notre vie, le travail et son corollaire, le chômage (3). Trois tracts furent rédigés collectivement et distribués aux portes de l'A.N.P.E, dans le centre ville, àla bourse du travail le premier mai, ainsi que sur le plateau du Chemin-vert. Les camarades de la C.N.T. de Dunkerque et Berck, qui participèrent à cette initiative, firent de même dans leur ville respective. Entre temps, quelques militants du collectif participaient à l'occupation d'une A.S.S.E.D.I.C. sur Lille, durant laquelle un de nos camarades se fit interpeller par la police. Il passa en procès au mois de juin et fut relaxé. Décidés à ne pas en rester là, nous avons organisé une rencontre publique afin de dresser le bilan de cette lutte.

 

Quand arrive l'heure du bilan...

 

     Pour l'occasion, nous avions décidé d’aborder les multiples questions qui se posent en donnant la parole à différents acteurs de la lutte. Devant une quarantaine de personnes un représentant du "Comité Autonome de Chômeurs d'Arras et d' Ailleurs" livra une description précise de la lutte menée sur la ville. Il évoqua les occupations, qui, si elles furent amplement médiatisées ne reflétaient que l'aspect le plus visible d’un travail de terrain mené de longue date par ce collectif. Plusieurs points essentiels furent débattus tels que 1 ‘extension et la popularisation de la lutte, mais aussi les difficultés que l'on rencontre afin de maintenir la participation et le contrôle de la base face aux tentations hégémoniques. On échangea également sur le rôle des associations et des comités proche de la gauche, ainsi que de la façon dont cette gauche s'y prend pour casser les mouvements sociaux. Les contacts établis par les camarades d'Arras avec le comité des sans papiers de Lille, ainsi que les manifestations de solidarité sur lesquels ils débouchèrent, permirent à certains chômeurs de prendre conscience des galères communes. Pour l'heure, le collectif arrageois continue ses activités (4).

     Ce fut ensuite le tour d'un membre du syndicat C.N.T. des sans-emplois de Béthune de retracer l'histoire de sa section. A l'origine adhérente à la C.G.T., elle décida de quitter la centrale de Viannet après s'être fait chasser du local qu'elle occupait. Il semblerait que pour l'heure ce soit la mairie de Béthune qui userait de pressions pour retirer son local aux cénétistes. En deuxième partie d'après midi, Christophe , qui venait de passer en procès quelques jours auparavant, nous apporta son témoignage sur la criminalisation du mouvement social. Depuis le retour des luttes et notamment celle du C.I.P. (5), les pouvoirs en place systématisent la répression. Le scénario est à chaque fois identique, casser le mouvement en criminalisant quelques personnes perçues comme des "meneurs". Les jugements souvent rendus de façon expéditive, sont en général assortis de peines de prison ferme, ou de lourdes amendes. Ce qui dans un premier temps désamorce tout soutien efficace et vise à court terme à décourager les acteurs du mouvement. A noter qu'un appel pour un "Réseau de solidarité face à la répression" a été lancé dans le courant du mois de juin. Toute personne qui désire en savoir plus, ou simplement prendre connaissance du contenu de cet appel, peut en faire la demande auprès du journal (6).

     En fin d'après midi, on ouvrit le débat sur la place du travail salarié dans la société capitaliste et les modalités de sa remise en question. De nombreuses pistes furent discutées, au nombre desquelles, la critique du productivisme, le mythe de la croissance ou encore l'utilité sociale du travail. Une façon de rappeler que cette société ne peut être aménagée comme semble l’entendre la gauche de la gauche.

 

Parce qu'il faut bien conclure.

 

    Des regrets bien sûr, l'absence remarquée des membres du comité de chômeurs de la C.G.T. qui étaient cordialement invités et à qui nous aurions volontiers laissé la parole. Ce n'est peut-être que partie remise... Mais surtout, les chômeurs, qui nous le savons, ont beaucoup à dire et comme celles et ceux que nous avons rencontré devant l'A.N.P.E. ou ailleurs, n'osent encore faire le pas.

 

    La Voix du Nord s’était déplacée pour l'occasion mais à la lecture de l'article qu’elle a consacré à ce bilan public, nous n'avons pas l'impression d’avoir participer au même débat. Voici l'article en question.

 

d-bat Mvt ch-meurs

 

    Enfin, la satisfaction d'avoir permis à celles et ceux qui luttent de confronter leurs expériences et ce dans un cadre collectif. Pour toute réaction, information, consultation des tracts rédigés par le collectif, vous pouvez écrire au "Collectif Vivre Autrement", B.P. 403, 62206 Boulogne/Mer Cedex.

 

 

Boulogne-sur-mer. Novembre 1998.

 

 

Notes

 

(1) L'ADEFOR (Association Droit pour l'Emploi, à la Formation, à l'Orientation et à la Réinsertion), comme nous l'avons précisé dans le n°17 de la Mouette n'est pas une structure de lutte.

(2) Un mouvement, se définit pour nous plus par les formes de luttes qu'il se donne que par le nombre de ses acteurs et la légitimité que le pouvoir et les médias lui reconnaissent.

(3) La Mouette Enragée/Organisation Communiste Libertaire, la Confédération Nationale du Travail, la Fédération Anarchiste.

(4) Fruit de la lutte, le local, auquel vous pouvez contacter le collectif arrageois porte le nom de "Nouvelle Commune" 82 rue Meaulens 62 000 Arras. Tel 03.21.51.42.16.

(5) Le smic-jeune de Balladur.

(6) A ce titre, nous conseillons de se procurer auprès du "Collectif d'aide aux manifestant/es interpellé/es" au 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris, le guide du manifestant interpellé. Principes et conseils pratiques. Contre un timbre à 3,50 Francs.

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21 juin 1998 7 21 /06 /juin /1998 20:07

 

 A plusieurs reprises la comité local des chômeurs C.G.T. se trouva à l'initiative de diverses actions et autres manifestations de rues : barrage filtrant devant les ASSEDIC à St Martin-Boulogne, action à la C.A.F. Boulevard Clocheville, rencontres avec des responsables de la C.C.I. et du C.C.A.S. Pour avoir assisté ou participé de son côté à ces initiatives comme à d'autres en d'autres lieux, la Mouette saisit ici l'occasion de tirer quelques enseignements.

 

 Aux dires du directeur de l’antenne locale de l’ ANPE, Boulogne-sur-mer compterait 17 % de demandeurs d'emplois (1). Si on ajoute à ces chiffes les non-inscrits sous tous profils, nous arrivons plus sérieusement à un taux supérieur à 20 %. On peut donc s'interroger sur le pourquoi d'une si faible mobilisation locale en plein mouvement de chômeurs. Face à l' absence complète de mouvement comme à Calais ou à Dunkerque, on peut se féliciter de l'initiative syndicale mais l'occasion permettait pourtant de multiplier les initiatives et de lancer le débat dans bien des directions. C’est ce que nous ferons publiquement le 13 juin à partir de 15 heures dans la salle du C.C.A.S. de Boulogne-sur-Mer.

 

 

Les acteurs de la mobilisation

 

Soulignons d’abord l' absence de l'ADEFOR. Il est vrai, que cette association largement subventionnée, ressemble par trop à une amicale de dames patronnesses pour tenter de faire bouger un temps soit peu les choses. Proche de la C.F.D.T. elle assume son rôle de pompier social, affirmant avec une certaine candeur aux copines de la Mouette de passage dans ses locaux qu' A.C. ! (Agir contre le chômage) “est une organisation politique, des durs..."


Du côté de la C.G.T., c'est un peu différent. On a eu l'occasion de rencontrer des gens sympathiques et intéressants à la base (2). Mais il est clair que la stratégie du syndicat reste dans la forme comme sur le fond, celle d'une structure verticale qui compte nombre de relais au gouvernement. On s'interroge encore sur la réelle prise en charge du mouvement par les chômeurs eux-mêmes, quand ceux-ci se retrouvent à distribuer la propagande gouvernementale de leur syndicat sur les 35 heures... D'autre part, s’inviter au C.C.A.S. ou a la C.C.I., quand le jour même on ouvre sur la ville une nouvelle antenne ASSEDIC, c'est stratégiquement très fort... Pour l'anecdote, quelques membres de la Mouette y ont attendu à l'intérieur et à l'extérieur de l'édifice durant une partie de la matinée une très hypothétique arrivée de renforts (3).

 

Sur le fond des revendications, localement, rien de très original n'est apparu, comme ailleurs, l’accent a été mis sur le retour à l'emploi, la hausse des minima-sociaux, la prime de 3000 francs et les fameuses pour ne pas dire fumeuses 35 heures.

 

 

En ce qui nous concerne


Pour l'occasion, la Mouette et la Confédération Nationale du Travail (4) avaient décidé d'un commun accord de faire entendre un autre son de cloche. Nous avons essayé de prendre contact avec des chômeurs/euses au moment où le conflit était le plus médiatisé. Les réactions étaient timides, mais lorsque les gens se décident à parler, il apparaît clairement que la coupe est pleine. A plusieurs reprises, nous avons distribué nos tracts devantl'A.N.P.E.ou sur le marché de la place Vignon. Ils le furent également à Dunkerque et Berck par les camarades de la CNT. Il est toutefois difficile de bousculer les habitudes et l'isolement avec un discours qui ne fait sens que lorsqu'il est partagé avec une communauté en lutte.

 

tract.Mvt CHOM-2Tract diffusé par la Mouette et la CNT

 

 

Il nous est aussi apparu important de pointer le danger qui existe à séparer des conditions qui ne sont que celles qu'impose le système lui-même, de désamorcer le discours, qui depuis quelques années maintenant, présente aux yeux de l'opinion ceux qui se vendent à un patron comme des nantis. Pour nous, l'exploitation au travail comme la misère vécue par celles et ceux qui se raccrochent aux minima-sociaux n'est qu'une et même conséquence de l'exploitation capitaliste. Dans ce cas, l'alternative ne se situe pas dans un retour à l'emploi définitivement hors propos mais dans la remise en question du travail salarié lui-même. Ce qui ne signifie aucunement la fin de toute activité de production mais sa redéfinition et son partage en fonction des besoins définis par la collectivité elle même.

 

 

Et maintenant

 

A l'heure où nous tapons ces lignes, nous préparons un forum public qui se tiendra le samedi 13 juin dans la salle du C.C.A.S. de Boulogne-sur-mer. La Mouette Enragée, l’Organisation Communiste Libertaire, la Confédération Nationale du Travail/Côte d’Opale, la Fédération anarchiste/Côte d’Opale appellent au titre du collectif “Vivre Autrement” à venir débattre du mouvement des chômeurs avec une intervention du comité des privés d’emploi de la CNT de Béthune, de la criminalisation du mouvement social avec l’intervention d’un occupant d’une antenne ASSEDIC de Lille victime de la répression. Et enfin, du travail salarié et de sa remise en question par un camarade de l’OCL.

 

Boulogne-sur-mer. Juin 1998.

 

 

Notes

(1) Cette personne que nous avons rencontré personnellement l'année dernière ne semblait pas des plus précis sur le nombre réel de chômeurs que compte la ville.

(2) Pour ce qui est des "chefs" c'est une autre histoire... Ne t'inquiète pas Daniel, on ne te volera pas ton fond de commerce, on n'en veut pas. Et il ne faut pas toujours croire ce que l'on raconte sur les méchants manipulateurs anarchistes ...

(3) Bien sûr que c'est aux chômeurs/euses de déterminer les modalités de l'action, mais dans le cas présent, était-ce véritablement le cas ?

(4) La C.N.T. est une organisation syndicale qui se réclame du syndicalisme révolutionnaire et de 1’ anarchosyndicalisme. Elle se considère en France comme l'héritière de la C.G.T.S.R. ou de la C.N.T. espagnole. Elle est maintenant présente sur Boulogne et ses environs.

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Published by La Mouette Enragée - dans Mouvement des chômeurs 1998
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6 juin 1998 6 06 /06 /juin /1998 19:49

 

Après la lutte des sans papiers et le mouvement de novembre-décembre 1995, l'action prolongée des chômeurs et précaires apporte une nouvelle pierre à la recomposition du mouvement social. Si l'on peut se réjouir du contenu de classe et de la radicalité dont il a été porteur, la vigilance s’impose afin de prévenir toute tentative de mise sous tutelle par les appareils de la gauche. Autre danger et non des moindre, la criminalisation de la lutte et de celles et ceux qui la portent : de multiples peines de prison, le plus souvent avec sursis ainsi que des amendes ont été distribuées à des chômeurs en lutte.

 

tract. Mvt. Ch-meurs-1.

A cette occasion, la Mouette Enragée a fait paraître des tracts

 

 Ce mouvement est apparu comme première sur la scène sociale, une flambée spontanée largement relayée par les médias. Les chômeurs habituellement évoqués sous la forme de la seule statistique se rendaient cette fois visibles et offensifs. Par ailleurs, on ne saurait ignorer les années d'actions ponctuelles menées aux quatre coins de l'hexagone par des collectifs locaux aux revendications et contenus souvent différents. Il nous semble pourtant raisonnable de relativiser l'ampleur de la mobilisation. Elle est restée et demeure en dessous des possibilités qu’offriraient un mouvement axé sur la question du travail, du chômage et de la précarité. Le gouvernement le sait et n’a pas hésité à tout mettre en œuvre pour d’abord freiner puis ensuite criminaliser une dynamique qui pouvait sinon l’emporter au moins sérieusement le mettre à mal. (1)

 

Ayant pris la mesure du danger, les socialistes, puis dans un deuxième temps les représentants des principaux groupes de chômeurs : C.G.T., A.C. ! , M.N.C.R , A.P.E.I.S. tous débordés tant par les revendications formulées que dans les formes que prirent les actions, ont rapidement tenu un double langage. (2) Le milliard et la matraque pour Jospin, la prime et les 35 h pour la C.G.T. , sans oublier du côté d'A.C. ! Aguiton, V.R.P. multicarte du gauchisme institutionnel, qui ne voulait surtout pas mettre le gouvernement en difficulté, voyant même dans ce mouvement une chance offerte à ce dernier ... Depuis le plus fort de la mobilisation en janvier, les choses ont évolué. Une redistribution des cartes s'est opérée et la lutte continue toujours, bien qu'elle ait quitté les feux de l'actualité.

 

Quand toujours plus de richesses = toujours plus de misère !

 

Une évidence s'impose, la misère a suivi une courbe ascendante et identique à celle des richesses produites dans ce pays. Durant les quinze dernières années, la richesse, fruit direct du travail rémunéré, a augmenté de 2000 francs par habitant et par mois. Dans le même temps, une fraction toujours plus grande de la population a connu une aggravation de ses conditions de vie. Ce paradoxe à lui seul apparaît comme déterminant dans les récentes humeurs sociales. Les revendications immédiates comme la hausse des minima traduisent la volonté des acteurs de s'opposer à la croissance quotidienne de la pauvreté. En 1970,on comptait 2,3 millions de bénéficiaires des minima sociaux, depuis le nombre des prestataires s’est accru de 43 % (3). Ce sont plus de 7 millions de personnes (dont nombre de salariés) qui vivent actuellement en dessous du seuil de pauvreté. A noter que, durant les quinze dernières années, le montant des minima a stagné. Dans ce climat, l'accumulation des scandales financiers tel le Crédit Lyonnais, les valses de la bourse ou la course à l'Euro, jouent à plein l'effet dissonant. Il n'en fallait pas plus en pleine période de Noël où l'hystérie consumériste bat son plein pour soulever la contradiction.

 

Le processus s’est enclenché à Marseille lorsque les comités de chômeurs C.G.T. ont revendiqué une prime de Noël. Puis ce fut au tour du collectif de chômeur(euse)s d'Arras de réclamer la hausse des minima en se lançant dans l'occupation de la caisse ASSEDIC (4). Ce ne fut alors que le début d'une longue suite.


 

Extrait SOIR 3 - 29/12/1997 (INA)

 

Vers un retour de la radicalité

 

A la différence d'une lutte se menant dans une boite, les chômeurs ne se battent pas sur un lieu défini, d'où la difficulté rencontrée à s'organiser lorsqu'on est isolé. Les occupations d' A.N.P.E. et d'ASSEDIC ont donc permis dans un premier temps, de fixer des endroits où les personnes qui voulaient lutter avaient la possibilité de se retrouver. C'est là que furent élaborées les modalités de l'action, menés les débats, multipliés les contacts à l'aide de tous les moyens de communication à disposition Ce fut également l'occasion pour nombre de personnes cassées et isolées de retrouver une place dans un espace collectif, de se ré-approprier pour un temps leur existence. Quand le pouvoir a eu compris que ces occupations permettaient un élargissement et une structuration du mouvement, il ordonna les évacuations, le plus souvent dans la violence. La fin des évacuations vit les comités réinvestir le plus souvent dans un laps de temps plus court, des lieux directement liés à la précarisation ou à la misère des personnes comme les centre E.D.F, les cabinets d'huissiers etc... Mais surtout, cette lutte a renoué avec des modes d'actions disparus de la scène sociale dans les années 80 : occupations ou déménagements de lieux symbolisant le pouvoir de l' argent, comme les Crédit Lyonnais, la Bourse de Commerce à Paris, les C.C.1... Réquisition de nourriture dans les supermarchés, prise de repas dans les restos de luxe, actions contre les magasins de crédit style Crazy Georges, Cash Conventer... Sans oublier les mairies ou les sièges du Parti Socialiste qui connurent la visite de chômeur(euse)s en colère. La ré-émergence de ces modes d'action n'est passée inaperçue aux yeux de personne. D'une part, ils témoignent d'un certain niveau de radicalité qui ne se contente plus de s'affirmer au travers du seul discours. Ensuite, pour une fraction des personnes qui luttent, l'action directe redevient le moyen de satisfaire -le plus souvent en partie- leurs revendications. C'est le cas des luttes pour le logement où l'occupation est le moyen le plus sûr de se loger dans l’ urgence mais aussi de porter sur la place publique les contradictions du système. Cela ne va pas sans appeler en retour, en fonction du niveau de contrôle exercé par les organisations légitimées par le pouvoir sur le mouvement, sa criminalisation et celle de ses acteurs.

 

 

La gauche dans le mouvement et au pouvoir, danger !

 

Etre au pouvoir et dans la rue est dorénavant possible. C'est avec une ubiquité manifeste que la gauche a donné le spectacle. Tantôt dans les occupations, les manifs, sous l'étiquette des Verts, du P.C.F., de la C.G.T. ou d'A.C... les représentants de la gauche plurielle se retrouvaient au coude à coude avec les chômeurs. Ce paradoxe apparent trouva son aboutissement dans un soutien à peine voilé au gouvernement lors des manifs précédant les élections régionales. Après la reconnaissance des principales organisations de chômeurs par Jospin, on assista à l’instrumentalisation rapide du mouvement. Le comité C.G.T. de Marseille, un des premiers à s'être engagé dans la lutte, rentra à la maison, tandis qu'aux quatre coins de l'hexagone, la centrale de Voinet s’empressa d’utiliser ses comités locaux afinr d’appuyer la loi sur les 35 h. En obtenant une place à la table des organismes de gestion, les quatre C.G.T., A.C. ! , M.N.C.P. et A.P. E. 1. S . vont jouer la carte du “donnant donnant”. La C.G.T. s’est ainsi imposée comme la référence syndicale face à F.O. et la C.F.D.T. (5), exclus de fait de cette lutte puisque gestionnaires avec le C.N.P.F. de l'UNEDIC.

 

En réponse aux pratiques verticales des associations et des syndicats, une "coordination autonome des collectifs de chômeurs, précaires et solidaires” s’est réunie en février à Nantes ainsi qu'en avril à Strasbourg. Elle regroupe des collectifs locaux qui entendent se structurer en réseau afin de garder le contrôle du contenu des revendications et de la forme de la mobilisation (assemblée générale souveraine). Ce regroupement a déjà lancé des actions communes, gageons que sa dynamique permette un rebond du mouvement ainsi que son élargissement ...

 

 

Du travail ! ... à la remise en cause de sa centralité

 

Le contenu des revendications illustre bien les lignes de partage qui traversent la lutte. Dans un premier temps, la revendication d'une revalorisation de 1500 F de tous les minima sociaux a opéré comme un catalyseur et permis de donner une unité au mouvement. Rapidement, la liste des revendications s'est allongée signifiant la nécessité de pouvoir vivre dignement même sans travail. Et c'est tout naturellement que, face à l'accumulation toujours plus grande de la richesse entre les mains de quelques uns, le partage du gâteau est revenu avec force dans les esprits et les discours. Mais certains mythes ont la vie dure et notamment celui du retour au plein emploi porté par la C.G.T. Les incantations sur le plein emploi n'ont jusqu'ici servi qu'à développer les petits boulots, la précarité et la flexibilité sous couvert de lutte contre le chômage. La période offre l'opportunité de renvoyer au travail salarié sa critique radicale. Et si elle rencontre toujours des difficultés à être entendue ou comprise, elle n’en demeure pas moins porteuse de sens.

 

Le temps est venu de s'interroger sur la place qu’occupe le travail dans notre vie. Que voulons nous produire et de quelle façon voulons nous le faire, pour quel coût social et écologique. Dans une société où la logique du profit façonne toujours plus les conduites, le dire et le faire, nous devons nous ré-approprier nos existences. Voulons nous réellement perdre notre vie à la gagner derrière une caisse de super-marché, dans une centrale nucléaire, une usine d'armement, pour un emploi-jeune sans avenir ? Il nous faut rompre avec une certaine logique, celle qui nous impose l'identification au poste que l'on nous impose dans la production, ou en nous en excluant, ce qui chez nombre d'entre nous ne génère que culpabilité et repli sur soi. Des collectifs de chômeurs et de précaires ont au delà des revendications immédiates qu’ils ont formulé, commencé à réfléchir à ces questions. A nous de creuser ces pistes car il y a autre chose à défendre que notre survie par des allocations de misère ou la mort lente au bureau et à l'usine !

 


Notes

(1) Depuis la lutte contre le C.I.P., il y a une volonté manifeste de la part de l'Etat de réprimer de façon expéditive les mouvements sociaux. La lutte des chômeurs a permis au pouvoir de réitérer la pratique en utilisant la violence et les actions en justice contre des militant(e)s ou des acteur(trice)s de ce mouvement. Nous reviendrons sur cette question ultérieurement.

A.C. ! est une organisation à l'origine mise sur pied par des syndicalistes (la fameuse gauche syndicale) et qui se retrouvent autour de la revue Collectif. La direction de cette structure vise à réactiver les schémas sociaux-démocrates de "la gauche de la gauche", toutefois, certains collectifs d'A.C. ! poussent la réflexion au delà.

Source "A Contre Courant" B. P. 2123 68060 Mulhouse Cedex.

(4) "le président de la C.F.D.T. des ASSEDIC d'Arras demande au tribunal l'expulsion en citant plusieurs noms. Une ordonnance sera rendue dans ce sens". in "le poing des sans" journal du mouvement des chômeurs d'Arras et d'ailleurs.

La participation des Assoc de chômeurs à la gestion des fonds qui leur sont alloués est très mal perçu par la C.F.D.T. Notat affirme que c'est aux syndicats que revient ce rôle.

 

 

Boulogne-sur-mer. Juin 1998.

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7 janvier 1998 3 07 /01 /janvier /1998 14:16

 

Avant toute chose, petit rappel de l'actualité du moment. Amorçé à la fin de l'année 1997, le mouvement des chômeurs ne s'essouffle pas avec les fêtes de fin d'année. Bien au contraire, les ASSEDIC sont occupées partout en France et les chômeurs ont passé le réveillon dans les agences occupées. Petit aperçu des JT de l'époque.


 

Extrait JT A2 20H - 31/12/1997

 

Violences policières contre les occupants des ASSEDIC du "Port de Lille”


Mercredi 7 janvier 1998, comme de nombreuses antennes lilloises, les ASSEDICdu quartier Port de Lille connaissent une occupation de locaux. Vers 16 heures une vingtaine de chômeurs, précaires et sympathisants investissent les lieux. Ils seront bientôt rejoints par des militants de la C.G.T. et d'A.C. Au bout d'une heure, une rumeur annonce l'intervention imminente des forces de police. C'est sans surprise que l'on voit alors arriver au pas de course une quarantaine de flics entrés dans l'édifice par une porte dérobée. Le responsable des ASSEDICdemande immédiatement à l'ensemble des occupants d'évacuer la place. Au moment où nous commençons à passer la porte de l’antenne, les flics s'en prennent sans raison aux derniers manifestants qui quittent les lieux. Trois personnes sont alors molestées et frappées après s'être fait jeter à terre. A notre connaissance, au moins une d'entre elles passera prochainement en procès pour “violence à agent".

Aussi scandaleux qu'il puisse apparaître, cet événement illustre le mépris dans lequel le pouvoir et sa police tiennent celles et ceux qui refusent la misère et l'injustice de ce système.

 

Des scènes similaires de répression ont lieu à Arras. Extrait SOIR 3 - 10/01/1998

 

 

 

Occupation de la CAF à Boulogne-sur-mer

 occup de la CAf

Article de la presse bourgeoise, la Voix du Nord

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